La culture de la tomate selon Pascal Poot

Tomates anciennes... pour retrouver le goût !
Tomates anciennes... pour retrouver le goût !

Face aux multinationales vendant des semences et le cortège de produits phytosanitaires nécessaire à leur culture, Pascal Poot, fait office de révolutionnaire. Longtemps pris pour un doux rêveur, cet agriculteur un peu spécial, attire maintenant de nombreux scientifiques qui étudient sa méthode de culture avec la plus grande attention.

Le conservatoire de la tomate de Pascal Poot

Sur les hauteurs de Lodève, dans l'Hérault, Pascal Poot a créé le 'Conservatoire de la tomate' où il cultive des centaines de variétés différentes, sans arrosage ni pesticides. Suivant son instinct et des règles bien à lui, il teste depuis des années les étonnantes capacités d'adaptation des végétaux au milieu. Prenant le problème à l'inverse de l'autorité en la matière, il produit des graines qui sont parfois vendues dans l'illégalité car non inscrite au catalogue officiel des espèces et variétés végétales du GNIS.

Dans sa forêt de chênes au sol rocailleux et sec, tomates mais aussi piments ou aubergines sont laissés au bon vouloir de la Nature qui finalement le-leur rend bien puisque chaque pied de tomate produit jusqu'à 25 kg de fruits sans aucun entretien.

Les secrets de Pascal Poot

Autodidacte et observateur, Pascal se base sur les plantes consommées au Moyen-âge, considérées pour la plupart comme des 'mauvaises herbes' de nos jours. Ces plantes, abandonnées à leur sort, ont dû s'adapter au milieu pour survivre et devenir plus fortes.

Partant de ce constat, Pascal commença par semer des tomates sur son terrain et à laisser faire la nature. La première année, celles-ci étaient peu nombreuses et très petites, mais il récolta néanmoins des graines endurcies par ces conditions difficiles. La deuxième année, les graines récoltées se révélèrent encore plus fortes que l'année précédente possédant en elles tout le patrimoine génétique pour produire des plants sains et vigoureux prêts à donner une récolte abondante dans ce milieu difficile dès l'année suivante. Le résultat fût bluffant pour les voisins qui le prenaient alors pour un fou : vigoureux et sans maladies, les plants donnaient jusqu'à 25 kg de tomates chacun, le tout sans arrosage ni quelconque traitement.

Pascal sème sur couche chaude à la fin de l'hiver ses multiples variétés de tomates, toutes étiquetées scrupuleusement, puis il les plante en pleine terre au printemps et ne s'en occupe plus. Il garde toujours quelques fruits sur pieds pour récolter les graines. Récolte qui interviendra le plus tard possible, juste avant les premières gelées pour que le plant ait eu le temps de subir tous les stress possibles le long de son cycle de vie (sécheresse, chaleur, pluies automnales, froid...). Les graines n'en seront que plus vigoureuses et prometteuses.

Les scientifiques intéressés

Alertés par ce nouveau mode de culture si porteur d'espoir pour le futur (réchauffement climatique et diminution des ressources obligent), les scientifiques ont un grand intérêt pour le travail de sélection de Pascal Poot. Ils parlent alors 'd'hérédité de caractères acquis', c'est à dire que l'ADN contenu dans les semences a réveillé des gènes parfois endormis grâce à une adaptation de la plante à divers stress. Seuls les caractères positifs de la plante sont ainsi transmis, ce qui en fait de véritables tomates, poivrons, ou piments 'warriors' capables de résister au pire et de produire bien plus que n'importe quel hybride F1 trafiqué.

Les plantes de Pascal gardent en outre une qualité gustative exceptionnelle, ce qui offre un espoir conséquent en vue des changements climatiques prévus pour les prochaines décennies. Toutefois, que sont les petits producteurs passionnés face aux multinationales qui vendent des semences prédisposées aux maladies afin de faire acheter leurs produits phytosanitaires qui provoquent des pathologies sur l'humain cette fois, et qui seront bien sûr traitées par les médicaments produits par les mêmes grands groupes ?

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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • Bebop 76 (Normandie)
    Fabuleux cet article... ça s'appelle réinventer la poudre !!! Cet agriculteur que je ne connais pas et que je ne critique surtout pas ne fait que perpétuer ce qui s'est toujours fait en sélection depuis les Vilmorin. Il trie dans la descendance d'un individu, d'une plante (pas toujours complètement fixée sur un certain nombre de caractère), ceux et celles qui sont le plus adaptés au milieu. C'est le travail de base du sélectionneur ! C'est intéressant, mais c'est connu de tous les scientifiques qui s'intéressent à la génétique. Alors de grâce arrêtez vos théories du complot bien dans l'air du temps sur les sataniques multinationales uniques sources du mal !
    Répondre à Bebop 76
    Le 14/10/2017 à 20:35
  • Thierrynantes (Bretagne)
    J'en avais déjà entendu parler. Je m'étais inspiré de sa technique et ne traite plus depuis 3 ans. Mes pieds sont plus résistants mais je récoltais de belles graines, issues de belles tomates au début de la récolte. Apparemment c'est une erreur. Question : puis je attendre le plus tard possible et récolter les graines de tomates atteintes par le mildiou ? (ce qui est le cas de toutes mes tomates à partir du 15 septembre, mais n'empèche pas de les consommer). Apparemment, son climat est très sec et sans doute que le mildiou y est moins virulent qu'en Bretagne.
    Répondre à Thierrynantes
    Le 14/10/2017 à 11:33
  • Guy garnier (Bourgogne)
    Pascal plante ses tomates et ne s'en occupe plus, question: ni tuteur ni suppression des gourmands ??
    Répondre à Guy garnier
    Le 07/10/2017 à 19:08
    Rustichat (île de France)
    Non, il ne tuteure pas et ne taille pas, il laisse ses plantes courir sur le sol. Il faut dire qu'il est dans le midi... Personnellement, je ne taille pas non plus mais je tuteure au fur et à mesure et, si je suis obligée de couper un gourmand, je le mets dans l'eau et je le plante dès qu'il y a de belles racines. J'ai ainsi un beau pied de tomates gratuit.
    Répondre à Rustichat
    Le 15/10/2017 à 22:37