Les champignons des zones humides

Ils vivent les pieds dans l'eau, au milieu des Sphaignes et des Droséras. Les champignons Macromycètes, visibles à l'oeil nu, peuplent les zones humides. Tourbières, marais, berges des étangs, de nombreuses espèces s'installent en tout lieu, jusqu'au fond des eaux.

Psathyrella le pied dans un courant d'eau léger !
Psathyrella le pied dans un courant d'eau léger !

Une vie sous l'eau

Un seul champignon est actuellement bien connu pour développer son pied fin, son chapeau étalé, sous l'eau. Découverte en 2005 dans l'Oregon, Psathyrella aquatica mène son cycle de vie complet dans les rivières. Ce petit Basidimycète souple et résistant ne craint pas les courants légers, son chapeau en parapluie retient l'oxygène rejeté par les plantes aquatiques voisines, lui permettant une respiration «aérienne».

De petites bulles d'air emportent ses spores, organes reproducteurs, dispersées au gré des courants. 

Saprophyte, la Pasthyrelle aquatique se nourrit de bois mort, de débris organiques déposés dans le lit du fleuve, dans lesquels se propage son mycélium.

Si très peu de champignons semblent vivre sous les eaux, plusieurs centaines affectionnent l'humidité, les zones inondées, y compris quelques Bolets.

Un Bolet au bord de la mare

Un coin à Bolets sur la rive d'une mare... Cousin du Cèpe de Bordeaux, le Bolet des rives, Xerocomellus ripariellus, appartient bien aux Boletacées. Il affectionne les milieux très humides, apparaît du milieu de l'été jusqu'à la fin de l'automne dans les fossés, en bordure de mares et de ruisseaux, sous les saules, aulnes et chênes. Sa rareté, sa saveur peu prononcée, découragent toutefois à arpenter les zones humides pour le récolter.

A ses côtés se rencontreront de nombreux Bolets rudes, Leccinum aerugineum, Leccinum brunneogriseolum.... Si leur intérêt alimentaire reste limité, leur rôle écologique est indéniable. Dans ces sols gorgés d'eau, pauvres, ils établissent des symbioses mycorhiziennes avec les arbres environnants, relayant les apports nutritionnels. Et les Bolets ne sont pas les seules espèces à s'associer avec les arbres des zones humides.

Aulnes, saules, peupliers et champignons mycorhiziens

Les arbres installés sur les berges des rivière, des étangs, en bordure des marais, doivent s'adapter à des contraintes environnementales difficiles. Immersion des racines, périodes d'assèchement, inondations, les conditions sont souvent extrêmes, et toute aide est la bienvenue. Des dizaines de champignons s'associent aux végétaux, vivaces, ligneux, et par échanges réciproques optimisent leurs conditions de développement.

Les Aulnes ont un large cortège d'associés, quelques Lactaires, Lactarius lacunarum, le Lactaire des bourbiers, Lactarius lilacinus, le Lactaire lilacin, mais aussi des Russules dont Russula pumila, l'Alnicola striatula moins connue. De nombreuses familles de champignons sont impliquées.

Les tourbières et les rives

Si de nombreux champignons mycorhiziens s'installent avec les arbres et arbustes, d'autres se nourriront de débris organiques, jusqu'au cœur des tourbières. Ainsi les fameuses Droseras, plantes carnivores, côtoieront Bovista paludosa, une Vesse-de-loup assez rare. L'Agrocybe des marais, Agrocybe elatella, émergera des mousses. Les sphaignes accueilleront Arrhenia sphagnicola. Tout un cortège de Macromycètes est ainsi répertorié dans ces zones naturelles sensibles.

Les débris végétaux des eaux libres accueilleront aussi des espèces étonnantes. La Psathyrelle des massettes, Psathyrella typhae, apparaît sur les tiges des plantes immergées, juste au-dessus de l'eau, se nourrissant des tiges mortes de Typha, Phragmites... Autre apparition inattendue, à fleur d'eau, de petites têtes oranges, ovales, dénommées Mitrula paludosa, Ascomycète se développant sur des déchets organiques flottants.

Le monde des Macromycètes des zones humides surprend par sa diversité, ses adaptations, son rôle dans ces écosystèmes sensibles. Et les découvertes à venir réservent encore des surprises...

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