Marronnier, noyer, laurier… Ces feuilles que vous ne devriez jamais mettre dans votre compost
Elles tourbillonnent en automne, tapissent le sol de leur manteau doré et semblent toutes destinées à nourrir votre compost. Mais attention : toutes les feuilles mortes ne se valent pas ! Certaines, par leur composition chimique ou leur texture, peuvent ralentir la décomposition, perturber les micro-organismes, voire... intoxiquer vos plantes. Voici 11 types de feuilles à éviter en trop grande quantité dans votre compost, et surtout, les bons réflexes pour ne pas se tromper.
Des feuilles naturellement toxiques ou inhibitrices pour le compost
Certaines feuilles contiennent des composés qui freinent, voire bloquent, l’activité des bactéries et champignons qui font tout le boulot dans le composteur. C’est le cas du noyer, champion du monde de la feuille allélopathique avec sa fameuse juglone. Résultat ? Il inhibe la germination et la croissance de nombreuses plantes, surtout les tomates et les pommes de terre. Alors oui, vous pouvez en mettre, mais jamais plus de 10 % du volume total, et plutôt dans un coin bien isolé du tas.
Même combat pour les feuilles d’eucalyptus, pleines d’huiles essentielles antibactériennes qui déroutent les décomposeurs. Et que dire du laurier-cerise ? Cette espèce ornementale bien connue libère du cyanure d’hydrogène lorsqu’on broie ses feuilles... Ambiance ! En faible quantité et bien aéré, le compost peut gérer. Mais mieux vaut les détourner vers un broyat de paillage.
Trop de tanins ou d’acidité : un cocktail qui freine la vie microbienne
Les feuilles de chêne, de hêtre ou de châtaignier sentent bon la forêt, mais elles sont pleines de tanins. Ces composés naturels ralentissent la décomposition en bloquant certaines enzymes. En plus, elles acidifient légèrement le compost, ce qui n’est pas forcément l’idéal si vous visez un humus équilibré. Là encore, le mot-clé c’est : mélange. Alternez avec des déchets verts riches en azote, comme des tontes de gazon ou des épluchures.
Et pour accélérer le processus, n’hésitez pas à les passer à la tondeuse : un petit broyage mécanique, et hop, elles seront moins coriaces. Le compost, c’est un plat qui mijote mieux quand on coupe les ingrédients.
Feuilles coriaces, épaisses ou malades : les casse-têtes de la décomposition
Certaines feuilles ne sont pas toxiques, mais elles sont d’une lenteur absolue à se décomposer. C’est le cas du marronnier d’Inde, avec ses grandes feuilles épaisses souvent couvertes d’oïdium. À broyer, impérativement. Idem pour les feuilles de platane, très fibreuses, qui peuvent former une couche gluante si elles ne sont pas bien mélangées. Et que dire des feuilles de magnolia ? Épaisses, brillantes, quasi plastifiées, elles demandent des mois de patience. Sans broyage, elles resteront intactes.
Plus sournoises encore, les feuilles malades de fruitiers : tavelure, moniliose, oïdium... Si vous les mettez au compost, vous risquez de réinfecter votre verger au printemps suivant. Or, un compost domestique monte rarement assez haut en température pour tuer les spores. Dans ce cas, direction la déchèterie.
Aiguilles et feuillage persistant : une acidité qui dure… trop longtemps
Les feuilles de conifères (thuyas, cyprès, pins, sapins) ne sont pas interdites, mais il faut savoir dans quoi on s’engage. Riches en résines et très acides, elles sont ultra-lentes à se décomposer. En grande quantité, elles déséquilibrent le compost. Le mieux ? Ne pas dépasser 5 % du volume et compenser avec un peu de cendre de bois ou de calcaire broyé pour adoucir le mélange.
Quant au paulownia, avec ses feuilles géantes, il est un cas à part. Leur texture moelleuse n’est pas un problème, mais leur taille peut former des poches d’air ou au contraire des blocs compactés. Froissez-les, déchirez-les, jouez les chefs composteurs minutieux : vous verrez, ça change tout !
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