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La notonecte, une abeille la tête à l'envers

Silhouette effilée, la Notonecte sillonne les eaux de la mare, filant vers la surface, où elle s'arrête un bref instant, pattes et abdomen effleurant le miroir. Comme posée sur l'air, dans un monde inversé.

La notonecte, Notonecta glauca
La notonecte, Notonecta glauca

La punaise « abeille » des eaux douces

Habitante incontournable des mares, la Notonecte glauque ne peut passer inaperçue, petit insecte de 15 mm, émergeant régulièrement en surface, pour venir respirer. Toujours dans une posture caractéristique, le dos vers le bas, ses pattes arrières lui permettant de nager vigoureusement. Punaise aquatique, elle croise ses cousines, la Ranatre et la Nèpe. Et est tout aussi carnassière, consommant ses proies avec son rostre piqueur-suceur. Parmi une demi-douzaine d'espèces de Notonectinae en Europe, Notonecta glauca est certainement la plus commune. Sa vie est entièrement aquatique, de l'œuf à l'adulte.

Elle vit sous l'eau mais respire l'oxygène de l'air

Tout comme de nombreux insectes aquatiques, la Notonecte a gardé un mode de respiration aérien. Seules les larves à peine sorties de l'œuf respirent sous l'eau, à travers les téguments. Dès qu'elles grandissent, elles doivent remonter à la surface des eaux et se constituer une réserve d'air. Ce qui sera fait au niveau des élytres, ailes supérieures semi-membraneuses, et des soies de l'abdomen. Le réseau de trachées pourra ainsi être alimenté en air frais durant les périodes d'immersion.

Des techniques de chasse efficaces

Patiente, la Notonecte peut chasser à l'affût, attendant une proie imprudente. Nageuse performante, équipée de détecteurs de vibrations, elle peut aussi se lancer dans des courses poursuites rapides, précises, où elle ne laisse guère de chances aux crustacés, insectes, vers, et même têtards ou petits poissons. Ses pattes avant maintiennent son repas, transpercé du rostre piqueur-suceur. Un premier canal lui permettra d'injecter un suc salivaire paralysant et digestif. Par un deuxième canal elle absorbera son menu liquéfié.

Une vision performante

L'efficacité des techniques de chasse de la Notonecte est renforcée par une vision hautement sophistiquée. Ses deux gros yeux noirs défient les lois de l'optique et lui permettent de voir sous l'eau, sur l'eau et au-dessus de l'eau.

En même temps. L'adaptation à son milieu de vie, à l'interaction du monde aquatique et du monde aérien, est optimale. Posée à la surface de l'eau, dos vers la bas, bouts de pattes et de l'abdomen maintenus par la tension superficielle, elle guette. Toute proie venue du ciel, échouée sur l'eau, ou nageant tranquillement, sera repérée. Et consommée.

La nageuse sur le dos

Son nom décrit son allure, « nocto » signifiant dos, « necte », nage. La Notonecte fend les eaux ventre vers le haut, ses élytres carénées vers le bas. De ses longues pattes arrières couvertes de soies elle se propulse avec efficacité, sa nage est rapide, incisive, au rythme saccadé. Posée à la surface des eaux en position inversée, elle rame doucement, attentive à la moindre vibration, au moindre mouvement. Performante pour se déplacer en milieu aquatique, la Notonecte est beaucoup plus maladroite sur le sol, encombrée de ses deux longues pattes arrières. Elle préférera s'envoler, déployant ses deux paires d'ailes, et dans en un doux vrombissement partir vers de nouvelles mares ou bassins à coloniser.

Mâles et femelles , rencontres aquatiques

Les couples de Notonectes se forment à la sortie de l'hiver, après fécondation les œufs sont pondus dans les tissus des végétaux aquatiques. De petites larves émergent, semblables aux adultes, mais claires, molles, sans ailes et organes reproducteurs. Elles évolueront vers leur forme adulte en cinq stades successifs, et seront prêtes à la fin de l'été à hiberner. Les toutes premières chaleurs les verront pointer à la surface, prêtes pour un nouveau cycle de reproduction.

La Notonecte est un des insectes des mares et bassins les plus présent. Une eau calme, des végétaux, des proies abondantes, elle ne manquera pas à l'appel. Facile à observer, mieux vaut cependant ne pas la toucher, son rostre devenant alors défensif et provoquant de vives douleurs semblables aux piqûres d'abeilles.

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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • Vincent (Finistere)
    J'ai créé une mare dans mon potager pour la beauté et la biodiversité. Est-ce que cette notonecte est néfaste pour cette biodiversité ? Dois-je l'éliminer ? Merci à vous
    Répondre à Vincent
    Le 23/01/2021 à 14:35
  • Domig (Presqu'île guérandaise)
    J'ai découvert votre site il y a très peu de temps j'en suis ravie ! J'y apprends énormément de détails sur la diversité des êtres vivants qui nous entourent. Félicitations !
    Répondre à Domig
    Le 20/01/2021 à 06:59