Le croissant, un outil taillant utile à maints travaux
Chacun aura compris l'origine du nom que l'on donne communément à cet instrument, mais ajoutons que le terme « volant », en tous pays francophones, est souvent employé pour désigner le même objet.


Si des générations de taillandiers ont forgé cet outil dans le meilleur des aciers, ce n'est pas pour l'esthétisme de ses courbes, mais bien pour l' efficacité que la concavité de son tranchant lui confère, spécialement pour l'exécution de la taille dite « à la volée ». A l'instar du maniement de la faux, le geste dans l'exécution doit être parfait; actionner sèchement le manche tout en le manoeuvrant adroitement. On sectionne l'extrémité des branches en balançant le fer devant soi, en le tirant vers le bas, en le poussant vers le haut quand ce dernier est pourvu d'un talon (1).
On se doit de distinguer deux genres de croissants: Le premier est propre à écheniller, à élaguer des branches jusqu'à environ 2 cm de diamètre; le dos de la lame peut éventuellement être muni d'un taillant droit (2) ou d'un crochet (3). Ce dernier modèle était particulièrement en usage dans les campagnes pour tailler les rameaux épineux, puis les repousser et les entrelacer à l'aide de cet appendice à l'intérieur des buissons. Le second (4) est destiné à la « tonte » superficielle des charmilles ou autres haies d'ornement; pour cette opération, fort peu ordinaire de nos jours, le fer est plus léger, son taillant affûté comme un rasoir. Ces instruments peuvent encore différer par leurs courbures et leurs dimensions d'ouverture entre les pointes (généralement de 20 à 28 cm). Le manche, de bois léger de préférence, d'environ 2 à 3 m, est solidement adapté sur une douille ouverte ou aveugle.
Force de constater que le croissant a considérablement perdu son large emploi de naguère. Le changement de style des jardins, l'abandon en milieu rural de l'exploitation optimale des produits issus de l'entretien des taillis et des « bouchures », l'apparition au 19° siècle de l'échenilloir plus maniable, puis au 20° des barres de coupe et autres cisailles motorisés, autant de raisons l'ayant peu à peu rendu secondaire à nos mains d'Homme moderne. Cet instrument reste toutefois, pour le jardinier qui aura compris son utilité, fort rentable pour toutes sortes d'élagage en élévation, le retranchement de buissons épineux ou encore le débroussaillement à distance.
Aussi soyons-en convaincus, cet outil séculaire, que vous trouverez dans toute bonne quincaillerie horticole, mérite encore grandement sa place dans nos cabanes de jardin.
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