La Nostoc commune, un crachat de lune aux étonnantes capacités

Le Nostoc commun, un crachat de lune aux étonnantes capacités
Le Nostoc commun, un crachat de lune aux étonnantes capacités

Quel intérêt certain d'apprendre que la substance gluante, visqueuse, hideusement verdâtre et ô combien glissante de votre chemin est une algue bleue dénommée Nostoc ommune ou plus communément crachat de lune, aux nombreuses propriétés et vertus, qui plus est venue du fond des âges !

Nostoc commune, crachat de lune, du diable même, gelée d'étoiles pour les poètes, n'en finira pas de vous révéler ses étonnantes capacités, sa résistance aux traitements, à l'instar des membres de sa famille les Noctocacées.

Le Nostoc commun, description

Gelée indéfinissable, masse informe gluante, de quelques centimètres de haut, le Nostoc est constitué de cellules alignées en longs filaments microscopiques, enrobés d'une substance protectrice. Sans noyau pour protéger leur ADN, riches en pigments photosynthétiques, ces cellules sont typiques des algues bleues, et bien sûr ne sont pas des algues mais des bactéries, et ne sont pas bleues mais verdâtres, de part leurs divers pigments. Le Nostoc commun forme des lames plus ou moins étalées.

Le Nostoc commun semble disparaître en période de sécheresse, mais il ne fait que s 'adapter et se transformer : son extraordinaire capacité à se dessécher lui permet de se ratatiner en croûtes grisâtres, vagues saletés éparses passant inaperçues. Et dès les premières pluies sa spontanéité à réapparaître  en quelques heures questionne : génération spontanée, crachat de lune, gelée d'étoiles parfois même beurre de sorcière ? Simplement il était tapi là, prêt à reprendre ses activités, une fois bien réhydraté.

Le Nostoc pourrait être confondu avec un champignon « gelée », Exidia nigricans, d'aspect également verdâtre et gélatineux par temps de pluie, mais plus en circonvolutions comme une cervelle, et se développant uniquement sur troncs et branchages. Autre groupe, autre confusion possible, avec une espèce verdâtre, croûteuse,  se « gonflant » à la pluie : le lichen Collema flaccidum, poussant essentiellement sur des rochers proches de cours d'eau.

Comment se reproduit le nostoc ?

Comment s'installent ces colonies de bactéries dans nos jardins, et comment se propagent-elles parfois avec une telle vigueur ? Les cyanobactéries ne connaissent pas la reproduction sexuée, elles divisent soit leurs filaments, et se déplacent par petits bouts, ou produisent des spores extrêmement résistantes, les akinètes. Ces cellules aux parois épaissies résistent au froid, à la chaleur, aux UV, à la dessiccation et ont une durée de vie de plusieurs années. Elles se développent dans tout type de milieu, mais supportent mal la concurrence.

Ou découvrir le nostoc commun ?

Espèce pionnière, le Nostoc commun se développe sur des milieux pauvres, plutôt basiques, où il ne trouve pas de concurrence. Roches, trottoirs, graviers, mais aussi zones végétalisées affaiblies, avec des plantes peu vigoureuses, l'accueillent préférentiellement. Autonome pour s'alimenter en carbone grâce à ses pigments chlorophylliens, il pallie au manque d'azote de ses substrats précaires par la transformation de l'azote atmosphérique en ammonium ou nitrates, au sein de quelques cellules spécialisées. Ni les périodes de gel/dégel, ni la canicule, ni les UV, ne le perturbent profondément. Il connaît bien quelques prédateurs, mais ses techniques de défense sont redoutables, sa gamme de production de toxines est élevée et on n'observe pas de réelle régulation de population.

Quels sont les dégats apparents ?

Les principales nuisances apportées par le Nostoc sont la transformation des voies de passage en zones de glissade, et l'aspect inesthétique . Parfois franchement inesthétique. Laid. Au niveau des pelouses, rocailles, il ne se développera que sur des terrains sans concurrence sur ou autour de plantes affaiblies auxquelles il ne nuit aucunement. Sa présence est la cause d'une perte de vigueur du gazon ou autre, non sa conséquence.

Comment éliminer le nostoc ?

Le Nostoc étant une colonie de bactéries, les herbicides, algicides, ne fonctionnent pas. En bactéricide, l'eau de javel semble agir, mais sur zones non végétalisées, en évitant les risques d'écoulement. Par action thermique,  on arrive à limiter la population, ainsi qu'avec la cendre, qui capte l'humidité nécessaire au Nostoc, mais les épandages doivent revenir fréquemment. Le drainage semble être une des meilleures solutions. En ce qui concerne les zones végétalisées, il faut identifier le pourquoi de leur affaiblissement, les soigner, et le Nostoc ne pourra plus s'installer.

Ou la permaculture pointe son nez...

Et pourquoi pas, pourquoi pas se réjouir de l'apparition du Nostoc. Oublier son aspect repoussant, voir une belle ressource en azote, prendre son seau et son racloir et récolter de quoi nourrir son jardin. Nettoyer et attendre la prochaine récolte...

Toxicité ou intérêt culinaire ?

Nostoc commune en Europe ne semble jamais avoir été consommé, bien qu'apparemment riche en éléments nutritifs divers, il produit aussi quelques toxines indésirables. Parmi les Cyanobactéries, certaines sont hautement toxiques, contaminant les eaux calmes. D'autres sont régulièrement consommées, en Chine Nostoc flagelliforme réputé pour ses nombreuses propriétés, en Amérique du Sud Nostoc sphaericum, ressource alimentaire non négligeable.

Quels sont les usages du nostoc ?

Le Nostoc commun peut être utilisé comme engrais vert. Petite usine biochimique, il fait l'objet de recherches sur des substances anti-UV, ou impliquées dans des maladies diverses, type Alzheimer.

Sa production intéresse au plus haut point la recherche et l'industrie pharmaceutique.

Les  Nostoc en général

Les cyanobactéries du genre Nostoc sont des espèces pionnières réparties dans le monde entier, venues de loin dans les ères géologiques, dès l'ère primaire. Elles se répartissent dans le monde entier, par leur rôle colonisateur et leur dégradation elles permettent l'implantation de nouvelles espèces. Elles protègent les sols exposés de l'érosion par leur couverture protectrice, enrichissent en azote de nombreuse cultures  type rizières. Enfin leurs symbioses diverses avec des champignons, mousse, fougères, cycas, et même angiospermes leur confère un rôle écologique déterminant.

Le Nostoc, rebutant ?

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Vos commentairesAjouter un commentaire

  • Carlo Caprice (Caraïbe)
    Je me suis content de découvrir ce site, je comprends mieux la nature et les plantes. Merci
    Répondre à Carlo Caprice
    Le 10/08/2019 à 14:20