Les engrais, pourquoi ?

Les engrais, pourquoi ?
Les engrais, pourquoi ?

C'est évidemment la question essentielle, sans laquelle tout le reste n'a pas de sens. L'approche de tout bon jardinier est de mettre en avant les pratiques de gestion du vivant ayant le moins possible d'impact sur l'environnement.

Les engrais sont à utiliser correctement ou à ignorer totalement. Il ne peut y avoir utilisation sans maîtrise, et la première de ces maîtrises est donc la connaissance du "pourquoi".

De plus, nous faisons ici le choix de ne pas donner d'engrais à une plante intégrée dans un milieu qui est le sien, forêt, haie, prairie, s'il n'y a pas d'exportation, récolte ou coupe régulière. "Pourquoi" ne signifie nullement "toujours".

Tout le sujet traite donc de plantes vivrières (fruits et légumes), de plantes poussant en pot ou de plantes de sol riches cultivées en sol pauvre.

Différences entre milieux naturels et champs ou pots

On entend souvent l'argument "Dans les forêts, il n'y a pas d'engrais, et ça pousse !". Certes, et c'est justement dans l'essence même de la forêt, et dans les différences entre ce milieu naturel et un champ ou un pot, qu'il faut chercher la réponse.

Ces différences fondamentales sont au nombre de deux.

Tout d'abord la nature même des plantes qui poussent dans ces lieux différents : en forêt elles n'ont pas été sélectionnées pour produire vite et beaucoup, leur rendement est faible, tandis qu'un champ ou un pot abritent généralement des championnes de la production, qui y sont plantées avec une densité importante.

Ensuite, le plus fondamental c'est l'absence de récolte exportée de la forêt, alors qu'un champ n'a comme raison d'être que la récolte, donc l'exportation de matière végétale, donc de minéraux. En forêt, ce qui est produit par les plantes est consommé sur place, par les animaux (herbe, feuilles, fruits, bois) ou par les bactéries ou champignons, à l'exception des coupes de bois. Dans un pot, les feuilles qui tombent ne sont pas recyclées, elles vont ailleurs en très grande majorité.

Pour comprendre que le recyclage des matières végétales par le milieu est fondamental en forêt, observons le cycle de l'azote. Les animaux et bactéries consomment les protéines et acides aminés des plantes ou autres animaux, les plantes consomment l'azote sous forme de nitrate produit par les animaux (déjections, cadavres) ou par des bactéries transformant l'azote de l'air en nitrate ou ammoniac ou encore par des micro organismes décomposant les feuilles.

Donc, pour l'azote, peu d'entrées (l'azote de l'air) en forêt, mais pratiquement pas de sorties, alors que les protéines que produit la plante cultivée sont en majeure partie sorties du champ lors des récoltes, d'où une exportation importante d'azote.

Pour les minéraux tels le potassium, le magnésium, le soufre, et autres, il y a un cycle similaire. En forêt, les molécules passent des plantes aux animaux et inversement, avec une réserve dans la roche mère qui compense pertes et stockage des minéraux dans les plantes (arbres principalement). La aussi, très peu de sorties en forêt, une entrée faible mais suffisante. Dans un champ, les minéraux puisés par la plante dans le sol n'y retournent majoritairement pas.

En conclusion de ce paragraphe, nous dirons que l'azote (élément de base des protéines) et autres minéraux étant exportés des champ lors des récoltes, (non recyclés dans la culture en pot), les cultures vivrières, surtout avec les variétés sélectionnées depuis toujours par l'homme, pour leur goût et leur production sont en déficit chronique d'éléments nutritifs. Les minéraux remontant de la roche et l'azote nitrique produit par les bactéries à partir de l'azote de l'air ne suffisent pas à équilibrer la balance entrées/sorties, contrairement à un milieu naturel où le recyclage des éléments végétaux permet le réemploi de ce qui a été produit par les plantes, feuilles, fruits, bois, etc.

Quelles solutions pour équilibrer la perte d'éléments nutritif ?

Deux solutions sont envisageables : soit on change de champ chaque année, soit on enrichit la terre en azote et en potassium et autres minéraux. La première solution n'est valable que pour une densité de population très faible. Il y a donc obligation pour l'agriculture d'un pays assez peuplé à enrichir les sols.

Pour la culture en pot, c'est pareil, soit on change régulièrement le terreau, soit on ajoute des éléments nutritifs.

Ces apports doivent être calibrés, calculés et doivent concerner ce qui est réellement exporté lors des récoltes. Il ne s'agit surtout pas de mettre n'importe quoi dans le sol, en quantités estimées sans calcul.

Lionnel

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