Jardin botanique exotique du Val Rahmeh (06)

Val Rahmeh, la maison de style méditerranéen

À quelques centaines de mètres de la frontière italienne, niché au fond d’une impasse pentue, signalé sur le front de mer par la chapelle Saint-Jacques, le jardin botanique exotique Val Rahmeh est un des derniers témoins des grandes heures mentonnaises”. C’est ainsi que nous le présente le professeur Yves Monnier.

Val Rahmeh, la maison de style méditerranéen Val Rahmeh, allée d'entrée du jardin et sa haie de palmiers Val Rahmeh, la villa Val Rahmeh, Nelumbo nucifera, le lotus en fleurs

C’est en effet une histoire exemplaire, qui s’étend sur un siècle, que celle de cette parcelle de campagne d’un hectare devenue jardin botanique de renommée internationale, le jardin de Val Rahmeh. Elle fut acquise en 1905 par un Anglais, sir Percy Radcliffe, gouverneur de l’île de Malte qui souhaitait, à l’issue de ses fonctions, habiter sur la Riviera.

Il y fit construire une maison de style méditerranéen en 1926 et transforma les terrasses agricoles en jardin paysager d’agrément, tout en conservant les arbres de production qui s’y trouvaient (oliviers, agrumes, figuiers) et en y adjoignant les essences acclimatées en vogue à l’époque (mimosas, eucalyptus, palmiers et “plantes grasses”, comme on appelait alors les plantes succulentes).

La spécificité de cette conception de jardin non régulier, et son intérêt, résidait dans les années trente, au rapport souple qui liait le dedans et le dehors : c’est-à-dire le lieu d’implantation de la maison et de la terrasse qui la prolonge au sommet d’une butte, avec le tracé des allées qui épousent la topographie accidentée du terrain.

Ceci présentait le double avantage de pouvoir bénéficier en tout endroit de vues variées sur le jardin lui-même ou sur le paysage extérieur, et de pouvoir choisir dans un espace restreint, des orientations convenant aux différents besoins des plantes (ensoleillement, humidité), certaines d’entre elles ne poussant bien qu’à l’ombre ou dans un terrain parfaitement drainé.

Ce ne fut que dans les années 50, avec l’arrivée de l’avant-dernière propriétaire, Miss Campbell, que le jardin prit son orientation botanique. Celle-ci, botaniste de formation, ayant longtemps travaillé au British Muséum, se livra à une frénésie de plantation d’espèces subtropicales et même tropicales dont une collection de daturas.

Elle rajouta toutes les plantes qu’elle aimait à la liste qu’avait établi Lawrence Johnston (le créateur de la Serre de la Madone) locataire de Val Rahmeh pendant une saison, juste avant la guerre de 1939-1945. Elle agrandit d’ailleurs le jardin en achetant un terrain au sud de la propriété.

Mais quinze ans plus tard, se souciant du meilleur devenir pour le jardin, elle se résolut à le céder en 1966 à l’État français qui le remit au Muséum d’Histoire Naturelle. Avec l’objectif d’en faire une extension consacrée aux espèces exotiques du Jardin des Plantes de Paris, le Muséum eut fort à faire avec ce fouillis végétal pour lui donner un statut de jardin botanique.

On procéda à l’identification de l’ensemble des plantes et on poursuivit l’acclimatation d’espèces nouvelles. En 1973, la collection était passée de 400 espèces trouvées sur place, à 700 parfaitement cataloguées et étiquetées (noms communs et botaniques, famille, pays d’origine).

Or le site, en raison de conditions climatiques très spécifiques, possède un microclimat plus chaud et plus humide que celui du littoral en général.

Il permet l’adaptation de plantes subtropicales et même tropicales des deux hémisphères du globe, telles les fougères arborescentes du Vietnam et celle de Tasmanie qui croissent au fond du jardin sauvage et sous le mur de la terrasse.

Localisation

Jardin botanique de Val Rahmeh
Avenue Saint-Jacques
06500 MENTON
Tél: 04 93 35 86 72

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