Un verger biologique

Un verger biologique
Un verger biologique

« Biologique » voilà un terme qui, vers les années 1960, était complètement incompris, voire, même, combattu. 

Déjà du temps de nos grands parents, vers 1920, il existait de fins observateurs qui avaient compris que la culture pratiquée alors avec des engrais traités chimiquement pour être rapidement assimilables et avec de l’arsenic, (plus tard avec du D.D.T.)  pour lutter contre les insectes nuisibles, n’était pas la méthode rêvée.

Dans les années 1930 à l’Institut agronomique d’Antibes les chercheurs connaissaient les pouvoirs bénéfiques des insectes auxiliaires, pour ne citer que la coccinelle et le syrphe parmi des dizaines d'alliés utiles déjà bien catalogués ! mais l’industrie chimique avec ses aspects hautement lucratifs a dominé ! (tout comme le pétrole a fait reculer l’avancée de la voiture électrique. La « Jamais Contente » roulait déjà à 100 km/h en 1899).

La terre de notre verger est vivante

Des milliards d’organismes participent à la vie de la terre et élaborent la « nourriture » nécessaire aux plantes sans perte dans les eaux de pluies, alors que les engrais traités chimiquement pour une assimilation rapide polluent les rivières car les racines ne peuvent pas tout retenir.

La température en-dessous de laquelle il faut éviter de remuer la terre sous peine de bouleversement est 13°C. Dés l’automne il est utile de protéger la terre du jardin ou les parties nues autour des arbres, par un mulsch constitué d’un manteau de végétaux qui peut être des fougères (éloignent certains parasites), herbes non grainées, déchets de cuisine, fumier (issus d’élevages bios), etc….

Ce mulsch sera, ensuite, enfouis au printemps au moment du bêchage, au-dessus de 13°C, lorsque qu’il sera décomposé car il ne faut jamais enfouir des matières organiques fraiches sources d’attirance des parasites et de ralentissement de la vie des organismes. Ce mulsch est une bonne source de matière organique et les précieux vers de terre les transforment positivement.

Lors de l’enfouissement c’est le moment d’ajouter des « engrais » naturels à actions plus ou moins lente tels que les poudres de cornes broyées et torréfiées (apport d’azote), de vieux cuirs (d°), de farine d’arrêtes de poissons (apport de phosphore), de déchets de pulpes de betteraves et des poudres de roche potassiques (apport de potasse), d’algues marines brunes, etc…

Attention à la cendre fraîche de bois (riche en potasse) et à la chaux ! Outre le fait que la première année la cendre est un désherbant, elle à un Ph alcalin, comme la chaux.

Le potentiel hydrogène, ph

Il importe de connaître la qualité et le Ph de notre terre. Un bon équilibre est environ 6,5 (sauf pour les plantes pour milieux acides) . Il peut être évalué à l’aide du papier tournesol en vente en pharmacie. Dans une cuillère à café on met de l’eau distillée et égale valeur de terre bien sèche, bien fine. Au bout de quelques heures on trempe légèrement une bande de papier tournesol et on compare avec l’échelle des couleurs du Ph vendu avec.

Deux cas extrêmes principaux : La terre est acide (Ph bas) : elle supporte donc l’apport de chaux, de maërl, de lithothamne , de scories Thomas,…riche en calcium qu’il faut éviter, sous peine de chlorose, dans les milieux alcalins donc à Ph élevé.
Le terre est trop alcaline : Eviter les apports des produits cités plus haut. Favoriser l’ajout de tourbe qui est acide et d’un bon compost bien décomposé à Ph de 6,5 ou en dessous.

Les préparations de plantes

Ce n’est pas nouveau ! l'ortie, prêle, absinthe, tanaisie, Quacia amara, rhubarbe,…….en décoction pour la plus part, en macération pour l’ortie pour lutter contre les maladies cryptogamique. La littérature actuelle traite de ces sujets et des produits sont présents sur les rayons des boutiques.

Il faut savoir quand même que ces préparations, si elles ne tuent pas les nuisibles, elles renforcent les plantes comme dynamisant.

L’ortie fraiche à raison d’une bonne poignée dans 10 litres d’eau devient « dynamisant » après quatre jours de macération mais il faut diluer à un litre pour 10 litre d’eau. L’ortie contient du manganèse, soufre, silice, fer, potassium,……

Après seulement deux jours de macération, et ça commence à sentir mauvais, c’est non pas une tueuse de pucerons mais un répulsif. Mais attention aux idées fausses concernant les associations de plantes, comme, un exemple : des capucines au pied d’un pommier éloigneraient les pucerons du pommier pour les attirer vers elles. Si on observe bien on s’aperçoit que les pucerons sur les capucines sont ceux des capucines et pas ceux des pommiers !

Le cuivre

Bien que considéré comme autorisé en culture biologique, il faut éviter d’en abuser car retombant dans le sol il déséquilibre la vie utile. Il n’est à utiliser que contre les maladies cryptogamiques et surtout pas contre les insectes. L’acétate de cuivre (Verdet) est à préférer à la bouillie bordelaise car il ne tache pas, il ne brule pas, il n’est donc pas nécessaire de le neutraliser. Il est préconisé à raison de 0,4 kg pour 100 litre d’eau en prévention et 1kg pour 100 litres d’eau en curatif.

A savoir : l’abus d’azote élimine le cuivre assimilable par la plante et, par ailleurs il rend les plantes fragiles. Donc veillez à employer des dosages N.P.K dans lequel le N. = l’azote est très inférieur à ceux du phosphore (P) et de la potasse (K). Des engrais naturels contenant, en plus, du magnésium, du manganèse, du zinc,…sous forme naturelle , c’est mieux.

La fertilisation foliaire

Elles sont à pratiquer sur la face inférieure des feuilles afin d’atteindre les stomates. On peut les appliquer à diverses époques de la vie des arbres fruitiers, par exemple au stade fleurs en boutons, puis à la tombée des pétales, puis lorsque le fruit est tout petit, etc… On pulvérise le matin hors des fortes chaleurs et avec une eau laissée dehors à la température ambiante.

Les préparations dynamisantes déjà citées sont parfaites en respectant les proportions.

La poudre d’algue brune est très bien à raison de 50 grammes par 10 litre d’eau.

Tout cela est valable pour peu qu’au moment de la plantation on aura pris soin d’enfouir sous les racines (ne les touchant pas) , un engrais naturel complet de « fond » à action lente .

Insecticides naturels non polluants

Lorsque l’invasion des pucerons est vraiment problématique et que même les arrosages au jet d’eau et les projections de poudres de roches se révèlent sans effets il existe le pyrèthre tiré du chrysanthème, mais attention aux bassins ou aux mares à poissons !

Le rôle des plantes mellifères

Dans un verger il faut toujours prévoir les semis de plantes mellifères comme la phacélie, entre autres, qui est d’ailleurs un excellent engrais vert. Pourquoi : parce qu’à un moment de leur vie les insectes auxiliaires ont besoin de nectar.

Coccinelles, syrphes, chrysopes, aphélinides,…..sont très utiles.

Les autres auxiliaires

La chenille est parasitée par bacillus thuringiensi ou dévorée par certaines araignées. La tordeuse du pommier est éliminée par des hymènoptères, et ainsi de suite. En principe, chaque nuisible à son ennemi, même le carpocapse. Nous avons vu notre grand-père l’éliminer en plaçant, à la tombée du jour, une bougie au milieu d’une soucoupe remplie d’eau. Attirés par la flamme ces petits papillons gris venaient s’y bruler les ailes puis se noyer dans l’eau.

Plus tard, lorsque les bouteilles d’eau en plastique sont apparues, nous avons mis au point un piège gratuit. En plus de ces nuisibles sont attirés les frelons, les guêpes, les mouches de la cerise et autres….jamais les abeilles.

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