Pourquoi manger des fruits et des légumes locaux ?

Nos régions produisent des fruits et légumes, certains cultivés dans le respect de l'environnement et appartenant à un terroir bien particulier. Classiques ou variétés oubliées se côtoient sur les étals de nos producteurs locaux, n'attendant que d'être dégustées au bon moment, c'est à dire juste après la cueillette.

Tomates bio en provenance d'une ferme locale
Tomates bio en provenance d'une ferme locale

Renverser la vapeur

Depuis les années 70, les cultures intensives ont peu à peu contribué à la perte d'autonomie alimentaire des régions de notre pays. Cette dernière avoisine un taux ne dépassant pas les 25 %, car les vastes cultures céréalières ont pris le dessus, transformant les paysages en déserts verts et les parcelles en terre non fertiles, lessivées de leurs nutriments. Ces terres doivent recevoir des engrais et des pesticides à hautes doses pour demeurer productives. Les cultures qui y poussent sont destinées le plus souvent en grande partie à l'exportation, au détriment des petits producteurs mais aussi de la biodiversité. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture plus de 75% des espèces et variétés qui étaient couramment cultivées depuis le début du XXe siècle au niveau mondial ont a présent disparu.

Dans certains pays, dont la France, les agriculteurs et petits producteurs sont soumis à l'obligation d'acquérir leurs graines via 'Le Catalogue Officiel des espèces et variétés de plantes cultivées' qui comprend bon nombre d'obtentions végétales, comprenez par là, des hybrides produits par les grands groupes. Les producteurs n'ont pas le droit de ressemer leurs propres graines récoltées sur leurs cultures et sont obligés de se les procurer chaque année auprès d'un organisme officiel.

La grande distribution a faussé la donne  au fil du temps ; Les producteurs sont obligés de produire toujours plus, souvent au détriment de la qualité afin de pouvoir fournir les grandes quantités qui leur permettent de survivre tant le prix d'achat par les grandes enseignes est bas.

Acheter à de petits producteurs locaux sans passer par la grande distribution est donc d'une importance cruciale pour la pérennité de leur activité, pour la préservation de la biodiversité végétale et animale mais aussi pour donner conscience à la population qu'une logique de production et de distribution autre que massive et calibrée existe bel et bien et doit refaire surface.

Outre ces considérations, les circuits courts permettent de préserver les énergies fossiles gaspillées dans les transports longs courriers. Un fruits ou un légume peut parcourir des milliers de kilomètres avant d'atteindre nos assiettes alors que bien souvent, il pousse non loin de chez nous. Ce paradoxe doit être dénoncé d'autant que le trafic aérien, routier et maritime, en plus de puiser sur la ressource fossile engendre de multiples nuisances environnementales dont la pollution et la production de CO2, le fameux impact carbone, qui est énorme sur certains produits venus du bout du monde !

N'oublions pas que les pays occidentaux exploitent de nombreux pays, en faisant leurs jardins nourriciers à bas prix. Ces pays produisent en masse pour exporter leurs fruits et légumes, spoliant leurs ressources naturelles, dont leurs réserves en eau destinées presque exclusivement aux cultures exportées qui ne sont plus disponibles pour les populations locales. En achetant dans nos régions, nous laissons donc une chance à ces populations de pouvoir enfin jouir de leurs terres et de produire dans de meilleures conditions pour elles-mêmes et non plus pour de grands groupes peu scrupuleux.

Des motivations qui suivent le bon sens

Manger des fruits et légumes achetés à la ferme, sur les marchés, ou produits soi-même dans son jardin ou dans un jardin partagé en ville permet de retrouver le plaisir du goût, du rythme des saisons, mais aussi du partage. Fini le calibrage des supermarchés, les tomates aussi brillantes qu'insipides, les poires au goût de carton et les pêche spongieuses ! Place aux variétés oubliées, aux légumes biscornus, aux fruits regorgeant de sucs et de jus, place aux couleurs, aux saveurs !

Chaque terroir présente un climat bien particulier, une certaine catégorie de sol, une exposition bien précise et une histoire. Des fruits et légumes spécifiques y sont cultivés depuis des décennies et sont même parfois originaires de ces régions. Leur saveur est authentique, elle ne doit pas être perdue au profit de végétaux hybridés pour être plus productifs et moins sensibles aux parasites et maladies au détriment du goût.

Acheter localement permet justement de discuter avec le producteur de l'origine des produits, de reconnaître le fruit de son labeur et les efforts fournis, d'apprendre son histoire qui parfois perdure depuis des générations, de s’intéresser à l'autre et de sortir de cet isolement et cet individualisme dans lequel cette société nous plonge un peu plus chaque jour. Lorsque l'on perçoit les contraintes liées à une production respectueuse de l’environnement, au combat contre les éléments, les parasites et les maladies mené courageusement avec l'emploi de produits naturels et de techniques de développement durable, on est plus à même d'accepter le juste prix proposé par un producteur bio. En mangeant ces produits cultivés avec passion et patience, vous préservez votre santé des douches de pesticides et autres traitements subis pour la conservation de ces produits lors des transports.

Comme nous l'avons vu plus haut, consommer en circuit court permet de réduire l'impact carbone des produits, sur le transport mais aussi sur la production d'emballage plastiques élaborés à partir d’énergie fossile. Il est donc bien plus sage pour préserver la planète de consommer auprès des producteurs locaux, des légumes et fruits de saison.

Les fruits et légumes regorgent d’éléments bénéfiques pour la santé comme les vitamines, les oligoéléments ou les antioxydants. Souvent leur peau en contient de grandes quantité, il est donc intéressant de choisir un mode de production naturelle. Ces nutriments, très présents au moment de la cueillette sur un fruit ou un légume mûr sont présents en quantités bien moindres s'il n'est pas cueilli à maturité et s'il subit des traitements de conservation chimique ou par irradiation en vu d'un long transport. Tout l'intérêt et les bénéfices pour la santé sont alors perdus au profit d'un aliment à la limite du toxique.

La consommation de fruits et légumes en circuit court fait donc partie d'une logique de bon sens qui soutient tous les domaines, qu'ils soient économiques, écologiques, sociologiques ou qu'ils concernent la santé.

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