Margousier, Neem, Cèdre indien, Lilas des indes, Azadira d'Inde

Azadirachta indica, neem ou margousier, est un arbre aux usages multiples, utilisé en agroforesterie. Insecticide et insectifuge, c’est à la fois un pesticide naturel et une plante médicinale. Peu rustique, il fait toutefois une plante en pot assez facile à maintenir.

Margousier, Neem, Azadirachta indica

Botanique

N. scientifique Azadirachta indica
Synonymes Antelaea azadirachta, Melia azadirachta, Melia indica
Famille Méliacées
Origine Inde
Floraison fin d'hiver
Fleurs blanc
Typearbre subtropicale et xérophyte
Végétationvivace
Feuillage persistant
Hauteur3 à 30 m
Toxicitéles fruits sont utilisés pour produire de l'huile de neem

Planter et cultiver

Rusticité a réserver aux régions sud et à protéger des vents froids, jusqu'à -4 °C
Exposition semi-ombragée à très ensoleillée
Solmélange de terreau et de terre pour une culture en serre, sableux et bien drainé en extérieur
Acidité acide à neutre
Humidité normal à un peu sec
Utilisationcultivé en conteneur en zone gélive, agroforesterie, plante médicinale, plante insectifuge et insecticide, amélioration des sols, bois d'œuvre
Plantationprintemps
Multiplicationsemis au printemps, bouturage en été, boutures de racines, marcottes
Taillepas de taille nécessaire
Sensibilité les araignées rouges
Margousier, Neem, Azadirachta indica

Azadirachta indica, appelé couramment neem, lilas des Indes, margousier ou encore azadira d’Inde, est un arbre persistant appartenant à la famille des Méliacées, qui comprend entre autres les différentes essences d’arbres qui donnent l’acajou.

L’origine géographique de Azadirachta indica se situe en Asie de l’Est : Inde, Bangladesh et Myanmar, croissant naturellement dans les forêts mixtes en climat chaud. Cependant, le margousier est très utilisé pour son bois, en tant qu’espèce médicinale et comme pesticide naturel, notamment en Inde ; il tolère tant de conditions de croissance qu’il est aujourd’hui présent partout dans le monde dès que le climat le permet. Il est en outre très utile en agroforesterie.

Peu rustique en France, le neem peut être cultivé en pot, comme une plante d’intérieur ou de serre, ou sur la côte méditerranéenne éventuellement.

Description du neem

Azadirachta indica est un arbre pouvant atteindre 30 m de hauteur. Il vit jusqu’à 200 ans et montre une croissance rapide à partir de sa deuxième année. Il forme un houppier large avec un feuillage léger produisant une ombre intéressante, notamment pour cultiver en dessous. Son tronc est plutôt court et moyennement épais, son écorce est grise, sillonnée. Son bois est rouge comme l’acajou.

Lorsque le sol le permet, il développe une racine pivotante qui descend en profondeur, capable d’aller chercher la nappe phréatique à plus de 10 m de profondeur. Son système racinaire est particulièrement développé et lui permet de trouver l’eau du sol là où elle est rare. Son feuillage est persistant, mais l’arbre peut se débarrasser de ses feuilles pendant une sécheresse prolongée et les renouveler en 3 semaines dès qu’il pleut.

Ses feuilles, longues de 35 cm sont alternes, composées de 7 à 17 folioles simples, mais dentées, de 6 à 8 cm. Elles sont agréablement parfumées.

Le neem produit des grappes axillaires, de petites fleurs blanches, en étoiles, bisexuées. Ces fleurs sentent le miel et sont d’ailleurs mellifères

Elles se transforment en fruit ellipsoïde de 2 cm, qui devient jaune à maturité. Ce fruit charnu est sucré, il contient une graine (coque et noyau).

Azadirachta indica contient des alcaloïdes, notamment, des molécules actives et toxiques, mais en différente concentration selon la génétique de l’arbre, sa zone de culture et la partie du végétal concerné. Ce sont ses noyaux qui en contiennent le plus.

Ne pas confondre : Melia azedarach, le lilas de Perse, plus rustique, porte également le nom de neem ou de margousier. Cet arbre originaire d’Asie occidentale, appelé aussi parfois faux neem, est de la même famille que Azadirachta indica, et a une meilleure rusticité (spécimen au jardin de Strasbourg qui a résisté à -14 °C). Les feuilles sont doublement composées et son feuillage est caduc. Chez le « vrai » neem, les feuilles sont simplement composées et persistantes.

Pour ne pas arranger les confusions, Azadirachta indica a pour ancien synonyme Melia azadirachta.

Autre confusion possible : le lilas des indes est un nom vernaculaire que l’on donne aussi aux Lagerstroemia.

Comment cultiver le margousier ?

Azadirachta indica est une plante de région chaude, tropicale à aride. Elle a d’ailleurs les caractéristiques d’une plante xérophyte et se montre très résistante au sec.

C’est en fait un arbre particulièrement résistant qui supporte de nombreuses conditions de culture, capable de croître en terre acide ou basique (d’un pH compris entre 5 et 8,5). Il accepte la pollution atmosphérique, les sols salins, sablonneux, graveleux ou calcaires et même argileux.

Ce qu’il ne supporte pas, par contre, c’est de rester dans une terre toujours humide.

Autre élément limitant, la température, notamment les gelées : Azadirachta indica commence à souffrir à partir de -1 °C, et supporte au mieux jusqu’à - 4,5 °C, une gelée qui lui fait perdre ses tiges aériennes, mais où il repart des racines.

Il supporte en revanche des chaleurs atteignant les 55 °C.

Le margousier commence à fleurir et à fructifier à partir de 4 ou 5 ans, devenant très productif à 10 ans : ses noyaux permettent de produire de l’huile de neem.

Un neem mature a besoin d’une exposition ensoleillée pour vivre, mais les plantes juvéniles nécessitent de rester à l’ombre, ce qui permet de cultiver de jeunes plants en pot en intérieur pendant plusieurs années. Avec ses belles feuilles composées, il est d’ailleurs assez décoratif et il n’est pas rare qu’il fleurisse en pot au bout de quelques années.

Garder le margousier en conteneur permet de l’hiverner à l’abri du froid en hiver, en serre, en véranda ou dans la maison, puis de l’installer dehors pendant la belle saison. Ce qui peut être utile pour tester ses feuilles en tant qu’insectifuge.

Taille et recépage

Azadirachta indica montre une résilience à toute épreuve concernant la taille ou les divers dommages physiques dus aux tempêtes ; ainsi il peut être taillé ou recépé à volonté, et même les racines coupées referont très facilement des rejets.

Divers utilisations de Azadirachta indica

Écologie

Le margousier est très utile en agroforesterie. Il maintient les sols fragiles comme les dunes, et ombre les cultures de ses branches peu ramifiées.

Il a un effet notable d’amélioration du sol, notamment de désacidification : en effet, les feuilles de neem qui tombent contiennent du calcium. Également parce que ses racines absorbent d’autres nutriments très profonds dans le sol pour les restituer en surface avec les feuilles mortes.

Son ombrage agréable, possible dans les conditions arides ou de sols difficiles, le rend également précieux. Il est aussi utilisé pour faire les alignements urbains.

En taillis, les margousiers font un bon coupe-vent. Ils peuvent être recépés ou taillés en haie régulièrement.

Usages médicinales

En Inde, le margousier est très utilisé, notamment sous forme de tisane de feuilles, presque comme une panacée. Il est détoxifiant, antiparasitaire (pour parasites internes ou externes comme les poux), anti-inflammatoire, antifièvre, désinfectant, antipaludique, spermaticide..

Son usage est déconseillé pour les enfants, les personnes âgées, enceintes ou fragiles et doit rester toujours ponctuel.

Le margousier est en même temps toxique, médicinal et comestible dans certains pays (Fruits, Feuilles, Fleurs, Sève). Le neem produit une huile de neem, dont les usages nombreux (savon, antiparasitaire, désinfectant, insecticide) sont parfois contestés, car toxique.

Rôle insecticide et insectifuge

La matière active, l’azadirachtine, est proche de l’hormone de mue des insectes, tandis qu’une autre molécule, la nimbidine joue un rôle de répulsif. L’azadirachtine est un insecticide systémique parfois injecté dans les troncs des arbres ou palmiers à des fins curatives.

L’huile de neem en tant qu’insecticide fait l’objet d’usages en traitement phytosanitaires controversés, car elle est létale pour tous les insectes, même ceux très utiles comme les bourdons, et contient de plus des perturbateurs endocriniens. Néanmoins, la matière active est détruite par la chaleur et le soleil en une semaine. Son usage implique qu’il soit très ponctuel.

Le purin de feuilles ou de fruits concassés, mariné 24 heures, est utilisé pour traiter les pucerons, les chenilles et autres prédateurs végétaux. Il aurait également une efficacité contre certaines maladies cryptogamiques.

Le feuillage du margousier est insectifuge, notamment lorsqu’il est brûlé. Cependant simplement en pailler une serre permettrait de limiter l’attaque des insectes, cochenilles et araignées rouges. Le feuillage séché peut être utilisé à la place de la naphtaline.

L’arbre vivant en lui-même serait un régulateur de la prolifération des insectes avec un effet insectifuge. (vrai ou faux ?).

Autre usage

Le bois de neem est rugueux et rouge, comme un acajou. Il est couramment utilisé pour faire des meubles, des piquets ou des caisses d’emballage parce que ce bois est naturellement insectifuge.

Comment semer Azadirachta indica ?

Ce margousier est assez rare en France, et son semis est certainement la meilleure façon de se le procurer.

Le semis à partir de graines fraiches (jusqu’à 6 mois après la maturité du fruit) est le plus simple.

La graine est débarrassée de la chair du fruit, puis semée dans un terreau sablonneux enterrée de 2 à 5 cm. Ce semis est maintenu mouillé jusqu’à la germination et au chaud (plus de 20 °C et à l’ombre.

Les graines seront espacées d’un minimum de 15 cm ou semées chacune dans leur pot. La germination doit être rapide. Les plantules montreront 2 paires de feuilles en 2 mois. Si elles sont à plusieurs dans un pot, ne gardez que la plus belle ou repiquez individuellement en pot profond au plus tard à 2 mois.

Si les graines n’ont pas germé rapidement c’est qu’elles sont plus vieilles et sèches. Elles seront alors trempées puis leur tégument sera usé à la toile émeri avant de les semer à nouveau. Ces graines moins fraiches ont une germination moins fiable, mais au moins 1 sur 2 germeront.

Le margousier peut aussi être reproduit par marcotte, boutures de racine, divisions de rejets (qui apparaissent lors de perturbation des racines.

Espèces et variétés de Azadirachta

Le genre comprend 3 à 5 espèces

  • Azadirachta indica l'espèce type
  • Azadirachta excelsa, une espèce de Malaisie
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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • Willy (Gabon)
    Quelles sont les techniques de multiplication du neem ?
    Répondre à Willy
    Le 04/11/2015 à 14:04