Cruche à eau d'Albany, Céphalotus

Cruche à eau d'Albany, Cephalotus follicularis

Botanique

Nom latin  : Cephalotus follicularis
Famille  : Céphalotacées
Origine  : Sud-Ouest de l'Australie
Période de floraison : juin à septembre
Couleur des fleurs  : blanche ou vert très pâle, sans pétales
Type de plante : plante carnivore
Type de végétation : vivace
Type de feuillage  : persistant si la plante est protégée des gelées
Hauteur : plante 7 cm, floraison jusqu'à 60 cm
Toxicité : aucun risque ni pour vos doigts ni pour vos animaux de compagnies

Planter et cultiver

Rusticité  : résiste à de faibles gelées, -5°C
Exposition  : ensoleillée à mi-ombre
Type de sol : tourbeux et sablonneux, pauvre en matière organique
Acidité du sol  : acide à neutre
Humidité du sol  : toujours frais
Utilisation : pot, terrarium, serre maintenue hors gel de préférence
Plantation, rempotage : pas de période préférentielle - éviter de déranger les racines dans la mesure du possible
Méthode de multiplication : bouturage de feuilles et de racines, division de touffes, semis au chaud après 3 mois de stratification des graines
Taille : pas de taille
Maladies et ravageurs : champignons en cas de conditions trop humides et peu lumineuses persistantes, limaces, pucerons, cochenilles 

Cephalotus follicularis, la cruche à eau d’Albanie est une plante carnivore vivace appartenant à la famille des Céphalotacées. C’est d’ailleurs l’unique espèce représentante de cette famille. Elle est originaire d’extrême sud-ouest de l’Australie, très localisée sur la côte, dans les tourbières ou sur les talus sablonneux et ruisselants face à la mer. Le céphalotus est une plante carnivore miniature dont les pièges rappellent ceux des népenthès. Issu d’un climat plutôt méditerranéen, le céphalotus n’est pourtant pas des plus aisés à cultiver, notamment au niveau de la gestion de l’arrosage.

Description du cephalotus

Cephalotus follicularis forme une rosette basale prostrée, comportant des feuilles ordinaires et des feuilles à urne, le tout large de 6 à 10 cm. Elle développe à la longue un rhizome portant de petites colonies de rosettes rapprochées. Ses feuilles non carnivores se développent les premières au printemps : lancéolées, vert clair, et velues. Elles se renouvellent chaque année. Les feuilles à pièges suivent vers la fin du printemps ; le piège est en forme d’outre ventrue posée sur le sol, elles sont carénées de 3 ailes poilues. Verte à rouge sombre, l’urne de 2 à 4 cm, rarement 6 cm, se tient droite, surmontée d’un chapeau strié rouge et vert. L’urne renferme une solution d’enzymes digestives : les insectes attirés par les couleurs et les glandes à nectars glissent à l’intérieur sans aucune chance de pouvoir en ressortir. Ils apportent la matière organique dont le milieu de vie du cephalotus est dépourvu.

Les petites fleurs au calice en étoile épais et blanchâtre s’épanouissent sur une haute tige. Elles sont autofécondes et produisent chacune environ 1 à 12 graines.

Les racines du céphalotus sont fines, fragiles et cassantes.

Comment cultiver la cruche à eau d’Albanie ?

Très peu rustique, le céphalotus ne supporte que quelques gelées brèves très limitées, et sera cultivé généralement en pot. On lui choisit un pot assez grand et profond d’un minimum de 25 cm, au fond percé. Le substrat convenu contient maximum 50 % de tourbe, à laquelle on ajoute 50 % de sable siliceux, ou un mélange sable siliceux et vermiculite. Le résultat doit être aéré et drainant.

Cephalotus follicularis demande une exposition d’ombre claire, ou la mi-ombre. Ses outres sont plus grandes à l’ombre, mais restent vertes. On estime que 4 heures d’ensoleillements par jours sont le minimum pour qu’il soit en très bonne santé.

Il supporte des températures comprises entre 2 °C et 35 °C, selon les saisons. 

La cruche à eau d’Albanie est surtout fragile aux excès d’eau. Les arrosages sont faits exclusivement à l’eau de pluie, pas d’eau du robinet ni d’eau minérale, sachant que le sol doit rester frais en permanence, mais ne jamais être gorgé d’eau. Un sol trop humide et c’est la mort assurée. Donc, on lui administre plutôt des arrosages par le bas, mais en enlevant toujours les excès d’eau non absorbés au bout d’une heure.

Entretien du céphalotus

Les apports d’engrais au niveau des racines sont fatals à la plante. Certains cultivateurs mettent dans une urne quelques gouttes d’une solution d’engrais à orchidée 5 fois plus diluée que ce que conseille la notice.

Le céphalotus est fragile au rempotage à cause de ses racines cassantes. Sa terre n’est renouvelée seulement que tous les 2 ou 3 ans, tôt au printemps ou en fin d’hiver, en essayant de casser le moins de racines possible.

Comment multiplier le céphalotus ?

Par semis, à 20 °C et à l’étouffée dans un sac plastique.

Par bouture de feuilles, à piège ou non. Au printemps, une belle feuille est prélevée avec le maximum de son pétiole. Le pétiole est complètement enterré dans un substrat avec une part encore plus importante de sable. La bouture est maintenue à l’étouffée, à l’ombre et à 20 ° C.

Bien que déconseillée, une division est possible au moment du rempotage

Le saviez-vous ?

Les Cephalotus produisent des hampes florales très hautes afin de maintenir les insectes pollinisateurs éloignés des pièges mortels. C’est un système commun à beaucoup de plantes carnivores, particulièrement dans le genre Drosera.

En culture, cultiver cette plante au soleil ou à l’ombre est un dilemme : dans le premier cas, la plante produira de superbes urnes très colorées, tandis que dans le second elles seront moins colorées mais de plus grande taille ! De manière générale, les plantes cultivées sous une forte luminosité sont les plus productrices d’urnes et sont moins vulnérables aux attaques de champignons pathogènes comme le botrytis.

Sa croissance est particulièrement lente mais les feuilles sont extrêmement durables. Les cultivars (voir ci-dessus) produisent des urnes qui mesurent jusqu’à 8 cm de longueur s’ils sont cultivés dans de bonnes conditions, mais cela peut prendre des années. La taille moyenne se situe autour de 5 cm par piège pour une plante adulte.

Espèces et variétés de Cephalotus

Le genre Cephalotus est monospécifique mais plusieurs cultivars existent, parmi lesquels le 'Giant', 'Hummer's Giant' et 'German Giant', dont les différences résident essentiellement dans la taille et dans la couleur des pièges. Tous restent relativement semblables à l'espèce.

  • Cephalotus follicularis ‘Eden Giant’ un peu plus grande
  • Cephalotus follicularis ‘Hummer’s Giant’, avec des urnes de 6 à 8 cm
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