Le parc de St Cyr à Rennes (Ille et Vilaine)

Robert LIEURY, responsable du service maîtrise d'oeuvre nous présente le parc de St Cyr à Rennes (Ille et Vilaine)

Pouvez-vous revenir sur l'histoire des lieux ?

Les premières traces que l'on trouve concernant le parc de St Cyr à Rennes remontent au neuvième siècle époque où un couvent a été fondé par les moines de Saint-Benoît. Ils sont donc restés sur place pendant une très longue période et au début du 17ème siècle, ils ont passé le témoin à des sœurs bénédictines.

Elles sont chassées pendant la Révolution, pour installer une caserne et une prison jusqu'au début du 19ème siècle où les militaires ont été priés de quitter les lieux pour à nouveau laisser place à une communauté de religieuses par décret impérial.

En 1857, une buanderie a été construite dans le bas du parc le long de l'Ille. Elle était dédiée au nettoyage du linge des militaires occupant les nombreuses casernes de Rennes, car à cette époque, il y en avait énormément dans la ville. Cette buanderie servait pour l'armée mais aussi pour certaines écoles ou lycées.

En 1986, la ville a fait l'acquisition de la totalité du domaine, mais en assurant la garantie que cet ensemble, ce parc, reste à vocation sociale.

Présentez-nous le parc dans sa conception

La composition d'ensemble repose sur six idées maîtresses. Le parc au départ était un espace de confinement puisqu'il accueillait des religieux. L'idée de base était de renouer avec l'environnement du parc au sens global du terme. Il a donc fallu commencer par créer de nouvelles entrées : une à l'Ouest, une au Nord et une au Sud-Est.

La deuxième idée maîtresse était de faire en sorte que le parc soit le royaume du piéton et qu'il y soit prioritaire.

La troisième était de concilier les concepts de 'jardin' et de 'Nature'.

La quatrième idée forte était de faire en sorte que non seulement les habitants du quartier, mais aussi tous les rennais puissent se réapproprier de manière beaucoup plus prégnante le parc dans son ensemble.

La cinquième voulait que dans le cadre de ce réaménagement, des pratiques culturelles et sportives puissent s'exprimer dans l'enceinte même du parc ; la création de l'agora qui a vu le jour fin 2017/début 2018 suivait ce cheminement de pensée.

Sixième idée maîtresse : améliorer et renforcer la biodiversité en sachant que l'Est du parc jouxte l'Ille, il existe en point bas une zone humide reconnue. Nous voulions renforcer la présence de l'eau et créer des ambiances gravitant autour de cet élément. La zone humide a donc été étendue, puis nous avons creusé une mare.

Concernant l’appropriation de l'espace, si on fait le distinguo entre la partie haute et la partie basse, on se rend compte que la première est consacrée à un jardin. Ce dernier s'adresse à une population fragile, la maison de retraite est à deux pas, les familles viennent alors dès les beaux jours pour sortir leurs parents proches. Dans le même espace, nous proposons une aire de jeux destinée aux plus jeunes.

Un clin d’œil a été fait à l'histoire du parc car autrefois il accueillait des pratiques maraîchères, il y avait des vergers, la présence de la serre a influencé notre décision de continuer dans cette direction et de la renforcer. Un de nos objectifs a été de suivre le mouvement apparu au cours des années passées, celui des jardins partagés.

Quand on est arrivés en phase d'étude, quelques associations s’étaient déjà manifestées et s'étaient approprié une partie des lieux. Nous avons soutenu ce concept avec un espace dédié au partage où des jardiniers viennent cultiver la terre.

Une dizaine d’associations se partagent la zone dont des scolaires, la maison de retraite ou encore des malvoyants.

Combien de personnes travaillent ici ?

Sur la maintenance propre au site, il ne faut pas croire que le nombre de jardiniers soit très important. Il faut savoir qu'aucun jardinier spécifique n'est attitré à ce parc.

Les équipes municipales, sont envoyées sur un secteur, dans lequel il peut y avoir des parcs, des écoles, des squares...

Actuellement sur l'ensemble du parc il faut compter une personne à mi-temps sur l'année.

Où vous procurez-vous les plantes ?

Au niveau de la direction des jardins, nous passons des appels d'offres européens parce que nos volumes d'achats étaient très importants, ce qui nous a permis de traiter avec des pépiniéristes français pour la grande majorité, mais aussi avec des professionnels en Allemagne, en Belgique, en Hollande et en Italie. Concernant les entreprises françaises, elles se trouvent en Savoie, dans la région nantaise, dans le Sud-Ouest, voire même dans le Nord du pays.

Ceci concerne la palette végétale d'arbres et d'arbustes. L'approvisionnement est plus local lorsqu'il s'agit des vivaces, des annuelles ou des plantes de terre de bruyère.

Avez-vous des difficultés pour préserver les lieux ?

La partie haute du parc est fermée au public la nuit. Bien sûr les horaires varient en fonction des saisons. La partie basse reste ouverte à toutes heures, ce qui signifie qu'il peut y avoir des dérives et des pratiques informelles. Comme dans toute ville, il peut y avoir des regroupements, plus importants lors de la fin des périodes scolaires par exemple.

Nous avons aussi des problèmes liés à la fréquentation et à la surfréquentation, sans oublier les soucis liés aux chiens et à certains maîtres qui ne savent pas toujours les éduquer.

Que diriez-vous pour nous donner envie de venir ici ?

Le parc a une double approche. Il est en partie destiné aux riverains pour qu'ils « enfoncent les portes » et qu'ils viennent découvrir cet ensemble comportant un immense jardin, constitué de micro-espaces comme le sous-bois qui accueille un rucher, la clairière, une zone de jeu, des jardins partagés, mais aussi de vastes allées dédiées à la promenade bordées de table de pique-nique qui invitent à la détente.

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