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Les guêpes solitaires, étonnantes et utiles

Certaines guêpes solitaires creusent pour construire leurs nids
Certaines guêpes solitaires creusent pour construire leurs nids

Auxiliaires du jardinier, les guêpes solitaires sont de redoutables prédateurs de parasites. Étonnantes, elles effectuent un travail incroyable lorsqu'il s'agit de construire leurs nids. Découvertes de ces petites bébêtes au comportement très intéressant...

Qui sont les guêpes solitaires ?

Le terme de 'guêpes solitaires' regroupe plusieurs espèces d'hyménoptères apocrites, non sociales, contrairement aux guêpes communes. La plupart des espèces de guêpes solitaires se plaît dans le Sud de la France. Elles y trouvent toute la chaleur dont elles ont tant besoin, de coteaux abrités en garrigues bien exposées, de friches en zones sablonneuses...

Rarement agressives, très utiles, elles doivent être préservées car elles se nourrissent de larves, de chenilles et d'insectes, qu'elles utilisent aussi pour charger le garde-manger de leur progéniture.

Ces guêpes sont aussi des constructeurs hors pair, car elles doivent redoubler d'attention pour protéger leurs œufs pondus en petit nombre.

Guêpes maçonnes ou potières, les qualificatifs ne manquent pas pour définir leur travail de longue haleine. Les nids sont construits à base de matériaux comme la terre, l'argile ou le sable. Chaque espèce ayant ses particularités en la matière ! Cavités creusées dans le sol, fissures de murs exploitées, tiges de plantes utilisées, voire coquilles d'escargots squattées, les guêpes solitaires ne sont pas à cours d'idées !

Leur morphologie est d'ailleurs dédiée à ces travaux de construction : des pattes couvertes de soies très épaisses, et des mandibules puissantes leur permettent de creuser dans des matériaux durs, certaines espèces ont même un jabot leur assurant un transport facile de l'eau nécessaire à la confection de leur mortier !

Une descendance à protéger

Les guêpes solitaires ne pondent pas beaucoup d’œufs, ils doivent donc être protégés et isolés de la concurrence pour se développer. Après l'accouplement, la femelle prépare ses nids qui comportent plusieurs zones segmentées accueillant chacune un seul œuf et un stock de nourriture pour permettre la croissance des larves à l'intérieur du nid. Les cellules sont ensuite fermées dans la majorité des cas et pour la plupart des espèces, sauf chez le Bembix qui viendra alors nourrir ses larves chaque jour.

Les nids sont tantôt isolés, tantôt regroupés selon les espèces. Plusieurs cellules peuvent y être abritées, placées selon un schéma géométrique, ou en file indienne.

Les ammophiles peuvent construire jusqu'à 30 nids comprenant une seule cellule, alors que l'Eumène d'Amédée adosse ses chambres de croissance à une pierre qui servira de support au nid recouvert d'enduit de terre.

Dans de rares cas comme Zethus cyanopterus, les nids sont aériens. Ils sont alors confectionnés à base de feuilles découpées formant un coussinet confortable.

Des constructions très évoluées

Les guêpes maçonnes arrivent à construire des nids en terre très résistants aux intempéries. Par exemple chez Eumenes pomiformis, espèce construisant ses nids sur des branches ou des pierres. Cette guêpe utilise ses mandibules pour réduire le sable et la terre en poudre très fine, qui ajoutés à sa salive devient un mortier hydrofuge redoutable protégeant la progéniture des averses même les plus violentes.

D'autres Eumenes, parent leurs nids de petits cailloux, les rendant encore plus solides. Ils sont fermés par une pierre plate ou même une coquille d'escargot du plus beau style !

Du côté des guêpes potières, deux familles se partagent la vedette : les Pélopées et les Agénies. Elles utilisent l'eau collectée grâce à leur jabot dans les flaques, les mares ou les ruisseaux pour mouiller la terre avant de confectionner des boulettes malléables qui seront amenées sur le lieu de construction des nids. Les agenies réalisent des prouesses géométriques en créant un ellipsoïde parfait, pour abriter l’œuf unique et l'araignée qui lui servira de biberon ! Plusieurs de ces jarres pourront être accolées, en file, en rangées ou en amas. Les pélopées soignent encore plus leurs édifices, polissant scrupuleusement l'intérieur du nid avant de le remplir de chenilles destinées à la future larve qui, pour l'instant, n'est qu'un œuf suspendu par un fil. Le nid sera ensuite fermé au moyen d'un bouchon d'argile.

Des foreuses hors pair

Certaines guêpes solitaires creusent pour construire leurs nids. Le bois est choisi par de nombreuses espèces (Crabo sp, Pemphredon, Solenius...) alors que d'autres préfèrent forer la terre (Amophila campestris, Sphex flavipennis...).

Dans tous les cas, une galerie principale située juste après l'entrée, pouvant parcourir jusqu'à 1m de longueur, donne accès à des galeries secondaires qui desservent une cellule, voire un groupement de cellules.

Les espèces opportunistes

Certaines guêpes ne se formalisent pas de la construction géométrique d'un nid, elles colonisent simplement des fissures ou des anfractuosités de roches. C'est le cas de Cryptocheilus annulatus et d'Anoplius viaticus.

Plus originale, Odynerus sazi, qui construit ses loges séparées par des parois de résine tapissées de cailloux dans les coquilles d'une seule espèce d'escargot Helix nemoralis.

Quant au Trypoxylon, il recycle des anciennes galeries creusées et utilisées par les coléoptères.

Les espèces rubicoles se tournent quant à elles vers les tiges creuses de certains végétaux (sureau, fusain, ronce, jonc, canne de Provence...). Odynerus murarius, construit ses cloisons avec de la terre humectée dans les tiges alors que Sphex splendidus confectionne un feutrage épais de débris végétaux tassés. Que d'ingéniosité !

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