Le parc du château de Trévarez
L'histoire du parc de Trévarez commence à la fin du 19ème siècle, sous l'impulsion de son ambitieux propriétaire, James de Kerjégu. La construction du château s'accompagne à la même époque par la création de jardins et l'aménagement d'un vaste parc.
Le parc et ses jardins composent un ensemble de style composite. Ils sont organisés en fonction du château construit à flanc de colline. Un jardin régulier et son vertugadin, issu de l'héritage des jardins français du 17ème siècle, prolongent l'esplanade de sa façade sud. Un jardin classique, inspiré de la Renaissance italienne, s'étend sur la façade ouest et se poursuit jusqu'à une carrière transformée en jardin pittoresque. Les allées principales sont bordées de plantes dites de terre de bruyère (andromèdes, camellias, rhododendrons hybrides, hortensias, skimmias, osmanthus) et d'arbres exotiques… Un jardin asiatique est également aménagé. S'ouvrant sur une campagne agropastorale, le parc joue un rôle de transition entre les jardins dessinés et la nature environnante.
L'histoire de Trévarez connaît un tournant dramatique en 1944 lorsque le château est bombardé par la Royal Air Force. S'ouvre alors une lente mais inexorable période de déclin dont le parc, comme le château, subit les conséquences. Ainsi, par exemple, la structure du jardin régulier disparaît-elle momentanément.
En 1968, le Domaine de Trévarez est acheté par le Conseil général du Finistère. De propriété privée, le parc devient un lieu public d'une superficie de 85 hectares, ouvert à la visite. Progressivement, il est restauré et enrichi.
En 1987, la tempête frappe le parc très sévèrement (l'espace forestier est touché à 60 %). Un plan pluriannuel de réhabilitation est alors mis en place. Parfois, les dégâts causés par la tempête induisent les modifications apportées au parc : ainsi en est-il de la création de la clairière aux camellias et du jardin de bruyères.
Les grandes étapes de cette évolution sont marquées par la plantation de plantes de terre de bruyère, déjà présentes dès le début du siècle, mais avec un souci de constitution de collections végétales. Ce choix est naturellement guidé par la situation climatique et pédo-géologique de Trévarez qui en fait un lieu de prédilection pour ces plantes. Progressivement, les collections sont mises en place, d'une part en conservant les principes adoptés lors de la création du parc (en bordure d'allées), d'autre part selon un ordre systématique (par groupes botaniques pour les rhododendrons) ou historique (en fonction de l'ordre d'obtention ou d'introduction en Europe pour les camellias). Une partie des collections de camellias et de rhododendrons est issue de pépinières anglaises très réputées, notamment les pépinières Hillier. En 1992, la collection de rhododendrons obtient le label "Collection nationale spécialisée" décerné par le C.C.V.S. Outre les camellias, rhododendrons et hydrangeas représentés dans le parc dès sa création, d'autres collections sont constituées : fuchsias, érables, chênes, magnolias.
En 1994, le jardin régulier situé devant le château est reconstitué selon son tracé originel (planches de pelouse, bordures de buis et buis taillés, rosiers). Le jardin d'inspiration italienne est réhabilité en 1998, avec la plantation de charmilles et de tilleuls comme à l'origine.
L'année 1999 est marquée par la création de jardins signés par quatre paysagistes dans le périmètre autrefois occupé par le potager et le verger : le jardin des miroirs (Atelier de l'île, Brest), le jardin de l'entropie (F. Bourhis, La Forêt Fouesnant), le jardin loup où es-tu ? (J.P. Ruelle, Pont Aven), le jardin des agapanthes (B. Lanctuit, Pleyben). Un plan de gestion est mis en place en 2000, qui applique des gestions différenciées selon les espaces et préserve la flore indigène (anémones sylvie, orchidées indigènes, luzules, myrtilliers…).
Le parc de Trévarez a désormais plus d'un siècle. Son évolution jusqu'à nos jours, même si elle a parfois été marquée par des épisodes difficiles , ne l'a pas fondamentalement transformé. Il a conservé les caractères des parcs conçus à la fin du 19ème et au début du 20ème, marqué par l'esprit de modernité propre à cette époque. On y trouve les influences du moment : la référence aux jardins réguliers et à ceux de la Renaissance , la vogue du japonisme traduite par le jardin asiatique, le parc à l'anglaise. Dans sa période plus récente, la constitution des collections végétales a permis de renforcer sa dimension botanique.
En 2006, le Ministère de la culture et de la communication labellise le parc de Trévarez "Jardin remarquable"

>> Domaine de Trévarez, les éléments remarquables du parc
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