La craspedote, une méduse d'eau douce

Elles effraient, fascinent : les méduses peuplent les mers et océans, et ne laissent indufférents ni les vacanciers ni les naturalistes. Et lorsque l'on rencontre une petite espèce dans nos lacs, mares, canaux, après un instant de surprise, l'on ne peut que partir à la découverte de Craspedacusta sowerby, présente dans les eaux douces de tous les continents.

Craspedacusta sowerbyi ou Craspédote d'eau douce
Craspedacusta sowerbyi ou Craspédote d'eau douce

Une petite méduse dans nos plans d'eau

En 1880 des sientifiques londoniens découvrent, surpris, une méduse dans un bassin de plantes exotiques. Translucide elle est bien visible à l'oeil nu avec ses 2 cm de diamètre. Nommée Craspedacusta sowerbyi, ou Craspédote d'eau douce, elle appartient aux Cnidaires, cousine des méduses des mers et océans, mais aussi des anémones et des coraux. Seule méduse d'eau douce elle rencontrera dans sa classe des Hydrozoaires uniquement des Hydres, polypes toujours fixés.

Depuis sa première description à Londres la Craspédote a été observée sur tous les continents, en 1929 dans le bassin de la Garonne puis dans tous les fleuves de France.

Fragile et élégante

La rencontre est surprenante : se penchant sur les eaux du lac, d'un canal, d'une ancienne gravière, voire de la mare, on y voit flotter de petits organismes de la taille d'une pièce de 2 euros, translucides, en forme de parachute. La Craspédote d'eau douce est un Hydrozoaire typique : son ombrelle est bordée de tentacules plus ou moins longs, jusqu'à 400, un velum referme le parachute sur sa face inférieure. Sous l'ombelle, traversant le velum, jaillit un tube, le manubrium, doté d'un orifice externe et relié à 4 canaux radiaires en interne. Toute l'anatomie de la méduse est visible par transparence.

Elle flotte au-milieu de ses proies

La Craspédote d'eau douce peut se déplacer par de vigoureuses contractions de son ombrelle, mais se laisse flotter au gré des mouvements de l'eau, parmi le zooplancton. Elle se trouve ainsi à portée de ses proies. Copépodes, daphnies, tous les petits animaux du plancton seront capturés par ses tentacules, portés à l'orifice du manubrium, la bouche, pour être engloutis. Une fois la digestion terminée, les déchets seront rejetés par le même orifice, servant d'anus ce coup-ci.

Chez les Craspédotes les tentacules sont munis de cnidocytes, cellules urticantes munies de harpons aux effets paralysants. Uniquement sur les petites proies, l'homme ne semble pas devoir s'inquiéter de sa présence, son épiderme ne pouvant être traversé.

Elle apparaît et disparaît brutalement

La Craspédote d'eau douce peut passer inaperçue une année, comme proliférer en populations abondantes l'année suivante. Puis disparaître à nouveau. Avant d'être une méduse flottante observable à l'oeil nu, elle prend la forme d'un minuscule polype de quelques millimètres fixé sur les fonds, à la végétation, aux rochers. Ses petits tentacules lui permettent de se nourrir de micoplancton animal. Ce polype va se reproduire par voie asexuée, par bourgeonnement, libération de « larves » rampantes se déplaçant et formant un nouveau polype, et production de bourgeons médusoïdes. Certains deviendront méduses menant une reproduction sexuée. Les œufs fécondés passeront par le stade planula, petite larve ciliée flottante qui se fixera pour devenir polype.

Présente sur tous les continents et donc considérée comme espèce invasive la Craspédote d'eau douce ne représenterait pas une menace pour les écosystèmes. Son alimentation en zooplancton reste limitée, sa présence reste discrète. L'impact du chagement climatique sur l'évolution des populations de cette espèce peut toutefois modifier les données actuelles dans les années à venir.

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