Le jardin du parc à Vitré

Philippe LECUYER directeur des services espaces verts de la ville nous présente le jardin du parc de Vitré en Ile et Vilaine (35).

Pouvez-vous vous présenter ?

J'ai fait des études en horticulture sous la forme d'un BTS, puis j'ai exercé quelques années en région parisienne avant d'arriver à Vitré.

Pouvez-vous nous raconter l'histoire des lieux ?

Le jardin du parc de Vitré est un jardin typique du 19ème siècle.

Au 17ème siècle le château Marie, qui est une demeure à proximité immédiate de ce jardin, abritait le baron de la Tremouaille. Autour de cette demeure, il y avait une grande propriété d'environ 25 hectares qui s'appelait 'le parc' à l'intérieur duquel on retrouvait des vergers, des prairies, des bois mais aussi un jardin. Nous sommes donc sur un espace qui était déjà occupé par un jardin mais avec une forme différente puisqu'on était au XVIIe.

Le jardin actuel a été conçu au XIXe par Georges Aumont, un paysagiste parisien, à la demande de la municipalité de Vitré qui était devenue propriétaire de la surface.

Il s'agit d'un jardin typique du XIXe, avec tous les codes de ce siècle, à savoir : les allées sinueuses, la présence de l'eau, des végétaux à caractère plutôt exotiques, et des vues encadrées de manière à guider le regard du visiteur pour lui permettre de découvrir progressivement les éléments intéressants du jardin.

Pouvez-vous nous présenter l'équipe ?

Une équipe du service 'Espaces verts' assure l'entretien régulier et quotidien du jardin. Elle est composée de cinq personnes, qui entretiennent également des espaces verts aux abords du jardin, mais qui agissent principalement dans notre parc.

Pouvez-vous nous présenter le jardin dans ses espaces ?

Premier élément principal lorsque l'on arrive sur l'entrée située Boulevard Chateaubriand, la pièce d'eau qui est le premier élément de mise en scène du jardin et puis progressivement, on découvre un patrimoine architectural intéressant avec un bon nombre de fabriques, comme un kiosque à musique, un pluviomètre, une glacière, mais aussi un patrimoine végétal très important puisque bon nombre de végétaux datent de l'époque de conception du jardin par Georges Aumont. Nous sommes donc en présence de végétaux qui ont 140 ans.

Quelle est la vocation des lieux ?

Nous sommes dans un jardin d'agrément, ouvert au public, situé quasiment au cœur de la ville. La volonté de la collectivité est que chacun y trouve son compte, et donc on peut y venir tout simplement pour se promener, se reposer, faire du sport ou des piques-niques à la belle saison. Toutes les pelouses étant autorisées, il n'est pas rare de voir des jeunes faire des parties de football, l'idée étant que tout le monde puisse jouir de cet espace à sa guise. Les amateurs de botanique pourront quant à eux s'en donner à cœur joie !

Quel est l'atout principal des lieux ?

Il s'agit d'un jardin historique du XIXe mais qui présente la particularité de couvrir 7 hectares, ce qui constitue une surface importante pour une ville comme Vitré qui comporte 18 000 habitants.

Au fil du développement de la ville, le jardin s'est retrouvé en plein centre, donc il est facile d'accès, aussi bien en voiture qu'à pieds.

Un des éléments primordial du parc est un Thuya de Californie, classé depuis 2012 en tant 'qu'arbre remarquable', un sujet exceptionnel. Les visiteurs qui le découvrent le comparent à une cathédrale car il a une forme très particulière et majestueuse. Même les personnes peu férues de botanique admirent cet arbre planté lors de la création du jardin en 1872. Il est composé de quatre sujets initiaux qui se sont développés tout naturellement. Il s'agit de la même espèce de thuya que bon nombre d'entre-nous avons plantée dans les haies de nos jardins, à ceci près que pendant cent quarante ans, il n'a pas du tout été taillé. Au fil du temps, ses branches périphériques se sont marcottées et il s'est développé de cette manière là. Il continue d'ailleurs de se développer. Une allée qui le borde permet de découvrir sa structure.

Quelle est la flore présentée ?

Comme dans tous les jardins de cette époque, la volonté était d'introduire un certain nombre de végétaux à caractère exotique. On ne retrouve pas forcément dans le jardin les végétaux typiques de la région du bocage, mais plutôt des sujets à caractère horticole, dont une large palette de conifères. Outre le thuya de Californie dont nous parlions, on trouve une série de cyprès chauves avec leurs racines aériennes très caractéristiques, mais aussi des cèdres, des sequoia, cryptomerias, araucarias...

Utilisez-vous des produits phytosanitaires ?

Le jardin est géré en 'zéro phyto' depuis 2004, les produits phytosanitaires ne sont plus du tout utilisés pour assurer l'entretien du jardin.

Le parc est labellisé 'Ecojardin', qui est un label de gestion écologique des jardins depuis 2012. Ce label s'intéresse à la faune, à la flore, à la gestion de l'eau et des déchets verts. C'est donc une approche élargie qui ne comprend pas que le plan végétal.

Comment entretenez-vous la faune ?

Nous avons posé des nichoirs à chauves-souris, à oiseaux, à insectes. Des comptages de papillons depuis 2007 suivent l’évolution des espèces et des quantités. Depuis 3 ans, un ornithologue amateur travaille sur le suivi de la population de merles.

Où vous procurez-vous vos plantes ?

Nous disposons d'un centre de production horticole qui fournit tout ce qui concerne le fleurissement. Pour les arbres, nous faisons appel à des pépinières locales pour les replantations, en s'inspirant d'un inventaire datant de 1915.

Quelles sont les difficultés pour préserver ce lieu ?

La surfréquentation de certains espaces, cause des soucis de compactage des sols que nous devons compenser avec des paillages, des aérations. Sinon les gens sont assez respectueux et le parc n'est pas victime de dégradations majeures.

Que diriez-vous pour nous donner envie de venir ?

L'espace est ouvert à tous, libre d'accès, ouvert 24/24h, de nombreuses manifestations s'y déroulent qu'elles soient culturelles ou associatives, l'objectif étant d'avoir une palette d'activités aussi large que possible. Sa proximité de la ville est un atout important.

Une anecdote ?

Le château Marie était la demeure d’Émilie de Tarente, contemporaine de madame de Sévigné. Cette dernière avait une propriété à 6 km de Vitré, le 'château des Rochers' d'où elle a écrit ses fameuses lettres à sa fille. Elle a côtoyé Émilie de Tarente et on peut donc imaginer que les deux femmes profitaient du parc ensemble ; Nous sommes donc ici sur les traces de madame de Sévigné.

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