Reconnaître la guêpe maçonne et comprendre son rôle important au jardin

Elles sont connues pour fabriquer des nids en argile ou en sable dans des recoins abrités comme dans les coffres des volets, parfois même au sein de nos demeures. Mais qui sont les guêpes maçonnes et comment vivent-elles ? Petit focus sur ces auxiliaires du jardinier.

Par Iris MAKOTO -
Scelipron caementarium, une guêpe maçonne fréquente dans le sud
Scelipron caementarium, une guêpe maçonne fréquente dans le sud © Maciej Olszewski - stock.adobe.com
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Une bâtisseuse solitaire à la silhouette très affinée

Le terme de guêpe maçonne regroupe plusieurs espèces d'hyménoptères solitaires réputées pour leurs compétences architecturales. Contrairement à leurs cousines sociales qui vivent en colonies agressives, ces insectes surnommés guêpes potières construisent seules de petits nids individuels.

Sur le plan taxonomique, elles appartiennent principalement aux familles des Sphecidae, des Eumenidae et au genre Sceliphron, bien que certaines fassent partie des Vespidae. L’expression « taille de guêpe » prend tout son sens chez ces espèces dont le segment médiaire est extrêmement marqué.

Leur corps présente une dominante noire parfois complétée de rayures jaunes ou d'hachures orangées. Leurs longues antennes enroulées surmontent des yeux proéminents, et leurs pattes segmentées affichent des teintes variées, allant du noir au jaune vif.

Des techniques de construction en terre impressionnantes

Pourquoi le qualificatif de maçonne ? Ces insectes façonnent leurs nids avec des matériaux bruts comme la terre, l'argile ou le sable pétris avec leur salive. Chaque espèce choisit un lieu spécifique : tiges de plantes, fissures de murs ou cavités creusées au sol.

Dans les habitations, elles s'installent fréquemment au niveau des encadrements de fenêtres ou dans les trous de ventilation. Leur présence se remarque par un bourdonnement très caractéristique lors de leurs allers-retours pour acheminer la matière première.

Certaines potières vont jusqu'à sceller l'entrée de leur nid avec un petit caillou. Ces constructions étanches ont un objectif précis : protéger le développement de la future génération à l'abri des intempéries et des prédateurs.

Un nid garde-manger pour les futures larves

Avant de sceller hermétiquement la cellule, la femelle y dépose un œuf unique. Elle remplit ensuite ce garde-manger avec des proies anesthésiées par son venin, principalement des araignées ou des chenilles.

La paralysie maintient les proies vivantes et fraîches jusqu’à l'éclosion. La larve se nourrit directement de ces réserves car elle ne possède pas encore de mandibules acérées pour perforer la terre.

L'émergence de l'insecte adulte, ou imago, intervient généralement une année après la ponte. Seul l'adulte possède la force nécessaire pour briser la paroi d'argile et sortir au grand jour.

Dangerosité et espèces exotiques introduites en France

Face à l'humain, la guêpe maçonne est totalement pacifique. Elle ne pique jamais de façon spontanée, sauf si elle se trouve écrasée ou directement menacée dans son nid.

Bien qu'on dénombre des milliers d'espèces autochtones en France, l'introduction accidentelle d'espèces exotiques pose question. Deux espèces introduites dans les années 1980 (Sceliphron caementarium d'Amérique et Sceliphron curvatum d'Asie) posent des enjeux écologiques.

Très implantées dans le Sud-Est et en Corse, ces guêpes exotiques concurrencent les espèces locales en consommant les mêmes proies. Malgré ce déséquilibre écologique, la guêpe maçonne reste une alliée de taille au jardin pour réguler les populations d'insectes.

Les espèces de guêpes maçonnes les plus communes en France

Parmi la vaste diversité d'hyménoptères solitaires observables dans nos jardins, plusieurs espèces se croisent régulièrement près des habitations :

  • Le Scéliphron américain (Sceliphron caementarium) : reconnaissable à ses taches jaunes vif sur le thorax et ses pattes bicolores, cette espèce exotique fabrique de volumineux pâtés de boue agglutinés.

  • Le Scéliphron courbe (Sceliphron curvatum) : d'origine asiatique, elle façonne de ravissants petits pots d'argile allongés et rigoureusement alignés sous les rebord de fenêtres.

  • L'Eumène coarcté (Eumenes coarctatus) : grande spécialiste des récipients sphériques en argile, cette guêpe autochtone accroche ses "amphores" miniatures directement aux tiges des plantes.

  • Le Dipogon (Dipogon sp.) : appartenant aux pompilides, cette guêpe sombre possède un corps entièrement noir très élancé qui la fait souvent confondre avec une fourmi ailée.

Vos commentaires

Claude le 28/09/2024 à 14:00
Je viens de trouver dans mon grenier une dizaine de nids montés sur des poutres ou du métal. Il y avait de 4 a 8 larves par nids. J'en avais trouvé aussi derrière un volet d'une fenêtre dont on se sert plus. Et aussi l'hiver dernier juste au dessus de notre entrée, à côté d'un énorme nid de guêpes communes. Et c'est toujours côté sud.
Fabrice le 27/12/2023 à 23:23
Il y avait deux cocons à la fenêtre de ma chambre, je les ai prélevé et les ai mis dans l'encadrement de la baie vitrée du salon pour les mettre confortablement à l'abri. Vont-elles survivre ? Doit-on les nourrir ? Quand vont-ils éclore ? J'aimerais ne pas les tuer.. étonnant tout de même, mais jolis pots. J'ai bien aimé vos commentaires, haha
Nini le 13/08/2023 à 09:55
Nous avons trouvé un nid de guêpes maçonne en terre sur la façade de notre maison en forme de poterie, très jolie.
PiKan le 19/07/2020 à 16:10
Il y avait un nid en terre accroché sur un volet roulant extérieur, et quand on l'a ouvert il s'est fait écraser.
Julie le 08/01/2020 à 11:44
Je suis très intéressée par le sujet des guêpes potières, serait-il possible d'avoir plus d'informations si vous en avez ? J'avais également une petite question concernant la localisation de cet insecte. Vous parlez de la France et plus précisément de la Corse y a-t-il d'autres régions dans le monde où les guêpes potières sont très présentes ? Savez-vous quelles sont leurs origines ? Auriez-vous également un contact avec un spécialiste de cette espèce ? Merci
Galm le 08/01/2020 à 11:44
J'ai chez moi plusieurs nids je suis dans le 42
Magnolia le 08/01/2020 à 11:44
J'ai également une invasion de cet insecte dans la Charente. J'habite dans un camping car et il y en a dans chaque placard. Je n'ai pas envie de les tuer, mais c'est très fatiguant
Sophiepic le 14/10/2019 à 21:54
Nid construit en sable aggloméré en une après-midi. Mon fils de 9 ans l'a détruit car il avait peur des piqûres. Je lui ai expliqué, nous avons observé l'oeuf et les deux chenilles "garde manger". Le lendemain, la guêpe a tout rebouché sur le même nid, après avoir examiné l'oeuf avec ses antennes. Ouf !
Oceane le 25/07/2019 à 18:38
Je vient de trouver un nid de guêpes maçonnes sur mon oreiller, elle l'a fait en même pas une journée. J'ai vu la guêpe tourner dans ma chambre ce matin et vers 18h le nid était sur mon coussin et quand je l'ai cassé celui-ci était rempli d’araignées de toutes couleurs.
Myriam_c le 25/07/2019 à 18:38
Comme environ 2 à 3 fois par an je décroche les rideaux pour laver tout ça, et hier en ouvrant un double rideau avant de le démonter j'ai trouvé... 2 nids quasiment identiques l'un au-dessus de l'autre bien blotti à l'abri (je n'avais pas déplié ce rideau cet été me contentant de fermer les volets contre la chaleur). Je les ai conservés. La nature m'épate tous les jours ne serait-ce qu'en suivant les docs animaliers sur toutes les chaînes tv que l'on peut trouver. C'est passionnant. Tout ceci pour vous dire que, comme on avait des hirondelles partout et des guêpes partout (je viens du 95 il y a très longtemps) la nature se perche là où elle peut avec le bétonnage intensif que l'on connaît. Ne les chassez pas, elles sont inoffensives, la preuve j'en ai à peine aperçu une ne sachant de quelle bestiole il s'agissait.
Noemie le 09/08/2018 à 17:41
Très joli insecte que je viens de découvrir. Merci pour cet article
Crampter le 09/08/2018 à 17:41
Je me suis fait piquer par cette guêpe maçonne j'ai eu le droit à de grosse démangeaisons