Jardiner en hiver : quelles plantes installer et lesquelles éviter absolument ?
Contrairement aux idées reçues, le jardin ne dort pas totalement durant la saison froide. De décembre à février, c'est même le moment idéal pour installer durablement certaines structures végétales et prendre de l'avance sur la saison. Cependant, toutes les plantes ne sont pas égales face au froid et à l'humidité hivernale. Entre opportunités d'enracinement et risques de gel, Marc-Henri des Pépinières Ripaud propose un tour d'horizon complet des végétaux à privilégier et de ceux qu'il vaut mieux réserver pour la douceur printanière.
Les règles d'or de la plantation hivernale : entre tradition et précaution
L'hiver, période s'étalant de décembre à février, est souvent perçu comme une saison morte pour le jardinier amateur. Pourtant, historiquement, c'est la période la plus active pour la plantation des arbres. Avant l'avènement de la culture en pot et conteneur à la fin des années 70, la quasi-totalité des plantations s'effectuait en racines nues ou en mottes.
Aujourd'hui encore, cette saison reste stratégique pour garantir la pérennité de nombreux végétaux, à condition de bien sélectionner les espèces.
Les grands gagnants de l'hiver : Fruitiers et Haies
Il est recommandé, voire impératif, de profiter de l'hiver pour planter les espèces caduques (qui perdent leurs feuilles). L'absence de feuillage réduit considérablement le stress hydrique lors de la transplantation. C'est le moment idéal pour installer :
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Les arbres fruitiers : Pommiers, cerisiers, pruniers s'enracinent mieux s'ils sont plantés durant leur repos végétatif.
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Les plantes de haie : Qu'il s'agisse de conifères (Thuyas, Cupressus) ou d'arbustes persistants comme les Photinias ou les Eleagnus.
Pourquoi planter dans le froid ? La mécanique souterraine
L'avantage biologique est indéniable. Dès que la température du sol dépasse les 5 °C, l'activité racinaire reprend. Même si la partie aérienne de la plante semble endormie, les racines, elles, travaillent et colonisent le sol. Une plante installée en janvier aura développé un système racinaire performant avant l'arrivée du printemps. Le résultat se voit en été : ces végétaux seront beaucoup plus résistants aux premières sécheresses de juin et juillet que ceux plantés tardivement en avril, qui peineront à s'hydrater.
Les exceptions notables : quand s'abstenir ? Si 90% des plantations sont possibles, certaines espèces demandent de la prudence. Il ne faut jamais planter en hiver des végétaux qui sont en limite de rusticité ou qui détestent l'humidité froide.
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Les xérophytes (plantes de terrains secs) : Les Agaves, Cactus et autres plantes grasses risquent de pourrir dans un sol froid et humide avant même de s'enraciner. Pour ces espèces, une plantation de printemps (mars à mai) est requise, au moment où la croissance reprend.
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Les plantes semi-rustiques : Le Bougainvillier ou les agrumes (comme le mandarinier Satsuma), bien que résistants à de faibles gels une fois établis, sont très vulnérables lors de leur première année. En les plantant au printemps, après les dernières gelées, on leur offre toute une saison chaude pour s'installer, se renforcer et accumuler des réserves pour affronter leur premier hiver.
En résumé, l'adage est simple : plantez le rustique et le caduc en hiver pour gagner du temps, mais réservez les friandises exotiques et les plantes de soleil pour le retour des beaux jours.
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