Cultiver un bananier chez soi : les variétés qui résistent au gel

Vous rêvez d'un jardin aux allures de jungle mais vous redoutez les hivers rigoureux ? Cultiver des bananiers sous nos latitudes est tout à fait possible avec les bonnes variétés et quelques gestes d'hivernage adaptés. Voici comment installer, nourrir et protéger vos plantes pour un feuillage spectaculaire chaque année.

Synthèse de l'intervention vidéo de Marc-Henri DOYON -
Cultiver un bananier chez soi © Au Jardin
Je m'abonne 
Facebook
Partager
Pinterest

Choisir la bonne variété selon son climat

Pour obtenir de beaux bananiers, il faut avant tout comprendre qu'il existe plusieurs typologies de plantes avec des tolérances au froid bien distinctes. Le bananier d'Abyssinie, ou Ensete ventricosum 'Maurelii', est une espèce peu rustique qui ne supporte pas les températures inférieures à -2 degrés. C'est une plante spectaculaire, mais qui nécessitera une culture en pot pour faciliter son hivernage en intérieur.

À l'inverse, si vous souhaitez planter directement en pleine terre, le Musella lasiocarpa, également appelé bananier lotus d'or, est un excellent choix. Il résiste à des températures avoisinant les -8 degrés et possède un feuillage épais qui ne se déchire pas facilement sous l'action du vent. Il produit également une imposante fleur jaune ou orange qui dure plusieurs mois.

Enfin, pour créer un effet de jungle gigantesque, il faudra se tourner vers les bananiers géants comme le Musa basjoo (ou Musa japonica) et le Musa sikkimensis. Ces variétés forment une souche très robuste qui, une fois bien installée, peut endurer des froids allant de -12 à -15 degrés. Si vous habitez dans une zone très ventée, privilégiez les variétés 'Mekong Giant' ou 'Sikkimensis' qui sont globalement plus résistantes que le Musa basjoo classique.

Les règles d'or de la plantation et de l'entretien

La règle fondamentale pour garantir la survie d'un bananier rustique est d'effectuer la plantation au printemps plutôt qu'à l'automne. Cette anticipation permet à la plante de développer et de fortifier sa souche tout au long de la belle saison. Ainsi, en cas d'hiver très rude, le bananier aura les réserves nécessaires pour repartir de la base au printemps suivant.

Ces plantes géantes sont de grandes gourmandes. Elles ont besoin de boire et de manger en abondance. Installez-les de préférence en plein soleil et enrichissez massivement le sol avec de la matière organique. L'apport de fumier et de compost favorise la vie du sol tout en maintenant une fraîcheur indispensable à leur croissance rapide. Un gros paillage est également recommandé pour limiter l'évaporation de l'eau durant l'été.

Les techniques d'hivernage pour les bananiers en pot

Pour les variétés cultivées en pot comme l'Ensete ventricosum, la gestion de la fin d'année est cruciale. Le pot, qui doit être percé au fond, est généralement enterré dans le jardin à partir du mois de mai. Quand arrive le mois de novembre, il faut déterrer ce pot et couper toutes les racines qui en dépassent.

L'étape suivante consiste à nettoyer la plante en coupant ses grandes feuilles pour ne conserver que le pseudotronc, appelé le stipe. La plante doit ensuite être stockée bien au sec, dans une pièce lumineuse, avec un arrosage réduit au strict minimum. Le stipe se conservera ainsi en dormance jusqu'aux beaux jours, où il redémarrera vigoureusement après sa replantation.

Protéger les bananiers en pleine terre contre le gel

Dans les régions froides où le thermomètre peut descendre très bas, les bananiers en pleine terre réclament une attention particulière. En prévision d'un grand froid annoncé, coupez les feuilles et protégez le stipe pour conserver un beau volume visuel. Enveloppez le tronc avec un film plastique pour bloquer l'humidité, puis ajoutez plusieurs couches de voile d'hivernage en recouvrant bien jusqu'au sol.

Pour les plus passionnés cherchant à sauver le stipe à tout prix, il existe une astuce redoutable. Elle consiste à enrouler une guirlande lumineuse de Noël autour du tronc avant de l'emballer dans le voile d'hivernage. Lors des pics de gel, il suffit de brancher cette guirlande : sa faible consommation électrique dégage juste assez de calories pour empêcher le cœur de la plante de geler. Si malgré tout votre stipe gèle, ne vous précipitez pas. Attendez la mi-avril pour couper les parties devenues molles, la plante finira par repartir du cœur.

Vos commentaires