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Questions fréquentes sur l'apiculture

L'élevage des abeilles constitue un métier à part entière pour les apiculteurs mais peut être aussi un loisir pour le jardinier désirant abriter une ruche dans son jardin. Outre une meilleure pollinisation de ses cultures, il en retirera la satisfaction de goûter à du bon miel fait maison. Mais avant de se lancer dans cette activité, mieux vaut en étudier tous les paramètres.

Des abeilles au travail sur un cadre...
Des abeilles au travail sur un cadre...

Retrouvez dans cette FAQ vos questions les plus fréquentes sur l'apiculture et les abeilles...

Ai-je le droit d'installer une ruche dans mon jardin ?

Oui, un particulier a le droit d'installer une ruche dans son jardin. Il est nécessaire de se renseigner auprès de la préfecture de son département car les distances de sécurité entre la ruche et le voisinage peuvent varier. De même pour l'installation d'une ruche dans un lotissement ou sur le toit d'un immeuble, le syndic devra être interrogé sur une éventuelle réglementation.

Dans de nombreux départements la distance minimale de 20 mètres de la voie publique ou de la limite de propriété semble être adoptée. Si un établissement public est présent dans la zone, la distance s'étend à 100 m.

Notez que les ruches isolées des propriétés voisines ou des chemins publics par un mur, une palissade en planches jointes ou une haie ne sont pas soumises a cette réglementation de distance.

Avoir une ruche, c'est contraignant ?

Une seule ruche est assez facile à gérer, mais il faut savoir que d'avril à octobre, elle vous occupera 7 heures par mois environ, avec une visite par semaine en saison. Entre les visites d'entretien, la pose des hausses, la surveillance de l'essaimage, la récolte du miel, vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer !

Combien de ruches sont autorisées en loisir ?

Un maximum de 10 ruches est autorisé pour les apiculteurs amateurs.

Comment me lancer dans l'apiculture ?

La technique demandant certaines connaissances, il est vivement conseillé de suivre une formation avant de se lancer, même pour une seule ruche exploitée dans le cadre familial !

Pour cela, vous pouvez contacter le syndicat apicole de votre département. Il saura vous diriger vers un rucher-école. Souvent animées par des apiculteurs bénévoles, ces écoles vous apprendront les règles de sécurité à respecter pour élever vos abeilles en toute quiétude.

Il existe aussi une formation d'initiation à l'apiculture assurée par l'UNAF (Union Nationale de l'Apiculture Française) sur 3 jours. Attention, les sessions sont très demandées et souvent complètes, prenez-vous-y à l'avance !

Si vous désirez devenir professionnel, il faudra obtenir le Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole spécialisation Apiculture. Rapprochez-vous du CFPPA (Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole) le plus proche.

Où installer ma ruche ?

Une fois la réglementation respectée, la ruche devra être installée sur une zone plane, protégée des vents dominants, au soleil dans les régions du Nord, à la mi-ombre dans les régions méridionales. En général une exposition Sud-Est est idéale. Un point d'eau non loin de la ruche est un plus non négligeable.

Si vous désirez un miel spécifique (lavande, châtaignier...), installez la ruche au plus près de la culture.

Certains apiculteurs ont noté que les ondes telluriques (réseau Hartmann) avaient une influence sur les abeilles. Si une colonie est très agressive ou peu productive, il suffit parfois de déplacer la ruche pour que tout s'arrange !

Où trouver un essaim ?

Renseignez-vous auprès des apiculteurs de votre région. Certains apiculteurs/éleveurs vendent des essaim adaptés au terroir. Choisissez de préférence un essaim de l'année avec une jeune reine. Cette solution est toujours la meilleure pour s'assurer de bon taux de réussite. Attention, les essaims se réservent longtemps à l'avance !

Vous pouvez aussi vous procurer un essaim sauvage mais attention, il faut savoir s'y prendre ! Si cela n'est pas le cas, faites vous aider par un apiculteur/cueilleur d'essaim. Vous trouverez la liste des apiculteur d’Île-de-France ICI. En Province, contactez les syndicats apicoles de votre région  !

Il est hautement recommandé de ne pas acheter vos abeilles par correspondance en importation !

Où trouver une ruche et le matériel apicole ?

Il est toujours préférable de commencer son activité dans une ruche neuve, car les ruches d'occasion peuvent abriter des agents pathogènes. Pour cela, vous avez le choix entre la construire vous-même si vous êtes bricoleur, et en acheter une dans un magasin spécialisé ou sur Internet. Comptez entre 70 et 300 € pour une ruche équipée de cadres selon le modèle.

Vous aurez ensuite besoin d'une combinaison protectrice et d'un chapeau spécifique pour visiter vos abeilles en toute sécurité. Un enfumoir et un lève-cadre viendront compléter la panoplie, sans oublier l'extracteur manuel ou électrique pour recueillir le miel.

Il existe des kits 'Spécial débutants' comprenant tout le matériel. Renseignez-vous : les prix sont souvent plus avantageux.

Puis-je vendre mon miel ?

Même s'il est vendu à très petite échelle, vous ne pourrez vendre votre miel que si vous possédez un numéro de SIRET qui s’obtient auprès du Centre de formalités des entreprises (CFE) de la chambre d’agriculture de votre région.

Qu'est-ce qu'une ruche connectée ?

Elle permet de suivre à distance l'évolution de la colonie via un smartphone, une tablette ou un ordinateur. La ruche connectée (Label Abeille, BeezBee, Smarthive...) fonctionne grâce à une balance placée sous la ruche et à des capteurs. Elle permet de maîtriser des paramètres tels que l'orientation, la température interne, la luminosité, le poids de la colonie et de la production, le taux d'humidité.

Des notifications sont envoyées à votre smartphone en cas de problème détecté. L'application vous donne des conseils pour mieux gérer votre ruche.

Les prix varient selon les marques et les produits. Comptez au minimum 300 € pour une balance et de 580 à 800 € pour une ruche connectée entièrement équipée.

Quand récolter le miel ?

Un essaim a besoin de vraiment s'installer pour être productif. La première année peut être décevante, mais n'abandonnez pas. Si l'hiver se passe bien, vous avez déjà réussi une bonne partie du travail !

N'oubliez pas que le miel est fabriqué par les abeilles pour constituer des réserves consacrées à leur survie hivernale, il ne faut donc pas les en déposséder. Il est important de laisser au moins 20 kg de miel par ruche. Vous ne prélèverez que le surplus, souvent placé dans les cadres de hausses. Le bon moment pour récolter le miel correspond à la fin de l'operculation (plus de 80% des cadres sont recouverts de cire). Le miel ne doit pas contenir plus de 18% d'eau pour ne pas fermenter. Généralement les récoltes interviennent en août mais cela dépend de la région, des races d'abeilles, et de la technique de l'apiculteur, certain faisant même deux récoltes, une hâtive au printemps et une tardive en fin d'été.

Le miel de printemps est doux, frais et clair, il peut se troubler un peu. Le miel de fin d'été est souvent plus brun, plus aromatisé.

Quel type de ruche choisir ?

Il existe de nombreux types de ruches (Dadant, Voirnot, Warré, Langstroth, WBC, Kényane, tronc et même connectée !).

Renseignez-vous sur le type préféré de ruches chez les apiculteurs de votre région et ne vous laissez pas tenter par des effets de mode ou par un exotisme ou une originalité quelconque pour débuter. Mieux vaut se fier au valeurs sûres qui ont fait leurs preuves. Avec de la pratique et de l'expérience, vous pourrez ensuite envisager des ruches différentes et les tester.

Sachez que la majorité des apiculteurs utilise des ruches Dadant ou Langstroth.

Il existe aussi des préférences régionales, par exemple dans les Cévennes, où les ruches troncs couvertes par une ardoise plate sont très appréciées.

Quelle race d'abeilles choisir ?

Apis mellifera, l'abeille domestique, se décline en plusieurs races, certaines de lignées pures (existant déjà à l'état naturel), et des hybrides. Chacun fera son choix selon sa région, son climat et ses priorités.

Parmi les races pures :

  • Apis mellifera mellifera dite 'Abeille noire' est une espèce au corps velu, noir, connue pour sa résistance aux maladies et au froid. Sa tendance a pondre tardivement, a être parfois agressive et sa propension à l'essaimage ont failli causer sa disparition. Elle est actuellement protégée et une quinzaine de conservatoires existent en France.

  • Apis mellifera ligustica dite 'Abeille italienne' est velu et grisâtre. Elle est adaptée au climat chaud du pourtour méditerranéen. Elle est très féconde, produit beaucoup de miel et n'est pas agressive. Elle a cependant du mal a résister au froid et a une grande tendance à l'essaimage.

  • Apis mellifera caucasia, dite 'Abeille caucasienne' est de couleur chamois/grisâtre. Résistante au froid, douce, elle est aussi une grande productrice de propolis.

  • Apis mellifica iberiensis est de couleur sombre. Connue pour son agressivité, elle est cependant appréciée pour sa production de propolis.

  • Apis mellifica carnica dite 'Carniole' ou 'Carnolienne' est grise et de grande taille. Elle est appréciée dans les ruchers des villes car elle n'est pas agressive. Rustique, elle supporte le froid, productive tôt au printemps, elle a pour inconvénient d'essaimer.

Parmi les hybrides :

  • La 'Buckfast' est une sorte de super-abeille qui allie douceur, rusticité et productivité. Peu essaimeuse, elle est résistante à de nombreuses maladies.

  • L'abeille tueuse ou 'Abeille africanisée' est issue d'un croisement entre Apis scutellata, une espèce africaine, Apis mellifera ligustica et Apis mellifera iberiensis. Agressive elle sait se défendre contre ses prédateurs naturels. Résistante aux maladies, elle commence a envahir les colonies d'abeilles européennes ce qui pose des soucis aux apiculteurs.

Quelles sont les démarches à effectuer pour installer une ruche dans mon jardin ?

Une déclaration de détention et d'emplacement de ruches doit être remplie en ligne, un récépissé vous sera envoyé. Celui-ci fera office de justificatif officiel de détention de ruches. Notez que si vous ne possédiez pas de numéro d'immatriculation NAPI avant la déclaration en ligne, celui-ci vous sera automatiquement attribué.

Depuis février 2016, la DGAL (Direction générale de l’alimentation) délivre ce numéro d’immatriculation à l'apiculteur (même amateur). Il comporte 8 caractères : la lettre A et 7 chiffres. Ce numéro était auparavant fourni par la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations), il doit être placé sur la ruche ou à sa proximité de manière bien visible ; les caractères doivent atteindre une taille d’au moins 8 cm de hauteur et 5 cm de largeur.

La déclaration doit être renouvelée chaque année entre le 1er septembre et le 31 décembre.

Quels sont les principales causes de mortalité dans une ruche ?

La varoa (acariens), la nosémose (protozoaires), la loque européenne (bactérie), et la loque américaine (bactérie) sont les principales causes de mortalité dans une ruche.

Une hygiène stricte, l'utilisation d'outils désinfectés et des traitements réguliers offrent une parade aux diverses maladies.

La mortalité hivernale peut survenir en cas de manque de nourriture, d'un trop fort taux d'humidité favorable aux maladies, d'un trou d'entrée trop grand permettant l'entrée du froid et des prédateurs. Seule la prévention et des visites très régulières permettront de réduire les risques de mortalité au rucher.

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