A LA UNE »
Cake à la carotte

La couleuvre vipérine, un serpent inoffensif de zones humides

Elle glisse entre les Carex, nage avec aisance, plonge de longues minutes, l'eau est son territoire de chasse : la couleuvre vipérine est un serpent commun des zones humides.

La couleuvre vipérine, un serpent de zones humides à protéger
La couleuvre vipérine, un serpent de zones humides à protéger

Couleuvre ou vipère ?

Les vipères savent, mais n'aiment pas nager, pourtant on entend souvent rapporter des récits de rencontres effrayantes avec une vipère lors de baignades dans une rivière. L'objet de tant d'effroi est la couleuvre vipérine, Natrix maura, nageant et plongeant dans les eaux calmes, son corps fin imitant les serpents craints pour leurs venins. Cette ressemblance, si elle permet d'effrayer ses prédateurs, lui vaut régulièrement d'être abattue par les hommes. Elle est pourtant inoffensive, dépourvue de venin. Une observation attentive permet de la reconnaître sans doute possible.

Tête en triangle, corps tacheté

Longue de 70 à 80 cm, atteignant même 1 m pour les femelles, la couleuvre vipérine montre bien la pupille typiquement ronde de sa famille. Mais sa queue de taille moyenne pourrait ressembler aux queues courtes des vipères, son dos brun-rouge à grisâtre parsemé de deux rangées de marques noires évoque aussi la coloration des vipères. Sans compter sa tête en triangle, pour parfaire la confusion. Là s'arrête les caractères « vipérins » de Natrix maura. Ses écailles sur la tête sont grosses, celles entourant les yeux vont par paire, deux en avant, deux en arrière. Et surtout elle n'a pas de venin.

Une vie mi-terrestre, mi-aquatique

Bonnes nageuses, les couleuvres vipérines se rencontrent dans les zones de rivière à courant modéré, les mares et étangs, les fossés et prés inondables. Les berges sont leur territoire favori, elles s'en éloignent toutefois occasionnellement, à la recherche éventuelle d'autres plans d'eau.

Elles sortent sous le soleil, mais deviennent nocturnes les journées chaudes. Les premiers froids de l'automne les voient s'abriter dans des cavités, des galeries de rongeurs, où elles hiberneront jusqu'au printemps.

Dès les beaux jours elles s'accoupleront, pondant une dizaine d'œufs dans des trous sur les berges. Les jeunes écloront après quelques semaines, longs d'une quinzaine de centimètres ils se faufileront vers l'eau pour trouver de quoi se nourrir.

Des proies aquatiques

Les jeunes couleuvres se nourrissent d'alevins, de têtards, d'insectes...Menu complété chez les adultes par divers amphibiens, grenouilles, tritons. Les gros poissons sont aussi appréciés, la couleuvre vipérine n'hésitant pas à plonger et à rester de longues minutes sous l'eau. Sur les berges, petits rongeurs ou insectes terrestres diversifieront ses sources de nourriture. Si de chasseuse elle devient chassée, elle souffle, prend une posture en S, simule l'attaque, et répand une odeur forte en vidant ses glandes cloacales.

Des cousines peu nombreuses

Dans la famille des Natricidae les Natrix sont moins d'une dizaine. Leur nom souligne leur lien au milieu aquatique, Natrix venant du latin natator, signifiant « nageur ».

La couleuvre à collier, Natrix natrix, nage avec aisance, et se nourrit d'amphibiens en priorité. La couleuvre tesselée, Natrix tesselata, est une véritable adepte de l'eau, où elle consomme essentiellement des poissons. Mais elle ne rencontrera jamais la couleuvre mauresque, leurs territoires s'étendant du Sud-Ouest de l'Europe au Nord-Ouest de l'Afrique pour la couleuvre vipérine, à l'Est du bassin méditerranéen pour sa cousine tesselée.

Commune en France, exceptée dans le Nord, la couleuvre vipérine voit ses populations régresser en de nombreux sites. Sur la liste rouge de l'UICN elle est classée en préoccupation mineure, vulnérable, quasi menacée, et même en danger selon les régions.

Lire aussi
La couleuvre La couleuvre

En France, la couleuvre est un serpent fort commun. Même si son statut de reptile en fait pour certains un animal effrayant, la couleuvre est plutôt craintive et inoffensive. Certaines[...]

Les forêts humides de Martinique Les forêts humides de Martinique

Les forêts humides de Martinique forment le coeur de la végétation de l'Ile. Elles se composent d'espaces forestiers très humides (forêt hydrophile) et moyennement humides (forêt mésophile).

Vipérine de Coincy, Echium webbii Vipérine de Coincy, Echium webbii

La Vipérine de Coincy s'apparente à l'exotique et fabuleux Echium fastuosum, en plus compact, donc plus facile à maintenir en pot ou à utiliser dans un  jardin de climat océanique.[...]

Vipérine de Ténérife, Echium wildpretii Vipérine de Ténérife, Echium wildpretii

Echium wildpretii, la vipérine de Ténérife, est une plante bisannuelle de la famille des Boraginacées. Cette plante particulièrement spectaculaire se développe sur les des pentes de roches...

Vos commentairesAjouter un commentaire