Vincent CODRON, président de la société des amateurs de jardins alpins

Dyonisa curviflora xtapetodes
Dyonisa curviflora xtapetodes

Vincent CODRON, président de la SAJA, société des amateurs de jardins alpins répond à nos questions

Dyonisa curviflora xtapetodes Lilium bulbiferum sp bulbiferum Saxifraga 'Tyrose Pink Perfection' Vincent CODRON président de la SAJA

Bonjour Vincent, pouvez-vous présenter votre association et ses objectifs ?

La SAJA a été fondée en 1952. Association soumise à la loi de Juillet 1901, elle rassemble toutes les personnes ayant la même passion : les plantes alpines.

L’une de notre activité consiste à aller en montagne ou en climat alpin pour voir, admirer, herboriser, photographier et protéger les plantes.

L’autre aspect de la SAJA est la culture de plantes alpines en jardin, spécialement en rocaille, en raised bed (bordure surélevé), auge, serre alpine..

La saja rassemble les amateurs et les passionnés de plantes alpines et de rocaille, au sens large. Elle développe leur connaissance de la flore et de la botanique, de l’écologie des plantes : on y apprend à connaitre la nature pour mieux la protéger.

Quelles sont vos fonctions au sein de la SAJA ?

En collaboration étroite avec le Conseil d’Administration, j’assure la présidence de la Saja. Le conseil d’administration se réunit systématiquement tous les mois d’octobre à mars et le reste de l’année selon les besoins, les décisions à prendre.

Également, je suis, avec Jean-Louis Even le responsable des sorties botaniques de la Saja et également responsable de la section Nord - Pas de Calais - Picardie. Enfin, j’assure la gestion du site internet de la Saja.

Qui sont les adhérents de votre association ?

La Saja rassemble les amateurs de plantes de rocailles et plantes de montagnes, des débutants aux plus avertis. Ce sont avant tout des passionnés de botanique, qui aiment cultiver les plantes alpines, mais aussi les observer dans leur milieu naturel. Ils étudient, sèment et cultivent les plantes alpines, et aménagent une partie de leur jardin pour les accueillir. Ils s’intéressent souvent à toutes les plantes botaniques en général, attentifs à l’observation des plantes indigènes de leur région, ou collectionnant d’autres types de plantes : les plantes d’ombre, les orchidées terrestres, les plantes à bulbes, les lis ou les iris botaniques, les pivoines.

Les sajistes apprécient d’échanger leurs connaissances, leurs expériences de culture, mais aussi leurs graines et leurs plantes, notamment lors de la foire aux plantules de fin mai, ou avec la banque de graines en hiver.

Les Conservatoires Botaniques de Gap, de Brest, de Bailleul, de Genève ainsi que les Jardins Botaniques de Lyon, de Nancy, de Besançon, de Montréal, le Museum d’Histoire Naturelle de Grenoble, le National Plantentuin Van Belgie, et le Royal Botanic Gardens de Londres sont également adhérents de la saja.

Quelles sont les activités de la SAJA ?

  • la parution d’un bulletin trimestriel, c’est un lien indispensable avec les “Sajistes” dispersés dans toute la France.  
  • Tous les 3es mercredi du mois des conférences sont organisées à Paris, par exemple : Paysages et flore du Haut Atlas marocain en février, ou La flore des dolomites du sud du Tyrol Italien en mars.
  • La foire aux plantules, qui se déroule chaque année soit en région parisienne, soit en province. Elle a lieu cette année le 29 mai au parc floral de Vincennes. Elle s’ouvre d’ailleurs au public à partir de 11 h. Outre l’agréable aspect rencontre entre amateurs, cette extraordinaire foire aux plantules rassemble une grande diversité de plantes, cultivées par les Sajistes qui sont fiers de les apporter. C’est ainsi que les collections peuvent s’enrichir de cypripediums, saxifrages, androsaces, iris rares, pavots bleus de l’Himalaya, et autres petites merveilles difficiles à se procurer…
  • des voyages d’observation des plantes in natura. Cette année une session botanique est organisée au mois de juin en Grèce. Les sorties sont guidées par un botaniste spécialiste de la flore locale. Un autre séjour est organisé dans les Hautes Alpes.
  • Chaque section régionale organise ses propres activités et visites. Les sajistes de la section nord sont allés visiter le jardin royal de Kew Garden en 2015. En 2016, déjà 2 sorties sont prévues : en mars à Utrecht, nous pourrons entrer en contact avec nos homologues rocailleurs des Pays-Bas et visiter le Jardin Botanique d’Utrecht, et en juin, nous irons observer la flore du terril de Loos-en-Gohelle.
  • un concours photo en automne
  • la mise en place chaque année d’une banque de graines grâce aux donations des adhérents. Le catalogue de semences propose près de 1000 taxons.

Pourquoi cette passion ?

Chaque Sajiste a sa propre histoire qui l’a amené à adhérer à la SAJA. Que ce soit une attirance pour la beauté des plantes de montagne ou parce qu’il désire avoir dans son jardin une rocaille.

Qu’est-ce que des plantes alpines ?

Initialement, on parlait de plante des Alpes. Mais en fait une plante alpine est une plante de climat alpin. On en trouve sur les 5 continents, dès qu’il y a montagne bien sûr, mais aussi au niveau de la mer quand il y a climat alpin.

Peut-on les adapter à nos jardins et comment ? Où peut-on se les procurer ?

Il faut savoir que pour la plupart des plantes alpines, l’hiver est relativement sec avec une température voisine de zéro, car la couche de neige est un isolant. Il peut faire -20 °C et, sous deux mètres de neige, il fait entre 0 ° et -5 ° rarement moins. Ceci est la clé de la culture dans nos régions : été frais et hiver relativement sec. Avec quelques aménagements, beaucoup sont cultivables dans une simple rocaille bien drainées. Les plus fragiles seront protégées des pluies hivernales dans nos régions tempérées.

Une serre alpine est requise pour les plus difficiles, comme les draves ou les dionysias, les iris juno. D’autres sont incultivables comme Eritrichum nanum ou perdent leur charme comme l’Edelweiss ; autant se contenter d’aller les observer en montagne.

Le principe essentiel du Sajiste est de protéger les plantes alpines et il est hors de question de prendre des plantes dans leur milieu naturel. Pour se les procurer, la Saja organise des échanges de graines. La Foire aux plantules permet aussi de se procurer de nombreuses plantes alpines parfois très rares à moindre coût. Certains pépiniéristes sont spécialisés en plantes alpines et permettent d’acquérir ces plantes peu courantes.

Pouvez-vous présenter quelques plantes de montagnes, parmi les plus représentatives ?

La réponse à cette question est complexe. Il y a de très nombreuses plantes alpines intéressantes. L’Alpine Garden Society a publié en 1993 une sorte de dictionnaire des plantes alpines en 2 tomes de 2000 pages au total. Malgré tout je pense aux gentianes, ancolies, draves, saxifrages, aux androsaces. Chaque sajiste peut avoir dans son jardin ces petites merveilles.

Pouvez-vous nous parler des plus rares ?

Des plantes sont encore découvertes chaque année, dans la Cordillère des Andes, dans l’Himalaya par exemple. C’est souvent dans ces contrées que l’on rencontre les plus rares.

Une plante du mont Olympe : Jankaea heldrichii - une plante himalayenne : Anemonella thalictroides. Ces plantes sont rares en culture, car très difficiles, elles nécessitent beaucoup de précautions : tuf pour substrat, humidité très contrôlée.

Quel est votre espèce ou votre genre préféré ?

Plusieurs espèces sont mes préférées : les plantes qui ont naturellement un port en coussin, telles que les dionysias, les androsaces, certaines saxifrages. J’apprécie aussi les fritillaires, les crocus. Dernièrement, je me suis mis à la culture des cypripediums, de grandes orchidées terrestres. Mais les espèces cultivables, aussi superbes les unes que les autres, sont multiples. Au fil des années on découvre de nouvelles plantes et les préférées actuelles ne sont pas les mêmes qu’au début. C’est aussi le charme des plantes alpines : toujours découvrir de nouvelles espèces.

Comment contacter la SAJA ?

  • sur le site sajafrance.fr, à la page contactez-nous.
  • à la Foire aux Plantules annuelle, où nous accueillons le public et vendons nos plantes à partir de 11 h
  • aux différentes fêtes des plantes où nous avons un stand : Chantilly, St Jean de Beauregard..

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