Madère, le plateau Paùl da Serra

Madère, découverte de la végétation du plateau Paùl da Serra
Madère, découverte de la végétation du plateau Paùl da Serra

Le plateau Paùl da Serra offre un paysage très différent du reste de l’ile de Madère. Ourlé de quelques pointes, ce large paysage inhabité est couvert d’un camaïeu de végétation herbacée et broussailleuse. Au pico Ruivo do Paùl, le randonneur surplombe la mer de nuages qui tente de déborder le col.

Le plateau Paùl da Serra, l’endroit le plus plat de madère est à une altitude moyenne de 1500 m au-dessus de la mer. Il se situe au centre ouest de l’île. L’accès y est facile par les routes et le traverser en avril est un bonheur pour les yeux. Un temps semi-nuageux lui prête une ambiance extraordinaire, non dénuée de mystères lorsque le paysage se dévoile entre 2 rubans de brumes. Le mois d’avril voit fleurir les ajoncs d’Europe Ulex europaeus et les genêts, le plateau se couvre d’or et embaume un parfum floral fruité. Entre les zones arbustives, une prairie d’herbes et de fougères sèches blanchissent le paysage, la roche affleure par endroit en un rouge sombre et la bruyère arborescente fleurit en blanc grisâtre, en massif dense ou s’érige parfois en arbres tortueux vénérables et solitaires : Erica arborescens mesure jusqu’à 9 mètres de haut. Ce camaïeu de couleur unique est très marquant.

Au fil de la route parfois, nous rencontrons quelques vaches qui pâturent en liberté ou la perdrix rouge, qui coure sur le bas-côté, tôt le matin. Il y fait froid (9 à 11 °C) lorsque le temps est brumeux, mais rapidement chaud dès que le soleil se dévoile. Paùl da Serra est assez venteux.

Le plateau Paùl da Serra était, avant la colonisation, une surface arborée à bruyères qui comprenait de larges populations d’Erica arborescens, Erica platycodon ssp. Maderincolas, avec Juniperus Cedrus ssp. Maderensis le cèdre de Madère et enfin le genet des Canaries Genista tenera.

Transformé en zone de pâturage par les colons, il est réduit aujourd’hui à l’état de sous-bois épars envahi de plantes non indigènes. Se sont ainsi naturalisés quelques genêts : Cytisus scoparius, le genêt à balais aux grandes fleurs jaunes, Cytisus multiflorus, un genêt aux fleurs blanches, ainsi que l’ajonc d’Europe, dominant. Les zones herbacées sont souvent occupées par Pteridium aquilinum, une fougère caduque spécialisée pour envahir les zones perturbées. Pour autant, on trouve encore cependant en zone ouverte le thym indigène Thymus caespititius.

Le gouvernement tente de réhabiliter une végétation plus naturelle en protégeant le site.

Les chemins de randonnée sont nombreux et bien balisés, partant des quelques parkings aménagés. Ils sont faciles à suivre, équipés simplement de bonnes chaussures de marche.

Exemple de randonnée sur le plateau Paùl da Serra, en direction du Pico Ruivo Do Paùl, qui culmine à 1640 m.

  • route ER 105
  • bifurquer sur ER 110
  • parking près de la route principale, ou celui un peu plus loin.

La route ER 110 chemine jusqu’à une intersection avec les indications de directions pour les randonnées :

  • à droite 0,5 km nous conduit à Estanquihnos : le chemin traverse quelques petites zones boisées de pins ou de mélèzes, et arrive à la maison forestière. En continuant un peu, nous débouchons sur une vue dégagée sur la vallée en contrebas qui se termine par le col de l’Encumeada. De cet endroit, nous pouvons observer le nord de l’île, humide et parfois très nuageux : avec de la chance, le niveau des nuages est un peu plus bas que le plateau : dans ce cas Paul da serra est dégagé et l’extrême nord du plateau permet d’admirer la mer de nuages provenant du nord qui essaie de passer le col de l’Encumeada et s’effiloche vers le sud. Par temps clair, au contraire, nous pouvons contempler le paysage jusqu’à l’océan.

  • de retour sur nos pas, nous prenons la direction du Pico de Ruivo de Paùl, hérissée d’ajonc, de genets et de bruyères. Du sommet du pic le plus haut du plateau s’offre un large paysage coloré, avec possibilité de voir l’océan de chaque côté de l’ile si le temps est dégagé.

La descente par l’autre pan permet de faire une boucle ; elle passe par une zone de pic nique ombragée par des conifères et continue le long d’une étroite levada pour revenir vers le parking.

Lire aussi
Madère, rencontre avec la biodiversité Madère, rencontre avec la biodiversité

Avec ses 2000 km de randonnées, Madère est le paradis des naturalistes. L’ile aux fleurs se distingue par sa végétation luxuriante et son climat doux ; son relief volcanique escarpé...

Madère, le long de la Levada da Central da Janela Madère, le long de la Levada da Central da Janela

Cette levada permet une randonnée facile et représentative de l’évolution végétale lorsque l’on s’enfonce vers la forêt sempervirente, sans être trop fréquentée. Aventureuse avec...

Madère, le Jardin botanique de Funchal Madère, le Jardin botanique de Funchal

Le Jardin botanique de Funchal, réputé mondialement, rassemble près de 2500 espèces végétales : scènes rigoureusement plantées ou taillées, massifs exotiques et luxuriants abondamment fleuris en...

Madère, randonnée sur la péninsule Ponta de São Lourenço Madère, randonnée sur la péninsule Ponta de São Lourenço

La randonnée sur la pointe Saint-Laurent est une succession de paysages sauvages, extraordinaires, semi-arides, contrastés par les couleurs de l’océan mouvementé. Le sentier permet d’y...

Vos commentairesAjouter un commentaire