Frelon asiatique : l'identifier, s'en protéger et signaler son nid

Le frelon asiatique colonise nos régions et menace sérieusement l'équilibre de nos ruches. Sachons le reconnaitre, quelles sont ses caractéristiques physiques, son cycle de vie et son impact écologique. À la clé : des informations concrètes pour l'identifier sans erreur. Voyons d'abord comment le différencier de nos insectes endémiques.

Par Alain DEBUISSON -
Un nid de frelons asiatiques © michiel - stock.adobe.com
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Comment différencier le frelon asiatique de l'européen ?

Le frelon asiatique, scientifiquement nommé Vespa velutina nigrithorax, appartient à l'ordre des hyménoptères. Observé pour la première fois dans le Lot-et-Garonne en 2004, il est probablement arrivé d'Asie du Sud-Est via des cargaisons de poteries. Depuis, il n'a cessé de gagner du terrain.

Pour bien l'identifier, il faut d'abord se fier à sa taille globale. Il est paradoxalement plus petit que son cousin européen. Il mesure généralement entre 2,5 et 3 centimètres de longueur à l'âge adulte.

Son aspect général est remarquablement sombre, ce qui facilite son identification visuelle. Son thorax est brun noir et velouté, tandis que son abdomen est souligné d'une fine bande jaune. Il possède un seul segment jaune orangé très marqué près de l'extrémité.

Enfin, observez sa tête et ses membres. Sa face est distinctement orangée, et ses pattes sont bicolores, avec des extrémités jaunes très caractéristiques en vol.

Caractéristique Frelon Asiatique (Vespa velutina) Frelon Européen (Vespa crabro)
Taille Plus petit : 2,5 à 3 cm de longueur Plus grand : jusqu'à 3,5 cm
Allure générale Aspect très sombre et velouté Aspect clair, rappelle une grosse guêpe
Thorax Brun noir velouté Brun roux / rougeâtre
Abdomen Sombre avec une fine bande jaune et un large segment jaune orangé à l'extrémité Entièrement jaune, rayé et taché de noir
Tête (Face) Orangée de face Jaune avec des teintes rousses
Pattes Bicolores : noires avec les extrémités jaunes Entièrement rousses / brunes

Cycle de vie et construction des nids aériens

Le cycle de cette colonie s'articule rigoureusement autour des saisons. Au printemps, chaque reine fondatrice sort de son hibernation. Elle va alors bâtir un nid primaire, souvent placé à l'abri des intempéries sous une toiture.

Lorsque la population augmente, les ouvrières prennent le relais et bâtissent un nid secondaire. Ce dernier est généralement situé très haut dans la canopée des arbres, le rendant difficile à repérer en été.

Ces structures imposantes, faites de fibres de bois mâchées, peuvent mesurer jusqu'à un mètre de haut. Une colonie mature abrite environ 2000 individus en fin d'été. Aux premières gelées, le nid est définitivement abandonné.

Un frelon asiatique posé
Un frelon asiatique posé © JEANLUC - stock.adobe.com

Régime alimentaire et menace pour les ruches

Les frelons adultes ont un métabolisme très exigeant en glucides. Ils se nourrissent principalement de nectars de fleurs et de miellat. Ils affectionnent également beaucoup la pulpe des fruits très mûrs en fin de saison.

Cependant, le besoin en protéines pour nourrir les larves pousse les ouvrières à chasser activement. Elles s'attaquent à une grande variété d'insectes locaux, incluant les araignées et les mouches.

Leur cible privilégiée reste malheureusement l'abeille domestique. Les prédateurs se postent en vol stationnaire devant la ruche et fondent sur les butineuses épuisées, paralysant ainsi l'activité de la colonie entière.

Piqûre de frelon asiatique : quels sont les risques ?

Il est essentiel de rappeler que cet insecte n'est pas spontanément agressif envers l'humain lorsqu'il butine. Le danger survient principalement lorsque l'on s'approche à moins de cinq mètres du nid.

Cette proximité déclenche immédiatement une attaque défensive massive. Leur dard est long et peut transpercer des vêtements de protection standards, rendant l'approche très périlleuse.

La piqûre provoque une douleur intense, mais la toxicité de son venin n'est pas scientifiquement supérieure à celle d'une guêpe commune. Consultez un médecin d'urgence en cas de piqûres multiples ou de symptômes allergiques.

Piégeage "maison" : la fausse bonne idée à éviter

Face à l'invasion, de nombreux particuliers fabriquent des pièges artisanaux à l'aide de bouteilles en plastique coupées, remplies d'un mélange de bière, de vin blanc et de sirop. Si l'intention est bonne, cette méthode est en réalité contre-productive.

Ces pièges non sélectifs capturent un frelon asiatique pour des dizaines d'autres insectes utiles. Mouches, papillons, et même des abeilles finissent noyés dans ce mélange, aggravant ainsi le désastre écologique que l'on cherchait à éviter.

Les apiculteurs et entomologistes recommandent plutôt le piégeage printanier ciblé, uniquement avec des pièges sélectifs homologués. Ces dispositifs possèdent des orifices calibrés (environ 8 à 9 mm) qui permettent aux petits insectes de s'échapper, tout en retenant les reines fondatrices du frelon asiatique.

Enfin, une solution naturelle suscite un intérêt des professionnels : la poule de Janzé. Cette race de poule ancienne s'est révélée être un redoutable prédateur naturel du frelon asiatique, capable de les chasser lorsqu'ils sont en vol stationnaire devant les ruches. Mais pas que, en réalité elle consomme tous les insectes rampants ou volants. 

Signalement et lutte pour la préservation de la biodiversité

Le frelon asiatique est officiellement classé comme danger sanitaire de deuxième catégorie. Son impact écologique est lourd, car en détruisant les insectes pollinisateurs, il fragilise la flore locale.

La destruction des nids est la méthode de régulation la plus efficace. Elle doit impérativement être confiée à des professionnels qualifiés pour éviter un risque vital d'attaques groupées. Pour tous renseignements sur la démarche à suivre, contactez votre mairie.

Pour aider la recherche, le Muséum National d'Histoire Naturelle gère l'inventaire national. Si vous repérez une colonie, signalez-la via le formulaire de l'INPN pour contribuer à la protection de notre écosystème.

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