Le jardin de Pamplemousse
Au
coeur de l'île Maurice, le jardin de Pamplemousse est une invitation
aux voyages: palmiers, lantaniers, camphriers, arbres éléphants,
... Le monde aventureux de Pierre Poivre, botaniste du Roy.
L'île Maurice est le paradis de l'hémisphère austral et le jardin de Pamplemousses celui de l'île Maurice. Ses 25 hectares recèlent des trésors botaniques inestimable: arbre à épice, ébène, teck, acajou, balsa, canne à sucre, manguier, mangoustan, dattier, muscadier....
Ici plane le souvenir de Bougainville, de Commerson, et plus encore du botaniste français au nom prédestiné de Pierre Poivre, un ancien séminariste nommé intendant de l'île de France par Louis XV en 1767.
Curieux
homme que ce fils de soyeux de Lyon. Ses démêlés
avec les Anglais lui ont valu de perdre la main droite dans un naufrage
et d'être emprisonné à Guernesey après
d'invraisemblables aventures sur les mers, le long des côtes
des Indes, des Antilles et de la Chine d'où il ramène
200 plants de poivriers. Mais ce n'est pas suffisant. Les Hollandais
restent les maîtres incontestées de la route des Épices
et Pierre Poivre n'a qu'une idée en tête: briser le monopole
du muscadier et du clou de girofle qui se négocient à
prix d'or. Aussi imagine-t-il l'inconcevable: voler à la barbe
des sentinelles hollandaises les "précieux végétaux
propres à enrichir sa patrie" pour les acclimater dans
les Mascareignes et les diffuser à travers le monde.
Et le botaniste de convaincre Louis XV d'affréter deux navires, l'Étoile du Matin et le Vigilant pour une opération de 'commando' où le commandant Provost réussit à soudoyer le roi des îles Banda ( les Moluques, où se fournissent les hollandais ), qui lui cède quelques plants de muscadiers et de girofliers contre des meubles de navire.
L'expédition couronnée de succès en appelle
une autre, dépassant toutes les espérances: en juin
1770, 400 plants de muscadiers et 70 girofliers débarquent
à Port-Louis. Pierre Poivre exulte: il a définitivement
cassé le monopole des épices. La même année,
il acquiert le domaine de Mon Plaisir, l'ancienne propriété
du gouverneur Mahé de la Bourdonnais. Ce sera le jardin de
Pamplemousse, un centre d'acclimatation sans précédent,
d'où le botaniste diffuse vers Madagascar et les Antilles les
végétaux tant convoités, enrichissant ainsi l'escarcelle
des planteurs et des commerçants français. C'est là
qu'il accueille Joseph-Philibert Commerson, le botaniste de l'expédition
de Bougainville qui, fatigué de son tour du Monde, débarque
à l'île de France. Pendant deux ans, les botanistes herborisent,
classent, inventorient, dessinent et plantent de concert le jardin.
La tâche est immense, les collections ne cessent de s'agrandir
arrivant d'Afrique, d'Inde, de M
alaisie,
de Polynésie.
Depuis, le jardin n'a cessé de s'enrichir au rythme de l'histoire
de l'île. 85 variétés de palmiers d'Amérique
centrale, d'Asie, d'Afrique et des îles de l'océan Indien
se partagent aujourd'hui la vedette: le palmier royal aux stipes (
les troncs ) se dressant comme des colonnes le long de l'allée
Pierre Poivre; le palmier raphia de Madagascar aux immenses feuilles
voûtées dont l'épiderme pelé donne la fibre
légendaire des jardiniers; le palmier bouteille, au corps ventru
servant à fabriquer des instruments à percussions, ou
encore celui que l'on nomme ici " la délicatesse",
le palmier blanc de la fameuse "salade du millionnaire".
Mais la palme revient au talipot de Ceylan, dont les feuilles peuvent
atteindre 7 mètres d'envergure. Le prince parmi les princes
du monde végétal.....
Pour en savoir plus sur l'île Maurice avec ilemaurice.org
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