Réussir son purin d'ortie maison
Véritable élixir pour le potager, l'extrait fermenté d'ortie est à la fois un excellent stimulateur de croissance et un fortifiant naturel pour les végétaux. Facile à réaliser et totalement gratuit, il demande simplement de respecter quelques étapes clés, de la récolte à la fermentation. Découvrez la méthode pas à pas pour fabriquer cette préparation incontournable du jardinage au naturel.
La récolte des végétaux et le choix des bonnes pousses
Pour commencer la fabrication de ce purin d'ortie, un engrais vert, il convient de repérer un massif de plantes vigoureuses. On retrouve généralement ces végétaux dans les zones riches en humus, à proximité des anciens tas de bois ou près du compost.
Lors de la cueillette des orties, il est essentiel de privilégier des plantes qui ne sont pas encore montées en graines. Cette précaution évite la dissémination involontaire de nouvelles pousses lors des futurs arrosages au cœur du potager. Les tiges sont simplement coupées à la base à l'aide d'un sécateur.
La préparation et la découpe de la matière organique
Une fois la cueillette des orties terminée, un travail de découpe minutieux commence. À l'aide d'une cisaille à haie ou d'un sécateur bien affûté, les tiges sont réduites en petits tronçons. Les parties basses des tiges, souvent trop dures et moins riches en feuillage, peuvent être écartées de la préparation et jetées directement sur le tas de compost où elles serviront d'activateur de décomposition.
Les morceaux feuillus ainsi obtenus sont ensuite versés dans un grand récipient en plastique ou en bois destiné à la macération.
Le dosage et la mise en fermentation
La réussite de l'extrait d'ortie dépend d'un ratio précis entre la matière végétale et le volume de liquide. La proportion idéale s'élève à environ deux kilos de feuilles coupées pour dix litres d'eau, de préférence de l'eau de pluie qui est moins calcaire et non chlorée. Il est fortement recommandé d'installer le bidon de macération dans un coin reculé du terrain, à l'écart des habitations, en raison des fortes odeurs nauséabondes dégagées par le processus.
Pour protéger le mélange, le contenant est recouvert d'un voile de forçage ou d'un tissu moustiquaire, ce qui empêche la prolifération des insectes et des moustiques. En revanche, il ne faut jamais fermer le bidon hermétiquement avec un couvercle en plastique. Les gaz accumulés pendant le travail des bactéries pourraient mettre le récipient sous pression et provoquer une explosion.
Le suivi du processus et l'utilisation finale
La fermentation dure généralement entre dix et quinze jours, selon la température ambiante. Le mélange doit être remué quotidiennement. Lorsque la formation de petites bulles cesse totalement à la surface du liquide, cela signifie que la fermentation est arrivée à son terme.
Le liquide est alors filtré pour retirer les résidus de feuilles. Pour l'application, l'extrait pur est dilué à hauteur de 10 % dans un arrosoir (soit un litre de préparation pour neuf litres d'eau), offrant ainsi un excellent apport en azote directement au pied des cultures gourmandes comme les tomates ou les courges.
Avec Gérard BOURGES du Jardin des Cistes
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