Angélique officinale, Angélique aromatique

Angélique officinale, Angélique aromatique, Angelica archangelica

Botanique

Nom latin  : Angelica archangelica
Synonyme  : Angelica officinalis
Origine  : Europe du Nord, Asie
Période de floraison : juillet à août
Couleur des fleurs  : blanche, parfois jaune
Type de plante : plante herbacée
Type de végétation : bisannuelle ou vivace de vie brève
Type de feuillage  : caduc
Hauteur : 2,40 m

Planter et cultiver

Rusticité  : très rustique, jusqu'à -34 °C
Exposition  : mi-ombre, ombre claire
Type de sol : sol riche et ordinaire, argile, limon
Acidité du sol  : très acide à alcalin
Humidité du sol  : normal à humide
Utilisation : plante comestible, condimentaire, floraison et silhouette ornementale, plante médicinale, mellifère
Plantation, rempotage : printemps
Méthode de multiplication : semis

Généralités

Angelica archangelica, l’angélique aromatique ou angélique vraie, est une plante vivace bisannuelle ou vivace de courte durée appartenant à la famille des Apiacées. Elle est originaire d’Europe du Nord (Scandinavie, entre autres) et d’Asie, mais étant couramment utilisée depuis des siècles en tant que plante aromatique et médicinale, elle s’est naturalisée dans le reste de l’Europe. Subspontanée en France, l’angélique officinale est sous statut de protection dans certaines régions : elle a été tellement récoltée, qu’elle a presque disparu.

Angelica archangelica est très intéressante à cultiver au jardin : d’une part pour profiter de ses tiges et feuilles aromatiques ou de ses vertus officinales, et d’autre part comme plante ornementale, graphique et de haute stature, adaptée aux zones humides d’ombre.

Description de l’angélique officinale

Angelica archangelica est une plante robuste vivant 2 à 3 ans, sa vie se terminant par une imposante floraison et la production de graines. Elle produit un court rhizome en forme de betterave, entouré de nombreuses racines brunes. Elle produit durant sa première année, une large rosette bien fournie de feuilles basales. Les feuilles de l’angélique officinale sont longuement pétiolées, au limbe vert sombre, abondamment et finement divisé, caractérisé par un segment terminal divisé en 3. Elles sont aromatiques et dégagent une odeur agréable au froissage : mélange de céleri et de réglisse.

La deuxième ou troisième année de croissance, Angelica archangelica développe une vigoureuse tige creuse et épaisse, haute jusqu’à 2,40 m. Les feuilles caulinaires, très découpées, mais globalement triangulaires, sortent d’une forte gaine rainurée et renflée.

L’angélique officinale fleurit de juillet à aout. L’épaisse tige creuse caniculée est très solide, elle se divise vers le haut en de multiples inflorescences ombelliformes rondes. Chaque ombelle, de 10 à 20 cm de diamètre, est composée de 20 à 40 ombellules qui regroupent de petites fleurs vert jaune, très attractives pour les insectes. Les inflorescences de l’angélique, en dôme, sont particulièrement géométriques.

Les graines murissent de juillet à aout. La plante ayant fleuri meurt. Elle ne se pérennise que par le semis.

Comment cultiver l’angélique aromatique ?

Angelica archangelica est une plante originaire de régions froides, c’est pourquoi elle est rustique jusqu’à -34 °C,  mais qu’en revanche, elle peut souffrir en climat avec des étés trop chauds ou secs.

L’angélique officinale se cultive au jardin, d’autant plus facilement si vous disposez d’une zone humide et ombragée ou semi ombragée. Elle supporte un sol normal à frais, tant qu’il ne se dessèche pas en été. Angelica officinalis se plait en terre profonde et riche en matière organique : un sous-bois humifère ou une terre enrichie de compost.

Elle est transplantée au jardin à partir d’une rosette basale en pot, soit au printemps, soit en automne. Maintenir l’angélique officinale dans son jardin, pour son effet décoratif et/ou pour la récolte du condiment, signifie qu’il faut soit accepter et même favoriser le semis spontané (le plus simple), soit en faire ses propres semis chaque année.

Comment semer l’angélique vraie ?

Les graines récoltées fraiches de l’été peuvent être semées aussitôt, dès la fin d’été. C’est la meilleure méthode pour obtenir le plus de plantules, car le taux de germination de ces graines est assez faible, encore davantage après un stockage à sec. Les graines sèches ont besoin d’une stratification froide (une période de 6 semaines à 4 °C maximum) avant d’être capables de germer.

Les graines sont semées non couvertes, à la surface d’un mélange riche en matière organique. Elles ont besoin de lumière et d’humidité pour germer. Les plantules sont fines et assez grandes ; elles gagnent à être repiquées en pot individuellement le plus vite possible. Cela permet de les installer au jardin ensuite plus facilement, sans perturber la motte de racines. Pour obtenir de belles et grandes plantes, il faut éviter de laisser les racines s’enrouler dans un trop petit pot, et repiquer l’angélique en place au jardin rapidement.

Mise en garde sur la récolte de l’angélique sauvage

Une raison de plus pour la cultiver au jardin plutôt que de la récolter dans la nature : l’angélique officinale peut être confondue avec la ciguë (Conium maculatum), qui est un poison mortel : dans l’ancien temps où la cueillette était systématique, il y avait régulièrement des empoisonnements (ce qui a été le cas de Socrate. En effet, les deux plantes se ressemblent et partagent les mêmes conditions de vie : elles peuvent donc croître au voisinage l’une de l’autre.

L’erreur est souvent faite au stade 1ere année, en rosette basale où les feuilles se ressemblent beaucoup. La ciguë a une odeur désagréable lorsqu’on la froisse. Ses pétioles sont violacés et dépourvus de poils. En fleur, la ciguë ressemble davantage à la carotte sauvage.

Les usages de l’angélique officinale

De l’angélique, on peut consommer les rhizomes, les tiges, les pétioles, les jeunes feuilles et les graines. Toutes ces parties sont fortement aromatisées et légèrement amères. Jeunes feuilles, pétioles et tiges sont récoltés de mai à juin. Les graines sont récoltées en septembre, et le rhizome contient un maximum d’huile essentielle au mois de mars/avril, la seconde année de culture.

Jeunes pousses et feuilles aromatisent une salade, un potage, des sauces ou un plat de légumes. Les jeunes tiges florales et les pétioles sont tronçonnés et confits, parfois utilisés en pâtisserie. L’angélique entre aussi dans la composition de liqueur, telle que la Bénedictine ou la Chartreuse.

Les graines sont utilisées comme épices. L’huile essentielle est utilisée en agroalimentaire ou en parfumerie.

Du point de vue médicinal, l’angélique était considérée comme une panacée, bactéricide et diurétique, aidant à la digestion. Les tisanes à base de rhizome écrasé, absorbée avant le repas sont notamment efficaces contre les flatulences ou pour stimuler les appareils digestifs paresseux. Plus agréables peut-être, les liqueurs Chartreuse et Bénédictine apportent une réelle aide à la digestion. Mais l’angélique vraie ne doit pas être utilisée en haute dose cependant, car elle aurait tendance à rendre la peau photosensible.

Espèces et variétés de Angelica

Angelica sylvestris, notre angélique indigène cultivée sous la remarquable forme 'Vicar's Maid'  comme plante ornementale

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