Chenilles processionnaires du pin : pourquoi il faut agir sur vos arbres dès janvier pour sauver votre printemps

Si vous possédez des résineux, soyez vigilants : contrairement à la chenille du chêne qui dort encore, la chenille processionnaire du pin est bien réveillée. En janvier, elle tisse des cocons blancs visibles dans vos arbres en attendant les premiers redoux pour descendre en file indienne. C'est le moment charnière pour intervenir mécaniquement et éviter l'invasion au sol dans quelques semaines. 

Par Alain DEBUISSON -
Chenilles processionnaires du pin : pourquoi il faut agir sur vos arbres dès janvier
Chenilles processionnaires du pin : pourquoi il faut agir sur vos arbres dès janvier © A l'aide de l'IAAlain DEBUISSON
Facebook
Partager
Pinterest

Le diagnostic : ciblez uniquement les pins et les cèdres

Ne cherchez pas dans vos feuillus pour l'instant. La menace de janvier concerne exclusivement les pins (pins noirs, pins sylvestres, pins d'Alep) et parfois les cèdres. Le signe distinctif ne trompe pas : de gros cocons soyeux, blancs ou grisâtres, situés aux extrémités des branches.

Pourquoi sont-elles là ? La chenille processionnaire du pin est une larve hivernale. Elle profite des rayons du soleil d'hiver pour maintenir sa température corporelle. C'est pourquoi vous trouverez presque toujours les nids exposés plein sud ou sud-ouest, en haut de l'arbre. Si vous voyez ces "barbes à papa" dans vos résineux, la colonie est vivante et se prépare à la prochaine étape : la procession vers le sol pour s'enterrer.

L'action immédiate : la coupe mécanique (échenillage)

Tant que les chenilles sont dans le nid, la lutte mécanique est la solution la plus écologique et efficace. Si votre arbre est accessible (taille modeste), l'objectif est de couper la branche porteuse du nid à l'aide d'un échenilloir.

  • Intervenez par temps froid et sans vent pour éviter la dispersion des poils.

  • Équipez-vous comme un astronaute : combinaison, gants, lunettes et masque sont obligatoires.

Une fois le nid au sol, la destruction est impérative. Ne le jetez surtout pas au compost. L'idéal est de l'incinérer immédiatement dans un brûleur fermé (selon réglementation locale). La chaleur détruit les poils urticants. Si vous ne pouvez pas brûler, enfermez les nids dans un double sac poubelle étanche avant de les déposer en déchetterie (en prévenant les agents).

Cas particuliers : arbres hauts et pièges à colliers

Si vos nids sont perchés à 10 mètres de haut sur un pin parasol, oubliez l'échelle. C'est trop dangereux. Dans ce cas, la stratégie change : vous devez piéger la descente. C'est en janvier qu'il faut installer ou vérifier vos écopièges (pièges à colliers).

Ce dispositif entoure le tronc et force les chenilles, lorsqu'elles descendront (entre février et avril selon les régions), à tomber dans un sac rempli de terre.

  • Vérifiez l'étanchéité : le mastic entre l'écorce et le piège doit être parfait. Une seule fissure suffit pour que les chenilles passent derrière.

  • Laissez le piège en place jusqu'à fin mai.

En complément, favorisez la présence de la mésange charbonnière. C'est le prédateur naturel n°1 de la processionnaire du pin. Un nichoir installé maintenant l'incitera à s'installer pour la saison de reproduction, pile au moment où les chenilles seront les plus nombreuses.

Fréquence et erreurs : ne baissez pas la garde

Une erreur fréquente est de penser qu'une fois le nid tombé au sol naturellement (par le vent), le danger est écarté. C'est tout l'inverse. Les nids vieux ou tombés restent urticants pendant des mois, voire des années. Ne laissez jamais votre chien renifler une "boule de poils" au sol, même si elle semble vide.

Enfin, ne tentez pas de traitements chimiques insecticides en janvier. À ce stade, les chenilles sont protégées par l'épaisse soie du nid d'hiver, rendant les pulvérisations inutiles et néfastes pour la biodiversité environnante. Concentrez-vous sur la lutte mécanique (coupe) et l'interception (piège).

Protégez vos résineux maintenant : un nid retiré en janvier, c'est une colonie en moins qui traversera votre terrasse au printemps.

Vos commentaires