A LA UNE »
Poulet basquaise

La serfouette, instrument indispensable au jardin

Découvrez la serfouette et son histoire

Une serfouette
Une serfouette

L'origine du mot serfouette, quelquefois appelée binochon, bêchelon ou marochon selon les régions et les époques, est issue du latin « circumfodere » : Creuser autour. Cet outil possède encore son verbe: Serfouir; le vieux français lui en attribuait deux de plus, serfouer et serfouetter. L'opération effectuée avec cet instrument est le serfouissage ou le serfouage.

Le « Bon jardinier », almanach pour l'année 1829, en fait la description suivante de la sefouette : «C'est une binette très étroite, dont le coté opposé à celui de la lame a ordinairement deux dents aussi longues que cette lame. On s'en sert pour serfouir la terre autour des petites plantes trop rapprochées pour y faire passer la binette. »

binette très étroite

En fait cet outil, déjà connu au temps des romains, se décline en d'autres formes: Une panne à fer rectangulaire d'un coté et une fourche de l'autre, une panne d'un coté et une langue de l'autre; moins courant, une langue d'un coté et une fourche de l'autre. Encore plus rares sont celles portant deux houes ou deux langues de tailles différentes.

Serfouette belgeOn nomme donc généralement serfouette tout instrument muni d'une douille courte portant deux fers opposés sensiblement dissemblables. Légère et aisément maniable, elle est très prisée des jardiniers pour sa polyvalence facilitant l'entretien des planches légumières et des massifs de fleurs. En fonction de sa forme on peut sarcler, biner, creuser, griffer, ameublir la terre entre les plantes, piocher ou sillonner. La longueur totale de son fer, peu épais, qu'il est préférable de choisir forgé que soudé, varie selon les modèles entre 20 et 30 cm. Le manche mesure ordinairement de 1,00 à 1,30 m.

La « grande serfouette » ou « serfouette vigneronne » était autrefois largement utilisée pour la viticulture et l'agriculture, en terrains plus ingrats. Plus lourde et plus robuste que la version horticole, on l'employait pour sarcler et piocher autour des pieds de vigne, biner les champs de légumes. Vers 1920 encore, dans une France rurale peu mécanisée, les dessins de modèles régionaux pouvaient emplir une page entière d'un catalogue d'outillage français.

Bref, le bon jardinier aura toujours besoin de notre sympathique serfouette. Serfouissez donc, serfouissez encore et souvent au pied de vos plantes. Leur beauté et leur santé en dépend.

Frédéric DESCHAUME

Lire aussi
La feuille, l'élément indispensable à la survie des plantes La feuille, l'élément indispensable à la survie des plantes

Les plantes et les arbres ne sauraient vivre sans feuilles. Grâce aux feuilles, la plante capte et sépare le CO2 pour se nourrir mais aussi synthétise les acides animés. Ces[...]

Favoriser les auxiliaires au jardin Favoriser les auxiliaires au jardin

La bonne santé d'un jardin dépend de nombreux facteurs générant un équilibre indispensable à l'interactivité entre plantes et animaux. Cette diversité biologique va aider le jardinier à lutter de...

Didier Danet, Le Jardin Jour & nuit pour Ma Maison, Mon Jardin Didier Danet, Le Jardin Jour & nuit pour Ma Maison, Mon Jardin

Dans le cadre de Jardins jardin 2014 aux Tuileries, Didier DANET a proposé pour Ma Maison, Mon Jardin, une vision conceptuelle d'un jardin de jour et de nuit. Le parcours[...]

Le jardin après la pluie Le jardin après la pluie

La pluie est source de vie au jardin mais elle peut parfois occasionner quelques dégâts lorsqu'elle tombe en abondance. Voyons comment aborder le jardin après une ondée.

Vos commentairesAjouter un commentaire