Musaraigne : découvrez cette mini-chasseuse d'insectes qui booste la nature chez vous
Petit mammifère au museau pointu, ressemblant de loin à une souris, la musaraigne est un animal méconnu et mal-aimé qui rend pourtant de grands services au jardinier.
La musaraigne : un minuscule mammifère plein de surprises
Le terme 'musaraigne' sert à qualifier de nombreuses espèces de mammifères insectivores faisant partie de la famille des Soricidae.
La musaraigne est souvent confondue avec un autre petit mammifère : la souris. Elle s'en différencie pourtant en de nombreux points. La musaraigne a un corps plus rond mesurant une dizaine de centimètres de longueur et une queue plus courte. Son museau se termine en pointe ressemblant un peu à une petite trompe très caractéristique et très mobile couverte de vibrisses servant à farfouiller le sol pour extraire ses proies. La couleur de son pelage est brune ou grisâtre. Sa texture est soyeuse.
La musaraigne est active de jour comme de nuit.
Des espèces étonnamment nombreuses
La famille des Soricidés comprends plus de 200 espèces de musaraignes dont une dizaine vit en Europe. La plus commune est la musaraigne carrelet (Sorex araneus) que l'on peut trouver dans les jardins et près des maisons, la musaraigne couronnée (Sorex coronatus) préfère les altitudes supérieures à 1000 m. On trouve en grand nombre dans les zones montagnardes et dans le Nord de la France. On peut rencontrer également la musaraigne aquatique (Neomys fodiens) qui habite en bordure de cours d'eau et qui nage très bien.
Une prédatrice minuscule mais redoutable
La musaraigne n'est pas un rongeur, mais un mammifère insectivore. Elle se nourrit d'insectes en tous genres, de leurs larves, de limaces, de chenilles, de vers, mais aussi de ses propres excréments. Son métabolisme étant très rapide, elle doit trouver constamment de la nourriture pour obtenir les calories nécessaires à sa survie. Elle peut dévorer plus du double de son propre poids en insectes par jour.
Certaines espèces possèdent une salive légèrement toxique qui leur permet de neutraliser de petites proies. C’est sans danger pour l’être humain, mais très efficace contre les insectes dont elle se nourrit. Cette petite bête doit aussi se méfier de nombreux prédateurs : chats, renards, belettes, mais aussi rapaces. Face au danger, elle compte surtout sur sa rapidité et son odorat pour s’échapper.
Malgré son utilité au jardin, elle est souvent chassée par l'Homme qui l'accuse de détruire les cultures et de se servir dans les réserves. Au contraire, elle devrait être préservée puisqu'elle constitue un parfait auxiliaire du jardinier en se nourrissant nuit et jour de parasites nocifs pour les cultures.
Un sens du monde très particulier
La musaraigne voit très mal, presque pas du tout, mais elle compense grâce à un odorat très fin et un museau extrêmement sensible.
Elle émet aussi de petits cliquetis qui l’aident à se repérer dans son environnement, un peu comme une mini-écholocalisation.
Son quotidien est simple : chercher de la nourriture, explorer, et défendre son territoire, car elle n’apprécie guère la présence de ses congénères.
Une vie courte mais intense
La musaraigne n'est pas un animal grégaire, elle aime la solitude mais cherche un partenaire pour se reproduire entre le mois de mars et l'automne. L'accouplement a alors lieu. Après 20 à 27 jours de gestation la femelle donnera naissance à une portée comprenant de 2 à 8 petits. Une femelle peut avoir 2 à 5 portées par an. Le taux de mortalité est toutefois assez élevé dans les premiers mois de vie (25%).
Une musaraigne vit en moyenne 2 ans et demi.
Créer un jardin accueillant pour la musaraigne
Pour attirer naturellement les musaraignes, l’important est de leur offrir un environnement calme, diversifié et riche en cachettes. Elles apprécient particulièrement les jardins où l’on laisse quelques zones légèrement sauvages, avec de l’herbe plus haute, des feuilles mortes ou des tas de branches, car ces espaces regorgent d’insectes dont elles se nourrissent.
Un simple tas de bois, un muret en pierres sèches ou un amas de végétaux près du compost peut leur servir de refuge, de garde-manger et même de lieu de reproduction.
Il est aussi essentiel d’éviter les produits chimiques, surtout les pesticides et les anti-limaces, qui empoisonnent directement leur alimentation. En choisissant de maintenir un jardin plus naturel, vous favorisez non seulement la musaraigne, mais aussi tout un écosystème utile et équilibré.
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