3 foyers de la fourmi électrique dans le Var, l'État passe à l'action

Originaire d'Amérique du Sud, la fourmi électrique poursuit sa lente avancée dans le sud de la France. Récemment confirmée dans de nouvelles communes varoises, cette espèce envahissante inquiète les autorités locales. Une stratégie d'éradication renforcée s'organise désormais sur le terrain, selon les directives de la préfecture, pour préserver notre environnement.

Par Alain DEBUISSON -
3 foyers de la fourmi électrique dans le Var
3 foyers de la fourmi électrique dans le Var © A l'aide de l'IAAlain DEBUISSON
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Une menace minuscule mais redoutable

Connue sous le nom scientifique de Wasmannia auropunctata, la fourmi électrique (Wasmannia auropunctata) mesure à peine 1,2 millimètre de longueur pour les ouvrières. Sous cette apparence très frêle et sa couleur allant du brun à l'orangé, se cache une espèce exotique envahissante redoutable. Son nom commun provient de son mécanisme de défense, car sa piqûre provoque une douleur intense et fulgurante.

Contrairement aux fourmis que nous croisons habituellement, cette espèce inflige des blessures qui peuvent entraîner des réactions inflammatoires sévères chez l'homme.

Les animaux domestiques sont également en première ligne face à cet insecte agressif. Les piqûres répétées au niveau de la face peuvent en effet provoquer une cécité irréversible chez les chiens ou les chats.

La reine, plus sombre et mesurant 4,5 millimètres, construit avec ses congénères des nids de tailles variables qui s'installent dans tous types de milieux, qu'il s'agisse d'espaces naturels, urbains ou d'habitations.

La fourmi électrique en 5 chiffres clés

  • 1,2 mm : la taille d'une ouvrière, la rendant presque indétectable à l'œil nu.
  • 4,5 mm : la taille maximale atteinte par une reine fondatrice de colonie.
  • 3 : le nombre de foyers officiellement recensés dans le Var.
  • 7 hectares : la surface totale du territoire actuellement impactée.
  • 180 jours : la durée de la dérogation accordée par l'État pour déployer le plan de traitement d'urgence.

Une expansion confirmée dans le département du Var

Le climat de la région méditerranéenne s'avère particulièrement favorable à l'acclimatation de cette espèce tropicale. Après une première identification officielle à Toulon en 2022, l'insecte a continué sa progression au sein du département varois. Les services de l'État ont ainsi formellement repéré de nouveaux foyers à La Croix-Valmer en 2024, puis plus récemment à Cavalaire-sur-Mer au début de l'année 2026.

Le Var reste à ce jour le seul département d'Europe continentale affecté par la présence de ces multiples foyers, qui s'étendent sur un peu plus de 7 hectares au total.

L'Union européenne prend cette menace très au sérieux et a inscrit l'insecte sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes. Sa détention, son transport, son échange ou son introduction dans le milieu naturel sont donc strictement interdits sur tout le territoire européen.

Le bilan des anciennes méthodes de traitement

Pour endiguer ce phénomène inédit, les autorités s'appuient sur l'expertise de la FREDON PACA et des chercheurs des universités d'Avignon et de Montpellier. Une cartographie très précise des zones impactées a été finalisée récemment afin de comprendre le terrain, qui mêle habitations, cours d'eau et pentes abruptes.

Les opérations de régulation précédentes ont permis de tirer des leçons essentielles pour la suite des interventions :

  • la méthode des boites distributrices testée en 2025 s'est révélée insuffisante pour enrayer l'expansion.

  • la diffusion restreinte de l'appât n'a pas permis d'atteindre efficacement l'ensemble des réseaux interconnectés de la colonie.

  • le recours à une méthode classique par saupoudrage s'impose désormais comme une nécessité absolue pour traiter les zones infestées.

Un nouveau plan d'action soutenu par la technologie

Face à l'urgence de la situation, le ministère a autorisé fin mars 2026 l'utilisation de produits spécifiques par dérogation pour une durée de 180 jours. Une campagne de traitement de grande envergure est actuellement déployée, visant à adapter la méthode aux différentes spécificités topographiques des communes varoises touchées.

Cette riposte coordonnée s'articule autour de plusieurs axes majeurs de traitement :

  • l'épandage ciblé par saupoudrage sur les terrains éloignés des cours d'eau et des zones habitées.

  • l'utilisation de drones pour traiter les zones escarpées qui sont difficilement accessibles à pied pour les professionnels.

  • l'étude de produits alternatifs pour les espaces sensibles où les méthodes classiques ne peuvent être appliquées.

Cette stratégie de terrain inédite s'accompagne de la diffusion d'un flyer par la préfecture pour alerter les particuliers. Il reste indispensable de signaler toute observation suspecte aux services compétents sans tenter de manipuler ces insectes soi-même.

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