Faux nénuphar, Petit nénuphar pelté

Nymphoides peltata, le faux nénuphar ou petit nénuphar pelté, est une plante vivace aquatique, appartenant à la petite famille des Menyanthacées qui comprend également Menyanthes trifolia, le trèfle d’eau.

Faux nénuphar, Petit nénuphar pelté, Nymphoides pelltata

Botanique

N. scientifique Nymphoides pelltata
Famille Ményanthacées
Origine Europe, Asie
Floraison juin à septembre
Fleurs jaune
Typeplante aquatique
Végétationvivace
Feuillage caduc
Hauteur30 à 150 cm de hauteur d'eau

Planter et cultiver

Rusticité très rustique, -23 °C
Exposition ensoleillée
Solvase riche à assez pauvre
Acidité neutre à moyennement basique
Humidité aquatique
Utilisationbassin, mini bassin, mare, étang...
Plantationprintemps, été, automne
Multiplicationbouture de tiges, semis
Faux nénuphar, Petit nénuphar pelté, Nymphoides pelltata

Nymphoides peltata fait partie de notre flore indigène : ce faux nénuphar est inféodé aux plans et cours d’eau calme ou stagnante et ensoleillés : bras mort d’une rivière, lacs, fossés, mares ou canaux abandonnés. Il est distribué en Europe et en Asie, mais se trouve menacé par la disparition des zones humides naturelles sur notre territoire ; il est protégé dans plusieurs régions.

Et pourtant, en même temps cette espèce est considérée comme invasive dans certains pays, en Amérique du Nord et en Nouvelle-Zélande par exemple, introduite pour la culture ornementale, elle s’est échappée et entre parfois en concurrence avec les espèces locales.

Décorative, Nymphoides peltata fait en effet une sympathique plante de bassin flottante, une sorte d’alternative de petite taille au nénuphar d’autant plus intéressante en France que c’est une espèce indigène.

Description du faux-nénuphar

Nymphoides peltata est une plante submergée rhizomateuse aux feuilles flottantes caduques. Elle produit une longue tige cylindrique racinée aux nœuds d’où partent des feuilles bien espacées et engainantes ; parfois ces tiges s’enfoncent dans la vase au fond de l’eau pour faire un nouveau rhizome, mais sinon la plante est capable de flotter librement.

Ses feuilles au long pétiole apparaissent au printemps après un repos hivernal au fond de l’eau. Ces pétioles cylindriques sont longs de 30 cm à plus de 1, 50 m. Le limbe est de forme arrondie, comme celui des nénuphars, mais bien plus petit, de 1,5 à 8 cm de diamètre seulement, avec une tendance plus ovoïde et au rebord légèrement ondulé.

Le petit nénuphar pelté fleurit d’avril à octobre : des inflorescences multiflores qui naissent de l’aisselle des feuilles. Les fleurs, au pédicelle long de 3 à 7 cm, se dressent un peu au-dessus de la surface de l’eau. Elles forment une corolle en coupe à 5 lobes profonds à la marge frangée, jaune doré, larges de 3 cm environ. Ces fleurs sont fécondées, entre autres, par des abeilles et des papillons. Elles se transforment ensuite en petites capsules elliptiques de 2 cm environ.

Ces fruits libèrent des graines brunes et aplaties de 5 mm, comprimées et couvertes de cils. Elles sont conçues pour flotter et s’accrocher aux plumes et poils des animaux qu’elles rencontrent afin d’être disséminées d’un étang à un autre.

Comment cultiver et utiliser Nymphoides peltata ?

Cultiver cette plante indigène dans son jardin d’eau, bassin ou mini bassin en demi-tonneau est très facile, du moment qu’on lui offre un milieu aquatique d’une hauteur d’eau minimale de 25 cm, pas trop acide. En effet, Nymphoides peltata demande une eau neutre à moyennement basique, moyennement pauvre à très riche en matière organique. Évidemment, plus l’eau est riche, et plus il aura une croissance importante.

Autre impératif : Nymphoides peltata a besoin de soleil, donc d’une surface d’eau bien dégagée qui d’ailleurs le met bien en valeur. Il trouve sa place au milieu d’autres plantes flottantes comme des potamots crispés ou flottants, voir à côté d’autres nénuphars pas trop imposants, mais subit la concurrence de plante émergée du genre roseau, massette, thalia, carex… bref, celle des plantes aquatiques qui produisent un feuillage émergé qui ombre la surface de l’eau.

Le faux nénuphar peut être installé du printemps jusqu’à l’automne, avec la motte simplement déposée dans le bassin. Ça ne sert à rien de vouloir le maintenir en pot, car il s’étale là où il trouve les bonnes conditions.

Nymphoide peltata est rustique jusqu’à -23 °C. Son feuillage se décompose avant l’hiver pour rester au repos sous forme de rhizome.

Ce faux nénuphar ne devient réellement envahissant qu’en eau très riche en matière organique. Pour le limiter, il suffit alors de ramasser les tiges flottantes, ce qui est assez facile et permet de remédier à l’eutrophisation de l’eau. Les feuilles, exportées du bassin et mises sur le compost, ôtent une part d’azote et de phosphore de l’eau pour enrichir votre compost ; sinon, ces éléments seraient libérés à nouveau dans l’eau en automne quand le feuillage se décompose.

Autres utilités pour les bassins  : ses feuilles flottantes offrent une cache et une ombre rafraîchissante pour les tritons ou les poissons, mais aussi un support à libellules ou demoiselles et autres petits animaux aquatiques devenus précieux par leur raréfaction. En tant que plante indigène, il entretient la biodiversité.

Autre usage, notamment en Asie

Les tiges de Nymphoides peltata font un légume à cuire qui est apprécie.

Ce petit nénuphar pelté est également une plante médicinale utilisée hachée pour soigner les plaies, les irritations, les brûlures ou les ulcères de la peau, mais aussi indiquée en interne comme vermifuge, fébrifuge et diurétique.

Comment multiplier Nymphoides peltata ?

Au printemps et en été, chaque morceau de tige avec au moins un nœud (ou une feuille) est suceptipble de refaire une nouvelle plante. Souvent d’ailleurs les nœuds présentent déjà quelques racines à la manière des stolons.

Les divisions de rhizome ont lieu plutôt au printemps.

Le semis, plus long, est moins évident. Déjà les graines ne sont pas faciles à récolter, le fruit ayant tendance à s’immerger (pendant environ 10 jours) pour réémerger quand il va libérer ses graines. Il ne faut donc pas rater le laps de temps où la récolte est possible.

Les graines sont semées dès que possible dans un pot de terre recouvert de 2 cm d’eau, à lumière vive.

Le saviez-vous ?

Ne pas confondre : Hydrocleys nymphoides, où ‘nymphoides’ sans majuscule est ici le qualificatif dans le nom binomial latin, est un autre petit faux-nénuphar d’Amérique tropicale, appelé pavot aquatique, superbe avec ses fleurs jaune tendre de 8 cm.

Espèces et variétés de Nymphoides

Environ 40 espèces de Nymphoides, tempérées ou tropicales

  • Nymphoides hydrophyla, à fleurs blanches, utilisé en aquariophilie
  • Nymphoides cristata, une miniature à fleurs blanches et feuilles bordées de rouge
  • Nymphoides indica, aux fleurs blanches finement ciliées
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