Les hémiptères : pucerons, aleurodes, cochenilles et cigales

De nombreuses bestioles peu appréciées du jardinier cohabitent dans le vaste ordre des hémiptères. Parmi elles, les cochenilles, les pucerons, les aleurodes et les punaises sont les plus connues et les plus gênantes face aux cultures. Pourtant ces animaux font partie intégrante de la biodiversité, trouvent leur place dans la chaîne alimentaire et servent parfois même de fond sonore comme l'irremplaçable cigale en Provence.

Gendarme, Suisse, Pyrrhocoris apterus
Gendarme, Suisse, Pyrrhocoris apterus
Gendarme, Suisse, Pyrrhocoris apterus
Corée marginée, Coreus marginatus
Cigale, Cicada orni
Cercope des prés, Philaenus spumarius
Puceron vert, Aphis pomi
Cochenille farineuse, Pseudococcus longispinus
Mouche blanche, Aleurode, Trialeurodes vaporariorum
Cicadelle pruineuse, Metcalfa pruinosa
Punaise verte, Palomena prasina
Araignée d'eau, Patineur, Gerris lacustris
Notonecte glauque, Notonecta glauca
Puceron jaune, Aphis nerii
Réduve irascible, Rhynocoris iracundus
Cercope sanguin, Cercopis vulnerata
Punaise arlequin, Punaise rayée, Graphosoma lineatum
Membracide bison, Stictocephala bisonia

Un ordre remis en ordre

L’ordre des Hémiptères (Hemiptera) comprend plus de 100 000 espèces d'insectes autrefois classées en deux sous-ordres (Hétéroptères et homoptères) basés sur le positionnement du rostre et sur la structure des ailes, ce qui était un peu restrictif et surtout peu réaliste quant à la systématique biologique. Il est a présent divisé en 3 sous-ordres  :

  • Le sous-ordre Heteroptera (hétéroptères), comprend 30 000 espèces d'insectes que l'on nomme communément « Punaises ». Ces animaux terrestres ou aquatiques le plus souvent phytophage (85%), carnivores ou hématophages (punaise des lits) présentent un appareil buccal adapté à la succion. Parmi les plus communes au jardin, citons la punaise verte (Palomena prasina) dégageant une odeur très caractéristique ou le gendarme (Pyrrhocoris apterus) rouge à points noirs.

  • Auchenorrhyncha est le sous-ordre dans lequel étaient classés de nombreux homoptères. Il comprend des insectes dont le rostre se prolonge jusqu'à la tête, avec des yeux composés et des ocelles, souvent des pattes postérieures permettant le saut et surtout un organe de cymbalisation dans l'abdomen du mâle. Cet ordre est divisé en deux infra-ordre : Cicadomorpha qui compte parmi ses rangs les fameuses cigales et Fulgoromorpha qui comprend les cicadelles bien connues pour leurs étranges protections larvaires ressemblant à de la mousse déposée sur le feuillage.

  • Sternorrhyncha est le sous-ordre qui abrite les cochenilles et pucerons, fameux ennemis du jardinier, mais aussi les psylles et les aleurodes. Tous ces insectes piqueurs/suceurs dont le rostre est positionné sur la partie inférieure de la tête entre les pattes antérieure exsudent un miellat collant vecteur de fumagine (maladie cryptogamique) et de viroses. N'oublions pas le phylloxera si célèbre pour ses dégâts causés dans les vignobles (Daktulosphaira vitifoliae) et sur les vergers de poires (Aphanostigma piri). Parmi les Phylloxeridae, les aldeges ou 'pucerons des conifères' responsables de la formations de galles sur leurs arbres de prédilection.

Caractéristiques communes aux hémiptères

Les membres de l'ordre Hemiptera sont des animaux hétérométaboles pour la plupart, c'est à dire que la larve ne passe pas par le stade immobile de chrysalide avant la transformation en imago.

La plupart des insectes de cet ordre est phytophage (plus de 85 %), c'est à dire qu'ils se nourrissent de plantes dont ils sucent la sève.

Piqueurs/suceurs, ils possèdent tous une pièce buccale formant un rostre pointu afin de piquer les végétaux puis d'extraire leur sève. Notons que chez certaines espèces ce rostre sert à sucer le sang ou les liquides internes de leurs proies mais ils sont minoritaires.

Bien que diversifiés selon leurs structures, les hémiptères présentent tous deux paires d'ailes membraneuses et en partie cornées notamment sur la paire d'ailes antérieures nommées dans ce cas « hémélytres ». Seule la partie basale de l'aile est cornée, le reste demeure membraneux. Notons que chez certaines espèces de cochenilles, les femelles sont aptères.

Les hémiptères présentent tous des antennes composées de 3 à 11 articles, encore une fois, l'exception existe chez la cochenille femelle dont les antennes sont inexistantes.

Régime alimentaire des hémiptères

Les animaux composant cet ordre se nourrissent exclusivement de liquides pompés dans les végétaux ou plus rarement les animaux.

Les insectes phytophages de cet ordre s'attaquent au phloème des plantes c'est à dire au tissu vascularisé qui conduit la sève élaborée, chose qui pose évidemment des problèmes sur les cultures. Les plantes sont alors affaiblies, d'autant que ces insectes excrètent un miellat favorisant l'apparition de la fumagine et de viroses.

Les insectes zoophages de cet ordre sont en revanches de très bons auxiliaires dans la lutte biologique contre les ravageurs. C'est le cas de certaines punaises qui piquent leurs proies avec leur pièce buccale avant d'injecter des enzymes qui leur permettront de liquéfier le contenu du corps afin de l'aspirer ! Parmi elles : Orius laevigatus redoutable contre les thrips, Geocoris appréciant particulièrement les pucerons et les cochenilles, tout comme Heterotomata, Pilophorus ou Stethoconus cyrtopeltis utilisé dans la lutte contre le tigre du poirier. Podisus maculiventris trouve une fonction efficace dans la lutte contre les doryphores et de nombreux lépidoptères dont les larves ravages les vergers.

Cycle de vie des hémiptères

Hétérométaboles, les hémiptères ne subissent pas plusieurs métamorphoses entre l’œuf et le stade adulte (imago) pas plus que d'immobilisation sous forme de chrysalide, de pupe ou de cocon. Une fois sorti de l'œuf, l'individu juvénile va se développer en plusieurs stades (de 3 à 7 selon les espèces) subissant plusieurs mues au cours desquelles il va grandir, se colorer, voir ses ailes se former.

L'individu juvénile ressemble souvent par sa forme à l'imago mais il est de taille beaucoup plus petite et il demeure incomplet jusqu'à la dernière mue dite « imaginale » où il prendra alors toutes les caractéristiques de la forme adulte.

Le stade intermédiaire entre l'éclosion de l’œuf et la forme adulte peut prendre quelques jours à plusieurs années, par exemple chez la cigale dont la forme juvénile peut vivre enfouie sous terre durant 7 ans.

Vous pouvez nous soumettre vos plus belles photos d'hémiptères absents de cette galerie (votre nom et prénom seront associés à la photo).

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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • Elisabeth Bermont
    Voici 2 ans que mes plantes sont envahies par les aleurodes,,,,,, les produits st chers et peu efficaces compte tenu de l'environnement .Quelqu'un a-t-il (elle) une solution valable ? merci,,,,,,
    Répondre à Elisabeth Bermont
    Le 05/11/2012 à 12:04