Le geai des chênes : un bel oiseau coloré, bruyant et amateur de fruits, qui agit aussi comme une sentinelle

Le geai des chênes quitte parfois ses forêts pour visiter nos jardins. Bruyant, quelque peu chapardeur, il n’a pas toujours bonne presse auprès des jardiniers. Son cri rauque résonne au petit matin et il ne se prive pas de goûter aux cerises, figues ou kakis quand l’occasion se présente. Cependant, les dégâts causés par ce bel oiseau coloré ne sont que très ponctuels et il vous préviendra de la moindre présence inhabituelle !

Par Iris MAKOTO -
Le geai des chênes : un bel oiseau coloré, bruyant et amateur de fruits © blackboxguild - stock.adobe.com
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Un uniforme coloré : l'élégance bruyante d'un Corvidé

Le geai des chênes (Garrulus glandarius) fait partie de la famille des Corvidés, tout comme le corbeau, la corneille ou la pie. Il mesure environ 34 cm de long, pour une envergure pouvant atteindre 55 cm.

Son plumage est majoritairement brun rosé, avec des ailes marquées par une plaque bleue barrée de noir, très caractéristique et une queue noire. Ce gros oiseau qui peut vivre près de 18 ans est coiffé d'une calotte plus claire striée de noir qu'il peut hérisser selon son humeur.

Il présente des bandes noires dans le prolongement du bec, soulignant ses yeux bleutés. Le bec est plutôt arrondi, assez court et noir, tout comme les ailes, larges et courtes, adaptées au vol en forêt. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce.

Le geai est également reconnaissable à sa voix qu'il module en cris éraillés typiques, quelque peu pénibles. À la moindre présence inhabituelle comme celle d'un promeneur, d'un chien, ou d'un rapace, il donne l’alerte, prévenant ainsi de nombreuses autres espèces.

Son répertoire ne se limite pas à ces cris ; il varie selon la période de l'année ou

les circonstances et cet oiseau se transforme parfois en imitateur !

Son royaume : des chênes centenaires aux jardins urbains

Comme son nom l’indique, le geai des chênes apprécie tout particulièrement les forêts composées de cette essence, mais aussi les forêts de charmes et de hêtres pourvu qu'elles comprennent quelques chênes.

On le rencontre également dans les parcs arborés, les grands jardins, les haies bocagères et les lisières forestières. Il fréquente parfois les vergers au grand dam du jardinier ! Il se rapproche peu à peu des zones urbaines, bien qu'il se méfie de l'Homme.

Sédentaire dans les régions les plus au sud, il est migrateur dans les zones les plus froides. Il se déplace alors de forêt en forêt pour retrouver un peu de chaleur dans les régions méridionales, mais toujours avec grande discrétion, car il déteste évoluer en milieux ouverts.

Le geai a un intérêt biologique énorme puisqu'il s'agit d'un des principaux propagateurs de glands. Il contribue ainsi au renouvellement des forêts.

Le geai des chênes apprécie tout particulièrement les forêts
Le geai des chênes apprécie tout particulièrement les forêts © A l'aide l'IAAlain DEBUISSON

L'arboriculteur ailé : comment son appétit replante nos forêts

Le geai des chênes est omnivore, néanmoins son régime varie selon les saisons. Les glands font partie de son bol alimentaire pour environ 40 %. En automne, il en récolte des centaines qu’il enfouit dans le sol pour constituer des réserves. Une partie de ces glands est oubliée, ce qui favorise la germination et la reproduction naturelle des chênes, comme nous l'avons vu précédemment. Il se transforme ainsi en véritable jardinier des forêts !

Au printemps et en été, le régime est composé de multiples animaux : insectes, chenilles, coléoptères, lézards, amphibiens, araignées, œufs ou même oisillons d'autres espèces : tout lui convient pourvu que ce soit protéiné !

Le reste de son régime annuel est constitué de baies, de fruits et de graines.

Vie privée : amours fidèles et nids discrets

La saison de reproduction débute au printemps. Le couple très territorial, généralement fidèle, construit un nid discret dans un arbre ou un grand arbuste à une hauteur minimale de 3 m. Cet oiseau a une préférence pour les arbres couverts de lierre qui cachent encore plus le nid.

La femelle pond entre 4 et 7 œufs par an, d'un beau vert pâle avec des taches plus sombres. L'incubation prendra environ 16 jours.

Les jeunes quittent le nid après trois semaines, mais restent dépendants des adultes pendant au moins encore 3 semaines.

Un esprit vif : mémoire d'éléphant et talents d'imitateur

Comme tous les membres de la famille des corvidés, le geai des chênes fait preuve d’une grande intelligence. Par exemple, il présente une excellente mémoire spatiale. Ainsi, il est capable de retrouver ses caches de nourriture plusieurs mois après les avoir constituées.

Il est également connu pour ses capacités d’imitation vocale. Le geai peut reproduire le chant de nombreux autres oiseaux, mais aussi des sons plus étranges comme des miaulements très réalistes ou des bruits mécaniques. Cette faculté étonnante lui sert notamment à tromper ses congénères ou à éloigner des intrus.

Le geai des chênes n’est pas un oiseau facile à accueillir au jardin. Certes, il peut paraître quelque peu bruyant, méfiant, parfois même gênant. Mais n'oublions pas qu'il fait partie d'un tout et contribue à l'équilibre des écosystèmes forestiers.

Cet oiseau intelligent est indispensable et profondément lié à la vie des jardins et des arbres. Apprendre à le tolérer, c’est accepter que le jardin soit vivant et ne devienne pas un espace totalement sous contrôle. Le geai nous offre ainsi une leçon de partage et de tolérance.

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