La grande limnée, un escargot majestueux dans la mare

De taille remarquable, son élégante coquille enroulée en longue pointe, la grande Limnée sillonne les mares de son glissement tranquille.

La grande limnée, Limnaea stagnalis, glissant sous la surface de la mare
La grande limnée, Limnaea stagnalis, glissant sous la surface de la mare

Un escargot aquatique

La grande Limnée, Limnaea stagnalis, est un escargot, avec des poumons, installée dans les eaux tranquilles, aux courants lents ou inexistants. Gastéropode imposant, sa taille peut atteindre 5 à 6 cm, elle reste élégante avec sa coquille allongée aux nombreuses spires. Habituée des mares, elle se rencontre dans toute l'Europe, dans l'hémisphère Nord, Asie et Amérique, aux côtés d'autres Limnées, toutes de la famille des Lymnaeidae.

Un siphon pour respirer l'oxygène de l'air

Si elle vit dans l'eau, la Grande Limnée ne peut en respirer l'oxygène. Ses poumons ont besoin d'air. L'observateur attentif devra attendre de longs moments pour la voir enfin remonter à la surface, déployer un siphon, percer la surface de l'eau et capter l'air nécessaire à de longues immersions. Immersions d'autant plus longues que l'eau sera bien oxygénée, les échanges gazeux s'opérant alors aussi par la peau.

Sa maison sur le dos

Escargot classique, la grande Limnée porte sa maison. Un « manteau » sur son dos secrète une formation calcaire, d'une seule pièce elle fabrique une coquille torsadée. Dans laquelle elle met à l'abri son corps mou de mollusque, en cas de prédation et en période de sécheresse. Si son attente dans sa coquille doit se prolonger, elle fermera la « porte » à l'aide de mucus séché, s'enfouissant si possible dans la vase.

Un cheminement tranquille

Sur son pied musculeux ovale, la grande Limnée arpente les fonds de la mare, ses reliefs, se glisse de plantes à plantes. On peut la voir flotter parfois, entre deux eaux, en mouvement ascendant ou descendant. A la surface de la mare, entre eau et air, elle se place à l'envers et de son pied couvert de mucus affleure le monde aérien. Elle glisse doucement, se nourrissant du biofilm formé sur les eaux stagnantes.

Elle broute, broute

La grande Limnée passe de longs moments à brouter. Ses deux longs tentacules triangulaires surmontent deux yeux, au dessous desquels se placent la bouche. Dans cette bouche se trouve la radula, qui pourrait ressembler à une langue râpeuse, couverte d'aspérités qui lui permettent de racler les végétaux en décomposition, de brouter les fonds aquatiques, d'arracher quelques particules à d'occasionnels cadavres en décomposition.

Mâles et femelles, rencontres aquatiques

La grande Limnée, comme de nombreux escargots, est hermaphrodite, un même individu portant, dans une anatomie complexe, les sexes mâles et femelles. Après fécondation croisée, parfois à plusieurs individus, les œufs sont pondus sur les parois ou sur les plantes en boudins allongés extrêmement adhésifs. Après trois semaines, plus ou moins selon la température, les œufs éclosent et sortent de minuscules Limnées dont le corps et la coquille grandiront en quelques mois.

Majestueuse, lente, la grande Limnée est une des habituée de la mare la plus facile à observer. Peu exigeante, une végétation abondante, une eau calme et des détritus suffiront pour l'accueillir.

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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • Michèle (Py Orientales)
    Nous en avions dans le petit bassin que nous avions fait, avec une coquille pour les enfants, garnie de plantes aquatiques. Mais, j'en ai vu, contre des murs, à l'air libre. Sont-elles les mêmes?
    Répondre à Michèle
    Le 09/01/2021 à 19:50