Préhistorique houe: labour, binage, sarclage

Jean-François Millet - L'Homme à la houe
Jean-François Millet - L'Homme à la houe

Dans la chronologie des outils préhistoriques, la houe est apparue après le pic et le bâton à fouiller, mais avant la bêche.

La forme de la houe n'a pas changé depuis le néolithique. Son évolution technique n'a résidé que dans l'utilisation de nouveaux matériaux. Que sa lame fut en silex, en bois, en bronze, en bois garni de fer ou en acier, cet instrument, à l'instar de la faucille, a considérablement contribué à nourrir l'humanité. Il continue à être privilégié dans le système agraire de nombreux pays en voie de développement. En France, jusqu'au début du 20° Siècle, cet outil était encore employé par une abondante main d'œuvre dans les champs et les vignes.

De tous temps les forgerons ont fabriqué des houes aux formes diverses; si l'on ajoute les centaines de modèles proposés dans les catalogues d'usines dès le milieu du 19° Siècle, on peut facilement déduire que cet instrument devait nécessairement être adapté aux spécificités de chaque terroir.

On dit qu'il y a plus de noms que de sortes de houes. Pour les lames pleines, entres autres appellations: Hoyau, bêchoir, féchou, écobue, besoche, bêchard, essade, déchaussoir, trinque (midi), moutardelle. Pour les houes fourchues : Marre (Médoc), bigot, bigorne (Provence), mègle (Bourgogne)…

Dans les jardins, cet instrument est fort utile pour effectuer nombre de travaux : Principalement labourer, biner, sarcler (bien affûter le tranchant), remuer et émietter la terre après bêchage, butter, trouer le sol pour les plantations, récolter les légumes (surtout les pommes de terre). Il pourra tout aussi bien servir à déchausser les arbres et arbustes, sillonner, creuser de petites rigoles, araser les taupinières. Il serait déraisonnable de penser que la frêle serfouette, avantageuse à d'autres tâches, pourrait évincer sa grande sœur du râtelier.

Des quelques modèles existants dans le commerce, il convient de choisir celui qui sera le mieux adapté au sol, mais aussi à la force de celui qui l'emploie. Les plus larges entrent moins facilement dans les terres compactes et demandent plus d'effort, mais leur rendement sera meilleur dans un terrain léger. Les houettes trouveront un usage pour toutes les mains et tous les jardins. L'idéal, en fonction des nombreuses opérations applicables avec la houe, serait d'en posséder plusieurs variantes.

Bref, se passer de cet outil serait un véritable défi au bon sens légendaire du jardinier.

Frédéric DESCHAUME

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