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Histoires de Frêne

Le fauchage tardif

Depuis la fin des années 70, le fauchage mécanique des bords de routes s’est systématisé et s’est progressivement étendu du centre des villes jusqu’à nos campagnes. Au niveau national cela représente tout de même une surface de près de 3 400 km².

Des coquelicots en bordure de champs, on évite de les faucher avant leur renouvellement
Des coquelicots en bordure de champs, on évite de les faucher avant leur renouvellement

Problèmes liés au fauchage

Le fauchage pose de sérieux problèmes écologiques en faisant disparaître tout un écosystème ; Ainsi les plantes annuelles et bisannuelles n’ont plus le temps de terminer leur cycle végétatif et de se reproduire facilitant l’implantation de plantes vivaces beaucoup plus résistantes comme la berce, le chardon et le dactyle qui vont nécessiter une intervention plus fréquente.

Le fauchage de ces plantes favorise leur colonisation au détriment d’autres plus fragiles comme les orchidées sauvages.

Le fauchage parfois pratiqué trois fois dans l’année détruit des niches écologiques car les abords de routes constituent  un des derniers refuges pour nombre d’animaux et de plantes qui interagissent : supprimer les fleurs prive les insectes butineurs de nectar. La pollinisation est donc compromise.

Qu’est ce que le fauchage tardif ?

Le fauchage tardif effectué en juillet ou mieux encore à la fin de l’été dans les zones montagnardes permet aux plantes et aux animaux d’accomplir leur cycle biologique.  Ce fauchage tardif ne doit pas être mis en place au hasard au risque de se solder en échec cuisant ; Ainsi, plusieurs paramètres sont à prendre en compte :

  • Connaissance de la biodiversité présente sur les abords routiers de chaque région par un inventaire scrupuleusement réalisé.

  • Identification des zones où prolifèrent les plantes colonisatrices « indésirables ».

  • Établissement d’un plan des zones à faucher en priorité sur des critères de sécurité routière (visibilité, panneaux, croisements…) et selon la nature du sol. En effet, un sol très riche peut produire une végétation touffue de plus d’un mètre de hauteur et nécessiter une action plus rapide.

  • Inversement, laisser les zones pauvres constituées de substrats filtrants et donc voyant croître des plantes à faible développement s’autogérer en évitant le passage destructeur du gyrobroyeur.

La réussite du fauchage tardif repose sur une prise de conscience collective et sur un suivi rigoureux. Une formation du personnel  le mettant en œuvre est nécessaire, car il implique un changement des habitudes : abandon des produits désherbants dangereux pour les nappes phréatiques ainsi que du décapage du sol à l’aide de l’épareuse qui arrache tout sur son passage et ne laisse que la terre pour limiter les interventions au profit d’autres systèmes plus respectueux de l’environnement ; Ainsi, la partie la plus proche de la voie de roulement devra être fauchée au strict nécessaire soit une hauteur de coupe de 10 à 20 cm et sur une largeur de 1,20 m maximum et ceci dans un but de sécurité routière. La hauteur de fauche sera la même pour les talus. Il a été prouvé que la pousse des herbes dans les fossés bordant les routes n’empêche en rien l’écoulement des eaux, elle le ralenti seulement en filtrant l’eau des éventuels polluants, il n’est donc pas nécessaire d’effectué une tonte drastique en ces lieux.

Enfin, un ramassage systématique des coupes après le fauchages sera préconisé afin d’éviter un trop fort enrichissement du sol provocant de nombreux déséquilibres. Ce produit issu du fauchage pourra être ensuite utilisé au nourrissage du bétail ou à la création de compost qui viendra plus tard enrichir les espaces verts de la commune.

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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • Noor Roza
    Grand plaisire de trouver des conseilles assez importante
    Répondre à Noor Roza
    Le 25/08/2012 à 09:00