Bulbophyllum

Le genre bulbophyllum est le plus grand genre parmi les orchidées ; ce sont des plantes tropicales épiphytes dont les fleurs sont curieuses, d’une fascinante beauté et d’une extraordinaire diversité de forme. Ils sont parmi les orchidées les plus faciles à cultiver.

Un Bulbophyllum rothschildianum en fleurs

Botanique

N. scientifique Bulbophyllum
Origine nombreux pays au climat tropical, Asie, Amérique du sud, Afrique, Australie
Floraison printemps, été
Fleurs diversité de formes et de couleurs, jaune, blanc, orange, rouge, brun, rose, violet, vert, pourpre
Typeorchidée vivace
Végétationvivace
Feuillage persistant
Hauteurde 20cm à 4m selon les espèces

Planter et cultiver

Rusticité selon les espèces, peu résistant au froid, origine tropicale
Exposition mi-ombre
Solselon les espèces
Acidité neutre à acide
Humidité drainé, frais, humide
Utilisationorchidée d'intérieur
Plantationprintemps
Multiplicationdivision des pseudos bulbes
Un Bulbophyllum rothschildianum en fleurs

Le genre Bulbophyllum comprend plus de 2000 espèces d’orchidées tropicales et subtropicales, épiphytes ou lithophytes. Ce sont des plantes très évoluées parmi les monocotylédones, appartenant à l’imposante famille des Orchidacées. Ce genre était auparavant scindé en 2 : les Bulbophyllum et les Cirrhopetalum avec une vingtaine d’autres genres proches ou liés tels que les Ione, Mastigion, Megaclinium, Rhytionanthos, Trias..

Aujourd’hui, les efforts pour essayer de scinder ce grand groupe se réduisent le plus souvent à des sections (environ 70) au sein du genre Bulbophyllum.

Ce genre est particulièrement fascinant pour sa diversité de formes. Leurs fleurs, miniatures ou plus imposantes, solitaires ou groupées par centaines sont délicieusement dessinées et originales. Lorsqu’elles sont minuscules, les fleurs des bulbophyllums sont mises en valeur en groupe dans une inflorescence de forme étrange. De plus, de nouvelles espèces peuvent être encore découvertes dans ce méga genre.

Peu connus du grand public, les bulbophyllums sont surtout cultivés par les passionnées d’orchidées. D’ailleurs, il en existe très peu d’hybride d’origine horticole. Pourtant les orchidées bulbophyllum sont parmi les orchidées exotiques les plus faciles à cultiver.

Distribution du genre Bulbophyllum

Il y a des bulbophyllums originaires de presque toutes les zones tropicales ou subtropicales du monde, mais une grande partie du genre est regroupé en Asie du Sud, en Indonésie (plus de 600 et en Nouvelle-Guinée (plus de 400), puis à Madagascar (plus de 200).

Les bulbophyllums sont encore très bien représentés sur le continent africain, moins nombreux en Australie (environ une quarantaine) et enfin avec seulement quelques espèces arrivées jusqu’en en Amérique du Sud-Est, et une espèce présente aux États-Unis (Bulbophyllum pachyrachis en Floride). Même l’ile Wallis, perdue au milieu du pacifique a sa propre espèce de bulbophyllum.

On pense que ces îles du pacifique, l’Indonésie et la Nouvelle-Guynée, sont le berceau du genre, d’où toutes les espèces ont évolué.

Caractéristiques générales des Bulbophylum

Les bulbophyllums sont des orchidées sympodiales présentant des pseudobulbes de taille et de forme diverses, portant 1 à 2 feuilles. Ces pseudobulbes s’alignent sur d’un rhizome traçant parfois ramifié.

Leurs tiges florales sont basales, uniflores ou pluriflores portant parfois plus de 100 fleurs sur des inflorescences de forme très variable : arrondie, en ombelle, en demi-cercle, sur une tige épaissie et raide, en rachis longs et arqués...

Les bulbophyllums sont des orchidées assez petites, de l’ordre de 20 à 40 cm de hauteur en moyenne, mais avec des exceptions, les plus minuscules mesurant moins d’un centimètre (ex Bulbophyllum minutissimum) et la plus grande dépassant les 4 m.

Les fleurs des Bulbophyllum présente la structure typique des orchidées, soit une symétrie bilatérale, avec 3 sépales pétaloïdes parfois de taille différente, 2 pétales latéraux symétriques et un labelle bien développé, généralement original, sous le gynostème ou colonne sexuelle qui portent le stigmate et les pollinies.

Le labelle chez les bulbophyllums a la particularité d’être articulé, il bouge donc avec le vent ou la présence d’insectes qui visitent la fleur, attirant notre œil, et surtout les pollinisateurs, le plus souvent une espèce d’insecte, spécialisée. De plus, lorsque l’insecte se pose sur le labelle, celui-ci entre en mouvement et déséquilibre ce dernier qui se retrouve à se frotter le dos sur le gymnosperme. Les pollinies (boules de pollen) s’y collent et seront transportées ainsi dans une autre fleur.

Les fleurs des bulbophyllums, complexes et souvent minutieusement colorées, ponctuées, striées ou de forme étonnante, plumeuses, effilées, rubannées, vibrent donc dans la brise ; il n’est pas rare qu’on les compare à de petites danseuses.

Pour augmenter l’attrait auprès des pollinisateurs, les Bulbophyllums sont aussi parfumés. Mais comme nombre de leurs pollinisateurs sont de petites mouches, leur parfum n’est pas toujours agréable, avec parfois de curieuses odeurs de poissons, de souris, de bonbon (Bulbophyllum lasiophyllum) , voire qui rappelle la viande avariée comme chez B. beccari.

Les fleurs ne durent pas très longtemps, généralement près d’une semaine, mais parfois elles se succèdent sur de longues inflorescences. Quelques exceptions fleurissent toutefois durant près d’un mois (Bulbophyllum lobbii).

Les fruits d’orchidées du genre Bulbophyllum, de petites gousses, s’ouvrent ensuite sur des graines aussi fines que la poussière. Dans leur milieu de vie, ces graines très petites nécessitent d’être infectées par un champignon symbiotique pour pouvoir germer.

La spécialisation des pollinisateurs qui impose généralement une pollinisation croisée ne reposant parfois que sur une seule espèce ainsi que ce besoin de symbiotes pour germer relèvent de coévolutions très poussées et d'une incroyable adaptation. Elle rend malheureusement nombre de Bulbophyllum vulnérables, fragiles aux perturbations de leur milieu de vie.

Les orchidées Bulbophyllum en culture

Les bulbophyllums sont des orchidées réputées tolérantes et faciles à cultiver.

Étant des plantes presque systématiquement botaniques et d’origines diverses, la première chose avant d’envisager leur culture est de se renseigner pour une espèce donnée sur ses conditions de croissance dans son milieu de vie d’origine : notamment, selon les espèces, pour savoir si ces orchidées sont d’originaires d’un climat tempéré ou chaud, et si elles auront besoin ou non d’une saison de repos, laquelle peut être plus ou moins stricte (arrosages ralentis ou complètement suspendus).

Cependant en dehors de ces critères, nombre d’entre elles répondent bien lorsqu’elles sont cultivées dans des conditions moyennes de serre ou véranda tempérée chaude (11°C minimum) à chaude (16 °C minimum).

Bulbophyllum en pot ou suspendu

Les bulbophyllums n’aiment pas trop être rempotés, c’est pourquoi il est souvent conseillé de les cultiver en épiphyte sur des plaques d’écorces ou sur un mur végétal. Leur croissance est vigoureuse, certaines passent de 4 à 14 pseudo-bulbes en 1 année ! Leur rhizome s’allonge alors assez vite en sortant du pot. De plus, leurs racines sont fines et fragiles. Elles peuvent demander ensuite plusieurs mois pour se remettre du rempotage.

Donc, lorsque les orchidées Bulbophyllum sont cultivées en pot, celui-ci est choisi large et peu profond. Elles ne seront rempotées que tous les 3 ans, au moment où de nouvelles pousses apparaissent et plutôt au printemps, avec beaucoup de précautions pour ne pas casser les racines..

D’où l’importante de leur trouver un substrat qui ne se décompose que très lentement.

Elles nécessitent un substrat fin et léger qui absorbe l’humidité et qui peut la restituer facilement . Par exemple :

  • un mélange de fibre de coco (en fibre ou copeaux) et de mousse de sphaigne
  • un mélange 50 % perlite et 50 % sphaigne
  • un mélange écorces fines et perlites

Nombre de cultivateurs préfèrent les maintenir en panier suspendu ou accrochées sur une plaque d’écorce de fougère arborescente, mais cela nécessite des arrosages encore plus rythmés. Une solution intermédiaire consiste à utiliser une écorce horizontale avec de la mousse, qui conserve l'humidité plus longtemps.

Luminosité

Les bulbophyllums aiment profiter d’un maximum de luminosité, mais sans soleil direct : une bonne luminosité les fait fleurir davantage. On leur offre donc une ombre lumineuse. Leur besoin en lumière est supérieur à celui des Phalaenopsis et inférieur à celui des Cattleya.

Humidité atmosphérique 

Une humidité atmosphérique de 50 à 60% est généralement suffisante. Cependant, une humidité atmosphérique de 70% est encore mieux pendant la croissance des nouvelles pousses si les bulbophyllums sont cultivés suspendus.

En pot, une humidité atmosphérique élevée est moins cruciale : une baisse momentanée à 20% n’a rien de catastrophique tant que ces orchidées sont arrosées régulièrement.

Arrosages 

Les arrosages doivent être réguliers : les racines de bulbophyllum ne doivent jamais se dessécher : 3 jours de sécheresse suffisent pour ruiner une nouvelle pousse.

En pot, on arrose à chaque fois que le dessus du pot est un peu sec (mais l’intérieur encore frais). Si au toucher la surface du substrat est encore humide, on attend encore. Cela situe le rythme d’arrosage autour de 1 fois par semaine pendant la saison de croissance et 1 fois tous les 15 jours en hiver.

L’arrosage se fait avec de l’eau douce (eau de pluie/ eau de sèche-linge) par un trempage de 10 à 30 min, puis les plantes sont égouttées.

En culture suspendue, les racines ne doivent pas sécher, donc elles sont arrosées par aspersion ou par trempage presque quotidiennement.

Apports d’engrais

Ces bulbophyllums qui nous donnent la satisfaction d’avoir une croissance rapide sont plutôt gourmands.  On ne leur offre cependant qu’un peu d’engrais à la fois, mais régulièrement. On leur apporte une demi-dose d’engrais équilibré NPK (20/20/20) tous les 2 semaines en été et une fois par mois en hiver (en fait, un arrosage sur 2). Chaque apport d’engrais doit alterner avec un arrosage ou trempage d’eau sans engrais, afin de lessiver et d’éviter la cristallisation de sels d’engrais sur les racines. Le sel d’engrais fait mourir les racines.

Bulbophyllum dearei, B. echinolabium, B. falcatum, B. fasinator, B. flabellum-veneris (syn. lepidum), B. guttalatum, B. lasiochilum, B. lobbii, B. longissimum, B. makoyanum, B. medusae, B. putidum, B. rothschildianum sont les espèces les plus courantes, celles qu’on peut trouver pour les cultiver, ou les plus connues.

Quelques espèces du genre Bulbophylum

Devant tant de diversité et d’étrangetés, il est difficile de choisir quelles espèces mettre dans cet échantillonnage pour bien représenter ce genre.

Bulbophyllum lobbii est l’une des espèces aux fleurs les plus grandes, ou, disons dont la fleur est (un peu) plus approchante des Orchidées que l’on connaît bien, malgré son étrange sépale dorsal haut et pointu, et son labelle en équilibre qui oscille avec la brise. Jaune /ocre, elle est solitaire, mesure jusqu’à 10 cm et dure près d’un mois. Bulbophyllum lobbii est asiatique.

Bulbophyllum echinlobatum, espèce rare et précieuse, est certainement l’espèce aux plus grandes fleurs. Solitaire, cette superbe fleur cireuse nacrée couleur chair est rehaussée de 2 très longs sépales latéraux de 25 cm.

Buylbophyllum falcatum, très variable en forme et couleur est d’origine africaine. Elle fleurit un rachis long et épais qui porte une ligne de petites fleurs de chaque côté.

Bulbophyllum beccari, de Bornéo, est la géante du genre : so rhizome épais serpente autour des troncs d’arbre, long de 4 à 5 m ; ses feuilles épaisses sont longues jusqu’à 60 cm ; ses petites fleurs roses, groupées, sentent la charogne.

À l’inverse, Bulbophyllum minutissimum, appelée orchidée grain de blé est peut-être une des plus petites orchidées du monde. Ses pseudobulbes mesurent 2 à 3 mm de diamètre, sa feuille 1 mm de long et ses fleurs n’excèdent pas 3,5 mm. Mais quelle beauté sous une loupe ! Elle pousse sur les arbres ou les rochers au milieu de la mousse.

Bulbophyllum globuliforme, australienne, est une autre miniature , encore plus petite, ses bulbes font la taille d’une tète d’épingle. Elle tapisse les troncs d’arbre au point qu'on pourrait la prendre pour de la mousse.

Bulbophyllum longiflorum (du groupe des Cirrhopetalum) est assez connue. Ses tiges florales se terminent en ombelle qui forme une couronne de petites roses aux longs labelles.

Bulbophyllum maximum de la section Megaclinium montre une extrême originalité. Ses tiges florales, longues jusqu’à 90 cm se terminent en lame succulente pourpre faisant penser à une tige de Rhipsalis, elles portent une succession de très petites fleurs.. Chaque fleur épanouie ressemble à un minuscule personnage au bonnet de lutin posé sur un décor lilliputien.

Bulbophyllum scaberulum montre également des inflorescences épaissies et succulentes sombres. Ses petites fleurs compliquées posées dessus pourraient avoir inspiré les personnages d’un dessin animé ou de Star war.

Bulbophyllum medusae est l’exemple type du bulbophyllum dont les fleurs groupées (jusqu’à 100) dessinent une inflorescence fascinante, en forme de feu artificice. Les fleurs disposées en sphère sont petites, mais portent un labelle filiforme extrêmement long. Leur odeur légèrement rance finit en note vanillée.

Bulbophyllum barbigerum montre des fleurs alignées sur une hampe assez raide, dont les labelles sont de petits pompons plumeux rouge sombre. Elle exhale une odeur désagréable.

Bulbophyllum guttulatum, produit des fleurs de taille moyenne disposées en ombelle. Elles sont crème ou étrangement verdâtres, ponctuées de pourpre.

Bulbophyllum rothschildianum est une espèce asiatique ( sud de la chine et Indes) qui fait de spectaculaires inflorescences en ombelle, grandes comme une main. Ses fleurs dessinent un demi-cercle où les labelles larges, beiges à pourpres, s’effilent en longue pointe. Elles dégagent une odeur de poisson.

Bubophyllum facinator porte bien son nom, ses fleurs, grandes, mais étroites, font penser à de petites danseuses. Son odeur, malgré tout, rappelle celle des ordures ménagères

Espèces et variétés de Bulbophyllum

Le genre comprend plus de 2000 espèces très variées

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