Bilan 2025 de l'Observatoire des oiseaux des jardins : participation record et tendances marquantes

L'année 2025 restera un millésime exceptionnel pour la science participative en France. Avec une mobilisation citoyenne inédite, l'Observatoire des oiseaux des jardins (coordonné par la LPO, le MNHN et l'OFB) livre une photographie précise de notre avifaune de proximité. Entre un rebond spectaculaire de la participation après une année 2024 morose et la confirmation de dynamiques de populations contrastées, voici l'analyse détaillée de ce vaste recensement national.

Par Alain DEBUISSON -
Bilan 2025 de l'Observatoire des oiseaux des jardins
Bilan 2025 de l'Observatoire des oiseaux des jardins © A l'aide de l'IAAlain DEBUISSON
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1. Une dynamique de participation en fort rebond

L'évolution la plus flagrante de ce bilan 2025 concerne la mobilisation humaine. Après un début d'année 2024 marqué par une météo défavorable qui avait freiné les ardeurs des observateurs, 2025 signe un retour en force.

  • Croissance à deux chiffres : Le nombre de jardins participants a bondi de 23 % (atteignant 27 782 jardins), tandis que le volume de données collectées a progressé de 11 %.

  • L'effet "Refuge LPO" : On constate une fidélisation accrue des propriétaires de "Refuges LPO". Bien qu'ils ne représentent que 9 % des jardins inscrits, ils produisent près de 20 % des données totales. Cela suggère que la sensibilisation et l'engagement à long terme créent des observateurs plus assidus et plus experts.

2. Évolutions ornithologiques : entre surprises et inquiétudes

Au-delà des chiffres de participation, l'analyse des données biologiques sur la durée permet de dégager trois tendances majeures pour l'avifaune française :

  • Le phénomène de l'hiver 2025 : L'irruption du Grosbec L'hiver 2024-2025 a été marqué par un événement rare : une invasion (ou irruption) de Grosbecs casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes). Habituellement discret et farouche, cet oiseau a été observé en grand nombre dans le sud de l'Europe et particulièrement dans les jardins français. Ce pic de présence illustre la capacité de l'Observatoire à détecter en temps réel des mouvements migratoires anormaux ou des déplacements de populations liés aux ressources alimentaires.

  • La stabilité des "stars" des jardins Le trio de tête reste inchangé, confirmant une certaine résilience des espèces les plus anthropophiles (qui vivent près de l'homme). Le moineau domestique conserve sa couronne (présent dans près de 19 % des observations hivernales), suivi de près par la mésange charbonnière et la mésange bleue. Ces espèces maintiennent leurs positions, profitant sans doute du nourrissage hivernal massivement pratiqué dans les jardins participants.

  • Le signal d'alarme : Le déclin du Verdier d'Europe C'est le point noir confirmé par la régularité des comptages. L'Observatoire permet de documenter scientifiquement le déclin continu du Verdier d'Europe (Chloris chloris). Autrefois très commun aux mangeoires, il subit une chute marquée de ses effectifs depuis 20 ans. Cette tendance de fond, invisible sur une seule année, devient évidente grâce à l'accumulation des données participatives sur la décennie, soulignant l'importance cruciale de la constance des observateurs pour la recherche scientifique.

3. Bilan chiffré

  • Volume : 1,5 million d'oiseaux observés pour près de 600 000 données transmises.

  • Couverture : 33,3 % des communes françaises ont participé.

  • Top Départements : Loire-Atlantique, Nord et Finistère dominent le classement, rejoints par une forte progression dans le Gers et la Corse du Sud.

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