Comprendre les Palmiers (Palmacées / Arécacées)
Originaires des zones chaudes du globe, les palmiers apportent une touche d’exotisme non négligeable à votre décor. Coutumiers des littoraux méditerranéens, leur port élégant et leur feuillages originaux ne cessent de séduire les amateurs de plantes qui rêvent de les acclimater dans leurs jardins.
Botanique et morphologie
La famille des Arécacées
Issus de la famille des Palmacées ou Arécacées, les palmiers regroupent 2700 espèces de plantes monocotylédones arborescentes. De par leurs spécificités botaniques, les palmiers s’apparentent aux herbes.
Le Stipe (et non le tronc)
Le stipe est le nom donné à la tige robuste des palmiers. Pour les palmiers, on ne parlera donc jamais de tronc.
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Formation : Il s’agit d’un emboîtement d’anciennes gaines foliaires imbriquées les unes dans les autres, résultant de la chute des feuilles induite par la croissance de la plante.
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Structure : Ce stipe est une tige remplie de moelle ou de fibres. Il est reconnaissable par son diamètre constant qui ne varie pas du pied jusqu’au bouquet de feuilles.
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Ramification : Le stipe ne se ramifie pas sauf à de rares exceptions. On parlera alors de "cépées" lorsque des tiges multiples naissent au niveau du sol (ex: Chamaedorea seifrizii).
Le Feuillage
Les feuilles, disposées au sommet du stipe, sont souvent larges et très découpées. On distingue deux formes principales :
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Pennées : Les folioles sont réparties de part et d’autre de la nervure (ex: Cocos nucifera, Phoenix canariensis).
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Palmées (ou flabelliformes) : En forme d'éventail (ex: Chamaerops).
Fleurs et Fruits
L'inflorescence (spadice) est formée d'un épi entouré d'une grande bractée appelée "spathe". Chez certains genres, l'épi peut porter plus de 2 000 fleurs. Les fruits ont une chair comestible tendre chez le dattier (Phoenix dactylifera) ou dure chez le cocotier.
Multiplication : le semis avant tout
Il est impossible de bouturer ou de greffer les palmiers. La seule méthode de multiplication reste le semis de graines, de préférence sur couche chaude.
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Le substrat : Les petites graines seront plantées dans un mélange à dominante sableuse.
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La profondeur : Elles doivent être recouvertes d’une épaisseur de substrat égale à leur taille. Les très grosses graines (comme celles des cocotiers) seront à moitié enterrées.
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La patience : La germination est très lente (2 à 3 mois).
Note sur les rejets : Certaines espèces produisent des rejets à leur pied. Il est possible de les séparer délicatement pour les replanter, en prenant soin de prélever une tige déjà bien enracinée. Toutefois, la réussite reste aléatoire ; le semis est sans conteste la seule manière sûre de multiplier les palmiers.
Culture et espèces en Europe
Vous pouvez cultiver certaines espèces dans vos jardins, même si seulement deux poussent naturellement en Europe : le Chamaerops humilis et le Phoenix theophrastii.
Voici les espèces recommandées selon vos besoins :
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Le plus rustique : Rhapidophyllum hystrix. Bien qu'assez rare, c'est une des espèces les plus résistantes au froid (-20°C). Les pays du Nord l'ont adopté.
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Le plus courant : Trachycarpus fortunei. Très présent sur la Côte d'Azur, c'est la plus cultivée des espèces dites rustiques. Une fois installé, il survit à -15°C. Attention : il peut avoir une croissance très rapide et prendre des proportions inattendues.
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Pour les petits jardins : Brahea armata (Palmier bleu du Mexique). Recommandé car sa croissance est très lente.
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Pour la terrasse ou les pots : Chamaerops humilis. Il possède une grande capacité d'adaptation (terrains secs, embruns). Très présent en jardinerie, il est idéal pour donner une note d'exotisme à votre décor.
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