Taon des pluies : ce qu'il faut vraiment savoir sur cet insecte de l'été

Vos moments de détente au jardin sont sans cesse interrompus par des morsures douloureuses ? C'est le calvaire classique provoqué par les taons en plein été. Nous allons passer en revue les espèces courantes et les réflexes à adopter. À la clé : des après-midi tranquilles et protégés au soleil.

Par Alain DEBUISSON -
Le taon des pluies (Haematopota pluvialis)
Le taon des pluies (Haematopota pluvialis) © ihorhvozdetskiy - stock.adobe.com
Facebook
Partager
Pinterest

Le portrait du taon : comprendre son cycle de vie au jardin

Les taons sont de gros insectes diptères particulièrement actifs pendant les lourdes journées d'été, surtout lorsque le vent est faible. Seules les femelles piquent, ou plus exactement mordent, car elles ont l'obligation de faire un repas sanguin riche en protéines pour mener à bien la maturation de leurs œufs. Les mâles, de leur côté, sont d'inoffensifs butineurs qui se nourrissent du nectar des fleurs sauvages.

Ces insectes sont étroitement liés aux milieux humides pour leur reproduction. Les larves, souvent aquatiques ou semi-aquatiques, se développent tranquillement dans la boue, les fossés mal drainés ou les abords des mares de votre terrain. Si votre espace vert possède un petit bassin naturel ou jouxte une zone marécageuse, il y a de fortes chances pour que la pression exercée par ces insectes soit plus intense. Les adultes émergent au début de la saison chaude et restent un problème récurrent jusqu'à la fin du mois d'août.

Les espèces de taons les plus communes en France

Il existe de nombreuses espèces sur le territoire français, mais deux se croisent très régulièrement. Le taon des pluies (Haematopota pluvialis) est indéniablement le plus commun dans nos jardins et lors de nos promenades campagnardes. Reconnaissable à ses ailes marbrées et grisâtres, il a la fâcheuse habitude de nous harceler de manière sournoise, volant silencieusement autour de nous dès que le temps devient lourd ou orageux.

À l'inverse, le taon des bœufs (Tabanus bovinus) attire tout de suite l'attention par son vol très bruyant et son envergure massive. Heureusement pour les jardiniers, ce géant s'intéresse très majoritairement au gros bétail et ne s'attaque presque jamais à l'homme. Vous le croiserez principalement si votre propriété se trouve à proximité immédiate d'une ferme, d'un centre équestre ou d'une pâture. D'autres espèces, comme les taons aux yeux d'un vert iridescent, préfèrent quant à eux les lisières de bois très humides.

Ce qui les attire inexorablement vers notre peau

La technique de chasse de cet insecte repose sur des signaux bien précis : la chaleur corporelle, les mouvements et le dioxyde de carbone que nous dégageons en respirant. Mais leur vulnérabilité, que nous pouvons exploiter, réside dans leur attirance irrépressible pour la peau mouillée et les objets de couleur sombre.

C'est exactement pour cela que les morsures se multiplient lorsque vous sortez de la piscine, lorsque vous tondez la pelouse en transpirant abondamment, ou lorsque vous décidez de porter un t-shirt bleu marine en plein soleil. Ils ont une nette tendance à cibler le bas du corps, les mollets ou le dos, des zones où la morsure est immédiate. Ils n'ont pas besoin de chercher une veine fine comme le moustique, ils déchirent directement la chair pour laper le sang qui perle.

Comment s'en protéger efficacement au quotidien

Puisqu'il est illusoire de vouloir éradiquer totalement ces diptères de notre environnement, l'adoption de quelques réflexes simples reste la meilleure des défenses. Privilégiez toujours le port de vêtements amples et de couleurs claires lors de vos travaux d'extérieur. Les teintes comme le blanc, le beige ou le jaune clair reflètent la lumière de manière peu attractive pour leurs yeux composés.

Si votre jardin est véritablement envahi, l'installation de pièges mécaniques peut s'avérer judicieuse. Le principe est d'exploiter leur instinct : une grosse balle noire en plastique est suspendue au soleil pour emmagasiner la chaleur. Croyant détecter la croupe d'un animal sombre, la femelle s'y pose. Déçue, elle s'envole naturellement vers le haut et finit capturée dans un entonnoir de filet. Ces pièges évitent l'usage d'insecticides nocifs pour la biodiversité.

Que faire en cas de morsure avérée ?

La douleur est très vive car les pièces buccales fonctionnent comme de petites lames crantées. De plus, la salive de l'insecte contient un puissant anticoagulant ainsi que des enzymes qui provoquent un gonflement souvent impressionnant, chaud et très dur au toucher.

Il est primordial de laver la plaie à l'eau et au savon puis de la désinfecter afin d'éviter toute surinfection bactérienne causée par le grattage. L'application d'un dispositif générant une chaleur douce sur la zone, immédiatement suivie de l'application d'un glaçon enveloppé dans un linge, permet de soulager la douleur de façon très efficace tout en réduisant considérablement l'inflammation locale.

Vos commentaires