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Les demoiselles, un ballet aérien au-dessus de la mare

Du printemps à l'automne, les Demoiselles viennent égayer la mare, virevoltant entre les joncs, typhas, carex. Pilotes expérimentées, elles chassent leur proie en plein vol, mettent en œuvre des parades amoureuses étonnantes. Puis disparaissent à l'entrée de l'hiver, laissant leurs larves aquatiques subsister à la mauvaise saison.

Calopteryx splendens, le caloptéryx éclatant ou caloptéryx splendide
Calopteryx splendens, le caloptéryx éclatant ou caloptéryx splendide

Une réputation internationale

Les Demoiselles se remarquent parmi les insectes des zones humides par leurs teintes colorées, bleu métallique, rouge feu, jaune paille, turquoise lumineux... Leurs quatre ailes finement nervurées translucides se nuancent souvent des couleurs du corps.

Au repos, elles se replient comme un livre le long de leur corps fin et gracile. Caractéristique les différenciant de leurs cousines les libellules, les gardant bien étalées, en position horizontale.

Les Demoiselles, nommées aussi Agrions, Zygoptères, se classent parmi les Odonates, des centaines d'espèces existent de part le monde, toutes menant une vie mi-aquatique, mi-aérienne, les jeunes grandissant sous l'eau, sous forme de larves .

Une vie mi-aquatique, mi-aérienne

A leur naissance, les petites larves d'Odonates ont une vie entièrement aquatique. Elles doivent donc respirer sous l'eau. Chez les Demoiselles on observe à l'extrémité de leur abdomen trois lamelles branchiales de forme variable selon les espèces. Des replis près du rectum jouent également un rôle dans les échanges gazeux.

Après plusieurs mues successives les larves vont quitter le milieu aquatique et devoir s'adapter à une respiration aérienne. Un réseau de fines trachées parcourt le corps des Demoiselles, acheminant l'air au plus près des cellules.

De redoutables prédatrices

Les Demoiselles, larves comme adultes, ont des techniques de chasse efficaces et foudroyantes. Les larves, brunes à grises, passent inaperçues sur les fonds vaseux. D'autant qu'elles ne bougent pas. Elles attendent. Yeux, antennes, soies sensibles, en alerte. Pour peu qu'une proie passe à une distance qui semble maintenir une sécurité certaine mais illusoire, elle déploie alors un masque labial. A grande vitesse. Et attrape petites larves d'insectes, crustacés, vers... La victime est broyée, avalée. Le masque se replie alors sous la tête, « masquant » chez certaines espèces une partie de leur face. Pour partir vers un nouveau territoire de chasse, la larve se déplace sur ses six pattes et ondule de ses lamelles branchiales, qui font office de nageoires.

Des pilotes de chasse

Les Demoiselles adultes n'ont rien à envier à leurs petits. Elles chassent en vol. Moustiques, papillons, éphémères, mouches, tous les insectes de petite taille sont des cibles potentielles. Leurs gros yeux ronds, bien détachés, repèrent tout mouvement. Rapides, avec leurs quatre ailes, elles fondent sur leurs proies, les capturent de leur pattes antérieures, les portent à leur appareil buccal, les broient avant de les avaler. Toute la belle saison elles sillonnent ainsi les airs, appréciables régulatrices de nombreux nuisibles des humains.

Mâles et femelles , rencontres aériennes

Au printemps débute de véritables ballets au-dessus des étangs, mares, cours d'eau. Les Agrions mâles repèrent leur territoire, le surveillent, invitent une jolie partenaire. Ils la saisissent délicatement par le cou, de l'extrémité de leur abdomen. La femelle ainsi maintenue va se courber pour amener l'extrémité de son propre abdomen vers le pénis du mâle. Celui-ci se situant au début de l'abdomen, il s'ensuit une figure de style évoquant un cœur. Et les œufs sont prêts à être fécondés.

Une ponte sous étroite surveillance

La Demoiselle fécondée décide de pondre. Sous l'étroite surveillance de son partenaire. Selon les espèces, il la maintiendra par le cou durant toute l'opération. Ou restera à proximité pour assurer une protection rapprochée. La ponte, des dizaines d'oeufs, sera faite à l'intérieur des tissus végétaux, sous les feuilles de nénuphars, le long des tiges de joncs, massettes...

La première larve sortira de son trou végétal, et prendra rapidement l'aspect long et fin des larves de Zygoptères. Plusieurs mues se succéderont durant plusieurs mois, voire plusieurs années selon les espèces, pour atteindre la taille de transformation en adulte ailé. La larve grimpe alors sur les végétaux, déchire son ancienne enveloppe, déploie et fait sécher ses ailes et son nouveau corps avant de prendre son envol.

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