Chamaedorea radicalis : le palmier du Mexique idéal pour l'ombre sèche et les jardins sans souci
Le palmier du Mexique a pour grand avantage d'apprécier l'ombre sèche, chose rare chez les autres plantes. Décoratif tout au long de l'année, il saura apporter son petit côté exotique à votre jardin. Découverte avec Marc-Henri Doyon des pépinières Ripaud de ce palmier pour les jardins d'aujourd'hui.
Chamaedorea radicalis, un palmier pour l'ombre sèche
Voici un palmier vraiment très peu connu et intéressant pour les jardins d'aujourd'hui. Ce palmier, c'est le Chamaedorea radicalis.
La forme arborescente de cette plante est intéressante pour les jardins soumis au changement climatique, parce que c'est un des très rares, pour ne pas dire le seul palmier d'ombre sèche.
On a tous remarqué que les étés devenaient maintenant de plus en plus compliqués à gérer au jardin. Traditionnellement à l'ombre, on installait des plantes de terre de bruyère comme des rhododendrons, des azalées, des camélias, etc.
Évidemment, en matière de résistance à la sécheresse ce ne sont pas des plantes idéales !
Contrairement à ces dernières, ce palmier va pouvoir vivre dans des conditions un peu difficiles et puis surtout, il nous amène un petit côté exotique qui est quand même assez sympathique au jardin.
Imaginez un grand arbre, deux ou trois palmiers en dessous, et voilà : on se croirait projeté dans un lieu lointain !
Le Chamaedorea radicalis se présente sous deux formes :
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la forme arborescente, au port érigé qui va atteindre environ 1,50 m, 2 m à l'âge adulte. Il ne pousse pas très vite. Marc-Henri nous présente des sujets âgés de 6 ans dans cette vidéo. Comme chez beaucoup de palmiers, plus le sujet est grand, donc âgé, plus il poussera vite. Au début, la croissance n'est pas très rapide et puis ensuite, avec le temps, la pousse va s'accélérer ;
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la forme cespiteuse, c'est-à-dire qui pousse en touffe et qui va demeurer plus basse et plus compacte pour créer un véritable petit bosquet exotique.
Rusticité du palmier du Mexique
La résistance au froid de ce palmier est estimée de l'ordre de -8 à -10°C. Certains pourraient dire que ce n'est pas énorme, sauf que, nous l'avons dit, on va le planter certainement sous d'autres arbres, ce qui va avoir pour effet de le protéger. Les grands arbres offrent un microclimat spécifique. Ainsi, sous un gros chêne ou sous un autre gros arbre, vous pouvez obtenir jusqu'à deux à trois degrés de plus en hiver qu'à une distance de 10 mètres de ce même arbre. Cela va donc constituer un paramètre très intéressant pour la culture de notre palmier.
C'est un palmier idéal en zone urbaine. Si on habite en ville, à l'ombre d'un immeuble, on va pouvoir facilement le cultiver en pot et se créer une petite jungle, même si on est dans un endroit où il n'y a jamais de soleil sur le feuillage.
Entretien de Chamaedorea radicalis
En termes d'exigence, on l'a dit, il est très résistant à la sécheresse. Il faudra quand même, s'il est cultivé en pot, l'arroser un petit peu de temps en temps, surtout durant la saison estivale et par temps chaud et venteux.
Pensez également à bien le nourrir parce que sur les palmiers, quand le feuillage commence à jaunir, il ne reviendra jamais bien vert d'après l'expérience de Marc-Henri. Les nouvelles feuilles pourront certes redevenir vertes, mais les feuilles qui ont jauni vont rester malheureusement jaunes, ce qui est somme toute un peu disgracieux. Mieux vaut prévenir que guérir !
C'est tout simple, s'il est cultivé en pot, Marc-Henri nous conseille d'ajouter une couche de 5 cm de fumier composté en début de printemps et le palmier en profitera durant toute la saison.
Multiplication du Chamaedorea radicalis
En termes de multiplication, c'est un palmier qui, comme la majeure partie des palmiers, se multiplie à partir des graines. Marc-Henri nous présente un sujet qui va faire des graines. Il nous montre la fleur mâle ainsi que la fleur femelle.
Les fruits, portés en grappes, vont devenir rouges. On va donc pouvoir les semer une fois qu'ils seront bien colorés de rouge. Marc-Henri nous souhaite bon courage pour trouver des graines. Il n'y en a quasiment jamais à vendre.
Chez Ripaud Pépinières, les graines sont récoltées sur les gros pieds âgés. Attention, le semis prend du temps, il faut plusieurs mois pour que la graine germe et obtenir au bout d'un an un palmier de 10 cm de hauteur. Ensuite, la croissance va s'accélérer.
Maladies et ravageurs du palmier du Mexique
En termes de ravageurs et de maladies, il n'y a rien de particulier à signaler.
À priori, ce palmier est très intéressant, parce qu'on le sait désormais, il y a des nouveaux insectes qui s'attaquent aux palmiers.
Ces insectes, comme le charançon rouge (Rhynchophorus ferrugineus) ou un papillon (Paysandisia archon), produisent des larves capables de dévorer le cœur des palmiers et de les tuer. Lorsque l'on commence à constater les dégâts, il est souvent trop tard.
Ce palmier-là, présente un stipe très fin. Marc-Henri précise, pour ceux qui ne connaissent pas le langage botanique, que le stipe, est le terme exact utilisé pour définir le 'tronc' du palmier. Comme ce palmier a un tronc très fin, les insectes ne s'y intéressent, pour ainsi dire, pas du tout.
Donc c'est vrai que cela constitue un atout majeur, notamment dans le sud de la France, parce que là où d'autres espèces de palmiers, comme Phoenix canariensis, vont se faire dévorer de l'intérieur, celui-là, ne sera pas attaqué.
On constate donc que finalement, ce palmier a tout pour plaire ! Marc-Henri ne comprend d'ailleurs pas pourquoi il est aussi peu connu. Peut-être parce que sa multiplication est un peu plus compliquée que les autres et qu'il est plus difficile à trouver.
En tout cas, il nous invite à essayer Chamaedorea radicalis sous sa forme arborescente pour créer un petit coin de jungle résistante à la sécheresse.
Entretien du Chamaedorea radicalis
En matière d'entretien, comme pour tous les autres palmiers, cela demeure assez simple. On va juste tailler les feuilles fanées au fur et à mesure qu'elles apparaissent pour redonner un bel aspect à la plante.
Sinon, niveau entretien, rien de spécifique à faire.
Un palmier d'intérieur ?
Ce qui est particulier avec ce palmier, c'est qu'il va pouvoir être également cultivé en intérieur.
En fait, comme il est adapté aux situations sèches, cela tombe plutôt bien, car souvent, dans les maisons, on va avoir un faible taux d'hygrométrie (humidité).
Marc-Henri conseille ce palmier dans une pièce où il n'y a vraiment jamais de soleil direct. Il va tout de suite amener un petit côté exotique à votre intérieur ou même dans un bureau.
Il est vrai que ces formes de feuilles très découpées sont souvent utilisées en déco. Ce côté exotique est notamment assez tendance sur les tapisseries, les rideaux, les coussins ou même dans l'habillement.
Bref, le Chamaedorea radicalis est un palmier qui va pouvoir facilement se cultiver en intérieur, en pot, mais aussi au jardin pour peu que le gel ne sévisse pas trop fort dans votre région.
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