Le nématode des tiges et des bulbes : un ennemi invisible au jardin

Minuscule mais redoutable, le nématode des tiges et des bulbes (Ditylenchus dipsaci) s’attaque à de nombreuses cultures potagères. Résistant, difficile à éliminer et capable de survivre près de dix ans dans le sol, il peut causer des dégâts importants, en particulier sur les oignons et l’ail. Prévenir son installation est la meilleure arme pour protéger le potager.

Par Iris MAKOTO -
Oignon attaqué par le nématode des tiges et des bulbes, Ditylenchus dipsaci
Oignon attaqué par le nématode des tiges et des bulbes, Ditylenchus dipsaci © brozova - stock.adobe.com
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Un ver microscopique mais vorace

Long de moins de 2 mm, ce ver se déplace grâce à l’humidité en glissant sur la fine pellicule d’eau qui recouvre les feuilles et les tiges. Il pénètre ensuite à la base des tiges ou dans les écailles des bulbes, où il se reproduit à l’intérieur même des tissus végétaux. La plante finit par dépérir et, une fois morte, le parasite retombe au sol pour s’attaquer à d’autres hôtes.

Une longévité exceptionnelle

Capable de résister à la sécheresse, ce nématode peut rester en dormance jusqu’à neuf ans avant de reprendre son activité. Il peut aussi contaminer les graines, ce qui facilite sa propagation à grande échelle.

Symptômes et dégâts

Les plantes infestées présentent des symptômes caractéristiques :

  • taches brun-rougeâtres,

  • bulbes boursouflés et fissurés, parfois recouverts d’une substance cotonneuse,

  • feuilles tordues ou déformées.

Les attaques surviennent principalement du printemps à l’automne, lorsque les conditions sont humides et les températures douces.

Plantes sensibles

Les oignons sont les plus connus pour être victimes de ce parasite, d’où son nom d’« anguillule des oignons ». Mais d’autres cultures sont également touchées : ail, fèves, pois, pommes de terre, pois chiches, fèveroles et certaines céréales.

Comment limiter sa présence ?

La lutte repose surtout sur la prévention :

  • utiliser des semences certifiées saines,

  • pratiquer la rotation des cultures en introduisant des légumes non sensibles comme les laitues, navets ou choux,

  • éliminer immédiatement les plantes atteintes, en les brûlant ou en les jetant aux ordures,

  • désherber régulièrement, car les adventices peuvent servir de relais,

  • renforcer la protection du sol en pulvérisant du purin de tagète ou de tomate.

Des pistes biologiques encourageantes

Des essais menés en agriculture biologique avec un champignon prédateur (Arthrobotrys irregularis) montrent des résultats prometteurs. Cette approche ouvre la voie à une alternative naturelle contre ce parasite difficile à éradiquer.

Le recours à la chimie

En dernier recours, certaines spécialités à base de fluopyram peuvent être utilisées, mais leur emploi reste strictement encadré.

Vos commentaires

Josseline le 10/12/2025 à 20:02
MERCI pour les recettes du nématode ! je pense laisser les plants de tomates arrachés sur les poireaux afin d'y remédier. A très bientôt!