Précautions d'emploi des fumiers

Amendement naturel d'origine organique, le fumier paraît bien inoffensif pour le jardinier qui ne se pose pas plus de questions que cela en l'épandant dans son jardin. Toutefois, il peut être vecteur d'agents pathogènes ou brûler les végétaux, voire provoquer une faim d'azote. Voyons pourquoi et comment y remédier.

Fumier dans un pré
Fumier dans un pré

Qu'est-ce-que le fumier ?

Le fumier est issu de résidus de déjections animales parfois mêlé à de l'urine et à de la paille servant de litière aux animaux. Il peut être d'origine bovine (vaches, bœufs), ovine (moutons), caprine (chèvres), équine (cheval) ou provenir de la basse-cour (poules).

Chaque type de fumier répond a un besoin du jardinier, certains étant riches en potasse comme le fumier de moutons, d'autres ayant une action coup de fouet comme les fientes de poule... Mieux vaut donc bien se renseigner avant de l'utiliser au jardin.

Problèmes liés à l'usage de fumier au jardin

Le fumier, quel qu'il soit, doit être utilisé avec précaution surtout lorsqu'il est frais. Vérifiez toujours la provenance et surtout les pratiques de l'exploitation agricole où vous vous fournissez si vous ne possédez pas vous-même les animaux qui produisent le fumier.

Les grosses exploitations et élevages ont souvent recours à des antibiotiques ou des vermifuges : méfiance donc ! Si vous avez la chance de récupérer votre fumier dans une petite exploitation bio, vous n'aurez plus ce souci à prendre en compte.

Autre problème causé par les fumiers frais : les risques de brûlures au niveau des racines des plantes, mais aussi une fragilisation des tissus les rendant plus réceptifs aux maladies et parasites. Dans ce cas, l'excès d'éléments nutritifs apporté par le fumier frais n'est pas assimilable par les plantes et difficilement transformé par les micro-organismes. De plus, certains fumiers comprennent une part d'urine importante apportant de l’ammoniaque en excès, les racines des plantes récemment installées n'y résisteront pas.

Le fumier frais utilisé au printemps génère souvent la fameuse 'faim d'azote' car les micro-organismes ont bien du mal à transformer toute cette matière organique fraîche rapidement. Pour cela, ils ont besoin de puiser l'azote présent dans le sol, qui n'est donc plus disponible à ce moment là pour les plantes déjà en place. Elle deviennent alors chétives, prennent une teinte pale, signes d'une carence évidente en azote.

Enfin, le fumier frais contient des germes, parfois des bactéries, des virus et même des parasites. Salmonelles, Escherichia coli, Listeria... Tout un petit monde plus ou moins sympathique peut être abrité par le fumier frais ! Si le fumier est mis au contact direct avec les légumes du potager, ces agents pathogènes peuvent être transmis à l'Homme avec tous les dangers que cela comporte.

Faut-il abandonner l'idée de faire des apports de fumier au jardin ?

Sachant les problème liés à l'usage du fumier au jardin, on est en droit de se poser la question de son remplacement par un autre amendement. Il serait pourtant dommage de passer à côté de son utilisation mais elle devra être faite à bon escient et au bon moment.

Le fumier améliore la structure du sol surtout si celui-ci est pauvre, compact, argileux, très calcaire ou peu humifère. Il apporte de nombreux éléments nutritifs nécessaires à la croissance des plantes, le fumier est donc un très bon fertilisant naturel.

En outre, le fumier frais peut-être utilisé dans la réalisation de 'couches chaudes' pour les cultures précoces en fin d'hiver. Cette technique, permet d'avancer la date des semis et des plantations de quelques semaines mais aussi de cultiver des légumes primeurs. Excepté dans ce cas, il sera utilisé sous forme compostée à la plantation.

Le fumier frais peut cependant être épandu sans risque sous la forme d'un paillage au potager en automne sur les parcelles nues. Il aura le temps de se décomposer, de se décharger de ses agents pathogènes et de fertiliser le sol pour une plantation printanière sans risque. Grâce à cette couverture, le sol sera meuble, exempt de mauvaises herbes et préservé du lessivage des nutriments occasionné par les pluies.

Les différents 'âges' du fumier

Tout réside dans la question du dosage mais aussi de choix du fumier et surtout de son âge :

  • On parle de fumier frais lorsqu'il a récemment été produit par les animaux et qu'il n'est pas encore passé par un processus de décomposition.

  • Le fumier composté est quant à lui, un fumier ayant subi ce processus. La température est alors montée au delà de 50°C dans le tas de fumier composté et ce, durant plusieurs semaines. La majorité des agents pathogènes n'y auront pas résisté. Pour réussir le compostage du fumier, ajoutez une part carbonée comme de la paille ou des résidus de branches ou de feuilles coriaces broyées et veillez à ce qu'il ne sèche pas. Vous pouvez l'arroser au purin d'ortie qui constitue un très bon accélérateur de compost ou tout simplement le maintenir humide avec de l'eau. N'oubliez pas de retourner le tas au bout d'un mois pour que le processus de décomposition s'active bien de partout, l'apport en air relance souvent l'élévation de la température. Il faudra tout de même plusieurs mois pour transformer le fumier en compost, soyez patients ! Une fois transformé, il constitue un amendement riche et idéal pour les cultures gourmandes comme les cucurbitacées, les tomates ou les aubergines.

  • Le fumier vieilli est un type de fumier n'ayant pas subi de transformation mais dont les agents pathogènes et les risques de brûlures ne sont plus actifs. Pour faire vieillir du fumier, il faut placer le tas durant environ 6 mois sur des palettes ou tout autre élément aéré dont l'eau pourra s'écouler librement et le laisser tel quel sans le retourner. Il pourra ensuite être utilisé sans risque comme amendement.

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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • Jacques (Sud-ubangi)
    Peut-on amender le jardin avant de semer l'oignon ?
    Répondre à Jacques
    Le 28/12/2019 à 09:18