Petite histoire de la culture des champignons

Une champignonnière souterraine en France
Une champignonnière souterraine en France

Les champignons sauvages figurent sur le menu des humains depuis bien longtemps. Un jour, quelques hommes ont voulu leur donner la main, les aider à pousser, sur de longs mois, chaque année, au même endroit. Ils ont décidé de les cultiver. En Asie, en Egypte, en Grèce. Puis en Europe, plus tardivement. De nos jours, la production industrielle ou familiale ne cesse de se développer.

Une culture venue de temps lointains

L'Asie a toujours accordé aux champignons un fort intérêt, alimentaire mais aussi médicinal. Quelles observations ont conduit les hommes d'alors à cultiver le blanc de champignon, le mycélium ? Comment le recueillaient-ils, initiaient-ils sa multiplication ? De manière empirique, d'expériences ratées en réussites inattendues...Ils cherchaient à reproduire au mieux les conditions de vie en milieu naturel, à stabiliser les substrats, l'humidité.

Ainsi, en Chine la culture du Ganoderme luisant ou Reishi, Ganoderma lucidum, se pratiquait sur des bûches de bois, en plein air. Voici 2000 ans. Le Shiitaké ou lentin du Chêne, Lentinula edodes, se développant à l'état sauvage en Extrême-Orient, est cultivé depuis plus de 1000 ans au Japon, Chine et Corée. Le mycélium était introduit dans des rondins de bois percés, en plein air également. Ces deux espèces étaient particulièrement appréciées pour leurs propriétés médicinales.

Plus proche de nous l'Egypte ancienne montre sur des bas-reliefs des pratiques culturales de champignons, en Occident la Rome antique, gourmande des saveurs de l'humus, cultivait quelques espèces. Les Grecs maîtrisaient la culture de la Pholiote du peuplier ou pivoulade, Agrocybe aegerita. Ils recouvraient de vieilles souches de figuiers d'un mélange de fumier, de cendres et de mycélium du champignon convoité. Sa culture n'a jamais cessé depuis et se pratique encore de nos jours.

Le champignon de Paris : une culture récente

La France et Paris sont le berceau de la culture commerciale du champignon de Paris en Europe. De nombreux récits accordent aux maraîchers la découverte de la technique sur couche. Au potager du Roi semble t-il, ailleurs certainement aussi, la pratique de la culture sur couches chaudes, fumier et planches, permit d'observer des développements réguliers de champignons de Paris. Talent d'observation et curiosité du jardinier firent la suite : ils ensemencèrent les planches avec des spores ou en recyclant les eaux de nettoyage. Les premières cultures de plein air commencèrent. Malgré tout soumises aux aléas du climat.

Début XIX ième à Paris. Le fumier ne manque pas. Les carrières abandonnées non plus, avec leurs anciens puits d'extraction. Pratique comme décharge sauvage. Et qui conduira à une nouvelle découverte, par des jardiniers à l'oeil aguerri : sur ces déchets, à l'abri de la lumière, dans des conditions stables d'humidité et de température, avec une pointe de calcaire, vont se développer en nombre les précieux sporophore du Rosé-des-près, l'Agaricus campestris, auquel succédera notre actuel Agaricus bisporus.

Les carrières souterraines de Paris, fermées, se dédieront alors à cette nouvelle culture. 250 champignonnières verront le jour, perfectionnant leurs techniques au fil des décennies. La science permettra d'optimiser les pratiques culturales.

L'industrialisation moderne, et la culture familiale

Les pratiques modernes tendent à optimiser tous les facteurs de culture des champignons. Toutes les étapes sont parfaitement maîtrisées. De la mise en culture du mycélium en conditions stériles, du choix du substrat de développement paramétré selon les besoins de chaque espèce, jusqu'aux température et humidité, tout est sous contrôle. Les champignonnières en carrières ont disparu dans les années 1970 pour laisser place à de grands hangars climatisés.

L'espace est optimisé, les longs andins de matières organiques en décomposition ont fait place à la culture en caisses empilées, métalliques en général, optimisant l'espace et la main d' oeuvre. Les roulements de récoltes se succèdent à un rythme effréné pour répondre à la demande mondiale croissante.

Ces pratiques ont fait perdre du goût à notre champignon de Paris. De nombreuses variétés ont disparu au profit d'une seule, blanche, rentable et présentable. Moins parfumée aussi. Mais de ci de là des carrières ré-ouvrent, de nouvelles variétés, espèces, apparaissent en culture. Moins productive, plus goûteuses, différentes, elles attirent une nouvelle clientèle.

Si les cultures industrielles se développent, les possibilités de faire pousser des champignons chez soi s'ouvrent aussi toutes grandes. Pleurotes, Lentin du Chêne, champignons de Paris, Pholiotes... se trouvent en kit prêts à l'emploi ! Dans son jardin, à la maison, dans la cave ou sur le balcon, de nouvelles cultures s'ouvrent aux jardiniers amateurs.

Lire aussi
Champignons, bolets et cèpes Champignons, bolets et cèpes

La famille des boletacées comprend dans un fatras d'espèces monumental deux champignons d'exception : le bolet et le cèpe. La famille des boletacées est vaste. Elle compte un nombre impressionnant...

Champignons, les Amanites Champignons, les Amanites

Les Amanites constituent une grande famille de champignons que l'on rencontre fréquemment dans nos sous-bois. Le plus connu d'entre eux est l'amanite phalloïde, hautement toxique ! Tous les...

Champignons, girolles et chanterelles Champignons, girolles et chanterelles

Les chanterelles, également appelées girolles, forment un genre de champignons comportant plusieurs espèces recherchées par les amateurs de bonne chère. Elles se reconnaissent par leurs chapeaux...

Généralités sur les champignons Généralités sur les champignons

Les champignons sont des êtres à part ! Mi animal mi végétal, ces drôles d'organismes biologiques classés dans le règne des Fungi sont d'une diversité infinie : de la levure au cèpe en passant...

Vos commentairesAjouter un commentaire