Ailante glanduleux, Faux vernis de Chine, Frêne puant

Ailanthus altissima est un arbre ornemental toxique qu’il vaut mieux éviter de planter. D’une grande adaptabilité, il pousse partout, invasif et envahissant : une plante opportuniste des friches industrielles et milieux naturels ouverts.

Ailanthus altissima, Ailante glanduleux, Faux vernis de Chine, Frêne puant

Botanique

N. scientifique Ailanthus altissima
Synonyme Ailanthus glandulosa
Famille Simaroubacées
Origine Centre et Nord-Est de Chine, Taïwan
Floraison de mi-avril à juillet du sud au nord
Fleurs blanc vert, fruits rougeâtres
Typearbre ornemental, plante invasive
Végétationarbre
Feuillage caduc
Hauteur15 m

Planter et cultiver

Rusticité rustique, jusqu'à -15 °C
Exposition mi-ombre à ensoleillée
Soltrès adaptable
Acidité neutre à acide, supporte un sol très acide
Humidité supporte les sécheresses comme l'humidité
Utilisationen isolé (inhibiteur de croissance des autres espèces), végétalisation des sols pollués
Plantationà éviter
Multiplicationsemis, drageon, tronçon de racine
Ailanthus altissima, Ailante glanduleux, Faux vernis de Chine, Frêne puant

Ailanthus altissima, l’Ailante glanduleux, ou frêne puant, est un arbre ornemental, appartenant à la famille des Simaroubacées. Il est originaire d’Asie, présent en Chine Centrale et du Nord, et de Taïwan, poussant préférentiellement dans les forêts tempérées. L’ailante glanduleux a été importé en Australie, en Amérique du Nord, en Europe méridionale et orientale, et Nouvelle-Zélande pour l’élevage du ver à soie, le Bombyx de l’ailante, mais a perdu sa popularité.

Espèce citadine, très résistante à la pollution, il fut planté en Europe du Nord dans les villes comme Berlin ou Londres. Son feuillage est attrayant et plutôt exotique, mais c’est une espèce envahissante et invasive, d’une grande agressivité du point de vue de sa reproduction, qu’il est déconseillé de planter dans son jardin.

Jeune, l’ailante glanduleux peut-être confondu avec le Sumac vinaigrier, mais devient bien plus grand.

Description de Ailanthus altissima 

L’ailante glanduleux a une croissance rapide, un tronc pouvant atteindre 1 m de diamètre, mais a une durée de vie courte de 50 ans maximum relayée par de nombreux drageons. Sa frondaison est compacte et son port élégant.

L’écorce d’Ailanthus altissima est lisse, grise, devenant jaunâtre avec l’âge. Les branches sont gris pâle à foncé et sont lisses et brillantes avec des lenticelles (pores) boursouflées. Les jeunes rameaux sont vigoureux, lisses à légèrement pubescents et rougeâtres. Leur extrémité est retombante.

Les feuilles caduques, remarquables, font 30 à 90 cm de long, sont composées, alternes et imparipennées, de 11 à 41 folioles disposées par paires. Les folioles sont lancéolées à base renflée, aux bords lisses, légèrement asymétriques, de 5 à 18 cm de long et 2,5 à 5 cm de large. La face supérieure est vert foncé et la face inférieure vert-blanc. Les cicatrices foliaires ont une forme de cœur.

Toutes la plante, et notamment les feuilles froissées et les fleurs mâles, dégagent une odeur de tabac ou d’arachide pourrie, d’où son nom de frêne puant.

Les fleurs, blanches à verdâtres, se déploient au bout des jeunes branches en longues panicules jusque 50 cm de long. Elles portent 5 pétales jointifs, lovés dans 5 sépales soudés en coupe.

L’espèce est dioïque. L’arbre mâle fleurit davantage que l’arbre femelle, d’où son attrait ornemental, mais dégage une odeur nauséabonde forte pour attirer les insectes pollinisateurs.

La fleur femelle donne 5 graines ovoïdes de 5 mm, encapsulées individuellement dans une samare de 2,5 cm de long, vrillées et rougeâtres. Elles sont plutôt décoratives, mais produisent trop de semis spontanés.

Ailanthus altissima rejette spontanément à partir des racines, et encore davantage si ces racines sont perturbées par le travail de la terre.

Autres variétés de Ailanthus altissima

Ailanthus altissima var. tanakai : écorce jaune, feuilles plus courtes avec moins de folioles. Moins cultivé, il est en danger d’extinction, car son milieu naturel disparaît.

2 Cultivars vendus en Chine

  • Métro’ : mâle.
  • Hongye' : feuillage rouge vif.

Quels sont les besoins de l’ailante glanduleux ?

Étant une espèce invasive, il est déconseillé de cultiver l’ailante. Il colonise les milieux naturels dès qu’il y a un peu de lumière disponible : arbre effondré, clairière, haie, ripisylve, bord de chemin. L’espèce s’impose rapidement dans un milieu au point d’empêcher la croissance et la régénération des espèces indigènes. Il n’y a que l’ombre pleine et les inondations qu’il ne supporte pas.

Par contre, c’est un arbre très tolérant aux pollutions par le soufre, le ciment, certains goudrons, l’ozone, le mercure, l’un des seuls arbres à supporter des terres exceptionnellement acides, ce qui en fait un pionnier des friches industrielles.

Il supporte aussi de fortes salinités et des sols très secs, ayant la capacité de stocker l’eau dans ses racines, et il est résistant aux maladies cryptogamiques.

L’ailante glanduleux a été utilisé en isolé ou avec d’autres sujets de son espèce. Sa croissance est rapide : il pousse de 1 à 2 m pendant ses 4 premières années, hors ombrage.

Toxicité

Les feuilles d’ailante glanduleux sont toxiques pour les animaux domestiques, irritantes sur la peau du jardinier, son pollen abondant généré des allergies. Parfois l’odeur puissante des fleurs mâles provoque des nausées et des maux de tête.

Toutes les parties de la plante produisent de l’ailanthone, un inhibiteur de croissance pour les autres espèces, non auto-toxique. Même son broyat ne peut être utilisé comme paillage autour d’une autre espèce.

Autres inconvénients de l’ailante glanduleux 

Ailanthus altissima rejette très facilement des racines : tout recépage, abattage, bêchage autour de cet arbre provoque la remontée de multiples drageons à partir des racines. Une zone entière peut ainsi être rapidement envahie d’ailante, au détriment des autres végétaux, tués peu à peu.

De même, les semis spontanés doivent être arrachés quand ils sont les plus jeunes possible, en récupérant toutes les racines dans la terre. Un morceau de racine isolée peut refaire un arbre. Il ne faut surtout pas les tondre.

Utilisation de l’ailante

  • Phytoremédiation de milieu pollué chimiquement.
  • Revégétalisation désert industriel.
  • Élevage du ver à soie.
  • Son bois est utilisé pour confectionner les cocottes à vapeur en cuisine chinoise.
  • Usage médicinal en médecine traditionnelle chinoise : des extraits de plante sont bactéricides.
  • Un purin de feuilles et fleurs d’ailante est parfois utilisé comme insecticide ou herbicide.

Le saviez-vous ?

En raison de sa reproduction et de son extension très agressive, Ailanthus altissima fait malheureusement l’objet de puissants traitements herbicides chimiques, l’action mécanique étant trop vite limitée.

Espèces et variétés de Ailanthus

Ailanthus giraldii aux feuilles plus grandes encore Ailanthus vilmoriniana un peu plus petit

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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • LOLOLARCHEO (Midi-Pyrénees)
    Salut, ami jardinier .Mon jardin se situe en bord de rivière (le Lot). Sur la berge se trouve un grand ailante glanduleux d'une dizaine de mètres de haut. Il pousse sous deux peupliers énormes, les branches s'entremêlent. Régulièrement j'arrache des pousses provenant de ses graines (une quarantaine de petits nouveaux environ tous les ans). C'est une vraie plaie, j'ai décidé l'année dernière de m'en débarrasser. Pour ce faire j'ai utilisé la technique du cerclage de l'écorce sur une hauteur de 30 cm environ en laissant une bande d'écorce verticale de 10cm. J'ai fait cette opération à l'automne, quand la sève élaborée par la feuilles était redescendue dans les racines. Pour l'instant, en cette fin d'avril, il n'a toujours pas fait une seule feuille. En théorie il devrait en faire tout de même un peu cette année. A l'automne je vais supprimer la languette d'écorce restante pour empêcher la sève de remonter des racines au moment du débourrement du printemps prochain. J'ai bon espoir d'en venir à bout ainsi, je ne vais pas l'abattre une fois mort, il servira de logis à toutes sortes d'insectes pendant de nombreuses années et les branches mortes tomberont d'elles mêmes au fil des ans. Je pense qu'il s'agit d'une bonne technique écologique pour se séparer de cet habitant gênant de nos jardins.
    Répondre à LOLOLARCHEO
    Le 24/04/2022 à 12:20