Les libellules, des prédatrices de haut vol

Zigzaguant dans les airs, les Libellules survolent la mare. Pilotes hors pair, l'espace aérien est leur domaine. Elles y chassent et y mènent leurs parades amoureuses du printemps à l'automne. Sous les eaux leurs petits attendent, laissent passer les mauvaises saisons, pour eux aussi prendre enfin leur envol.

Sympretum, rencontres aériennes
Sympretum, rencontres aériennes

Les dragons des airs

Ses quatre ailes translucides bien étalées au soleil, une Libellule se prépare à prendre son envol. Son long corps noir rayé de vert et bleu, ses gros yeux ronds rapprochés, laisse penser que l'Aeschne bleue est au rendez-vous sur les perchoirs de la mare. Et qu'elle n'est pas seule. Sur un rocher voisin se chauffe une Libellule déprimée, à l'abdomen bleu ciel. Un Sympetrum rouge traverse les airs à toute vitesse.

« Les dragons des airs » regroupent de nombreuses espèces appartenant aux Anisoptères, classés parmi les Odonates, aux côtés de leurs cousines les jolies et petites Demoiselles, nommées Zygoptères. Elles-mêmes apprécient les perchoirs exposés au soleil, mais replient leurs ailes le long de leur corps gracile.

Un adulte virtuose des airs, une larve aquatique

Les Libellules adultes virevoltent dans les airs du printemps à l'automne, un réseau de fines trachées parcourant leur corps, alimentant leurs cellules et muscles en oxygène indispensable à leurs prouesses aériennes. Mais leurs petits passent leur vie sous l'eau. Quelques mois à plusieurs années selon les espèces. Et doivent donc respirer sous l'eau.

Chez leurs cousines les Demoiselles trois branchies abdominales permettent les échanges gazeux. Mais rien de tel chez les Libellules. Une observation attentive montre d'étranges mouvements d'eau à l'extrémité de leur abdomen pyramidal. Des muscles pompent, l'eau entre, sort, se renouvelle au niveau de tissus plissés du rectum, apportant oxygène, évacuant le dioxyde de carbone. La respiration a bien lieu.

Des prédatrices à l'affût

Respirant tout doucement, sans se faire remarquer, les larves plutôt trapues des Libellules s'installent sur les fonds des mares. Grisâtres, elles se confondent avec la vase, s'y enfouissant parfois, leur camouflage est alors parfait. Seuls leurs yeux, leurs antennes et soies sensibles dépassent. Elles sont souvent groupées, et toute proie passant par là, larves d'insectes, crustacés, vers, si elle échappe à la première embuscade, ne verra pas venir la deuxième, et sera saisie et dévorée. Même si elle n'était pas à portée de mandibule.

Les Libellules sous leur menton ont un masque replié, muni de pinces. Elles le déplient à une vitesse foudroyante et capturent leurs victimes insouciantes à distance. Elles changeront régulièrement de territoire de chasse, se déplaçant lentement sur leurs six pattes, se propulsant avec l'eau jaillissant de leur abdomen.

Des pilotes de chasse hors pair

Les Libellules sont capables de prouesses aériennes. Laissant même sur place leurs cousines les Demoiselles. Vols verticaux, en zig-zag, en piqué, stationnaire... Elles peuvent tout faire, à des vitesses record chez les insectes. Et de fait peu de proies aériennes leur échappent. Moustiques, mouches, éphémères, papillons... Elles les capturent de leurs pattes avant, et comme leurs larves les broient avant de les avaler.

Et si une Libellule semble nonchalamment posée au soleil sur une brindille, ses grands yeux extrêmement performants sont toujours en action, le passage d'une proie sera instantanément suivi d'un décollage éclair et d'une capture irrémédiable.

Mâles et femelles , rencontres aériennes

Au printemps débute de véritables ballets au-dessus des étangs, mares, cours d'eau. Les Libellules et les Demoiselles débutent leurs parades aériennes. Les mâles vont délicatement saisir les femelles par le cou, de l'extrémité de leur abdomen. Les femelles ainsi maintenue se courberont pour amener l'extrémité de leur propre abdomen vers le pénis du mâle. Celui-ci se situant au début de l'abdomen, il s'ensuivra des figures de style évoquant des cœurs. Les spermatozoïdes sont stockés et pourront féconder les œufs lors de la ponte.

Une ponte sous étroite surveillance

Les Libellules fécondées cherchent un emplacement pour la ponte, souvent surveillées par leur partenaire. La famille des Aeschnes pondra ses œufs dans les tissus des végétaux, comme les Demoiselles. Les autres Libellules chercheront des végétaux immergés, du sable, pour déposer leurs œufs. Les larves grandiront au cours de mues successives, 7 à 15, durant 1 à 5 années selon les espèces. Sa taille d'ultime transformation atteinte, la larve quitte l'eau, recherche un promontoire au soleil. Son ancienne enveloppe, l'exuvie, se déchire, les ailes se déploient, sèchent au soleil. Et la Libellule prend son envol.

Des espèces menacées

Comme tous les insectes, les libellules se font de plus en plus rares, en cause la disparition de leurs habitats humides. Préservez les mares et les zones humides qu'elles affectionnent.

Il n'est pas rare que celles-ci se retrouvent coincées dans nos habitations, attrapez-les avec délicatesse et relachez-les pour leur permettre de continuer à nous ravire de leurs ballets aériens !

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