Agriculture et lutte biologique : le rôle clé des plantes relais pour attirer les auxiliaires

Concept très intéressant dans la lutte biologique contre les parasites des cultures, les plantes relais sont une bonne alternative à l'emploi de pesticides chimiques dangereux pour la santé et l'environnement.

Par Iris MAKOTO -
L'orge, une plante relais pour les cultures potagères
L'orge, une plante relais pour les cultures potagères © A l'aide de l'IAAlain DEBUISSON
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Qu'est-ce qu'une 'plante relais' ?

Une plante relais (ou plante banque) est une plante sur laquelle on place une colonie de parasites spécifiques non nuisibles pour notre culture mais qui permettra à des insectes auxiliaires de se développer. Elle est ensuite placée au cœur d'une culture maraîchère ou en plein champs. Les auxiliaires, souvent des hyménoptères parasitoïdes, plus rarement des syrphes, ou des coccinelles auront ainsi le temps de se reproduire et de se tourner vers les parasites attaquant la culture principale, la protégeant de manière naturelle et évitant ainsi l'emploi de pesticides.

La méthode des plantes relais est utilisée en agriculture bio notamment sous serre sur les cultures de cucurbitacées ou d'aubergines mais elle peut aussi être mise en œuvre en plein air sur les cultures de choux en tous genres, d'avoine, de blé, d'orge, de riz, de seigle ou de maïs.

Souvent la plante relais choisie fait partie de la famille des graminées (Poacées), végétaux connus pour leur facilité de culture et leur vigueur exceptionnelle.

Le chiffre clé : -75 % d'insecticides !

Une étude menée sur les cultures maraîchères sous serre a démontré que l'utilisation stratégique de plantes relais (comme le millet ou l'orge) permet de réduire l'usage de traitements aphicides (anti-pucerons) de 75 % en moyenne sur une saison, tout en maintenant des rendements identiques. Dans certains cas de lutte biologique globale, le recours aux produits phytosanitaires chimiques est même totalement supprimé. (Source : Synthèse technique sur la Protection Biologique Intégrée PBI, ITAB / CTIFL)

Avantages des plantes relais

Nombreux sont les avantages à utiliser des plantes relais dans une exploitation ou même au niveau du particulier :

  • Les plantes relais permettent de lutter de manière biologique contre les parasites et limitent l'emploi de pesticides chimiques ;

  • Elles permettent de mieux gérer les populations d’auxiliaires et d'accroître la surveillance de la culture ;

  • Le coût de protection de la culture est bien plus réduit qu'avec l'emploi de produits phytosanitaires ;

  • L'environnement est préservé, les transferts de polluants vers les nappes phréatiques et vers l'atmosphère sont réduits.

  • Aucune consommation d'énergie fossile n'est nécessaire à la technique des plantes relais.

  • Les plantes relais attirent de nombreux auxiliaires, un écosystème équilibré se développe grâce à elles.

  • Elles pallient aux carences en auxiliaires de la culture, ce qui permet d'anticiper les attaques parasitaires et d'agir avant même que le mal ne soit fait.

  • Les parasitoïdes se multiplient sur les plantes relais, il est donc inutile d'en introduire en grandes quantités sur l'exploitation.

Auxiliaires favorisés par les plantes relais

Aphidius colemani Vierek est l'espèce la plus utilisée pour détecter les colonies de pucerons. Il est élevé sur le puceron des graminées nommé Rhopalosiphum padi qui se plaît sur le millet d'Inde comme plante relais.

Aphidius ervi pond ses oeufs dans le corps des pucerons et les larves y feront leur développement
Aphidius ervi pond ses oeufs dans le corps des pucerons et les larves y feront leur développement © Nikk / flickr

Microplitis mediator et Diadegma fenestrale, deux petites guêpes, parasitent la noctuelle du choux et sont attirées par les bleuets et les plantes mellifères qui servent alors de plantes relais dans les cultures de choux en plein champ.

Voici un paragraphe rédigé, prêt à être ajouté à la fin de votre article. Il reprend ces limites de manière claire et professionnelle, tout en conservant le ton informatif de votre texte initial :

Les points de vigilance à connaître

Bien que la méthode des plantes relais offre des avantages considérables pour une agriculture durable, sa mise en œuvre sur le terrain requiert une certaine technicité et présente quelques défis à anticiper :

  • Une gestion temporelle rigoureuse : la réussite du dispositif repose sur un "timing" précis. La plante relais doit être semée et colonisée par l'insecte hôte bien avant que les ravageurs n'attaquent la culture principale. Si ce décalage temporel est mal évalué, les auxiliaires n'auront pas le temps de se multiplier pour protéger efficacement la récolte.

  • L'occupation de l'espace cultivable : surtout sous serre, où chaque mètre carré représente un enjeu financier, dédier de la surface aux plantes relais implique de réduire légèrement l'espace alloué à la culture de vente.

  • Un entretien supplémentaire : loin d'être de simples "mauvaises herbes" laissées à l'abandon, les plantes relais sont des cultures à part entière. Elles exigent leurs propres soins (irrigation, fertilisation, remplacement si elles dépérissent), ce qui demande du temps de main-d'œuvre additionnel pour l'exploitant.

  • Le risque d'hyperparasitisme : en créant un écosystème riche et complexe, il arrive que l'on attire involontairement des "hyperparasitoïdes". Ce sont des prédateurs secondaires qui viennent s'attaquer aux hyménoptères parasitoïdes que l'on essaie justement de favoriser, ce qui peut freiner l'efficacité de la lutte biologique.

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